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Construction

Développement : L’urbanisation n’est pas un mal

…l’argent qui manque aux pays africains. Ils se développent pratiquement en dehors d’eux et même des pays pétroliers peuvent se trouver à court d’argent public (le Gabon par exemple et à plusieurs reprises). Tout cela parce que la fiscalité moderne (impôts sur les revenus et les bénéfices ainsi que TVA) est encore loin d’avoir remplacé l’antique droit de douane pratiquement supprimé sur ordre des organismes de Washington, en quelques années seulement avec la mondialisation. Avec, en plus, un secteur informel énorme qui ignore totalement l’État : l’Occident reproche à l’Afrique les maux qu’il lui a créés, notamment en l’obligeant à licencier un nombre considérable de fonctionnaires (malgré le manque flagrant d’inspecteurs des impôts).

On a vu ensuite, avec le renoncement de Jean-Louis Borloo à son projet d’électrification massive de l’Afrique, que le problème de l’électricité avait été pris en main par les Chinois et surtout par les Africains eux-mêmes. Les États veulent à présent accéder à l’énergie nucléaire (c’est tout nouveau), l’offre s’étant singulièrement améliorée ces deux dernières années avec l’arrivée sur le marché de mini-centrales, notamment à l’uranium 233, à prix réduit. Et, en attendant, les Africains comptent parmi les plus gros acheteurs de générateurs particuliers, notamment au Nigeria et en Afrique du Sud (dont des générateurs solaires dans ce pays qui fabrique les panneaux).

Des transports insuffisants

Les infrastructures routières se sont développées plus rapidement depuis l’arrivée des Chinois. Les Français, jadis impériaux sur le continent, ne sont plus que sous-traitants des firmes de l’empire du milieu. Globalement, il manquerait 60 000 à 100 000 km de routes intrarégionales tandis que 70 % de l’ensemble des routes ne seraient pas bitumés. Sans compter le manque d’entretien, quasi-général. On revient ici sur le problème du manque de moyens financiers des États à l’exception de quelques pays pétroliers.

Il reste les transports publics existant dans pratiquement toutes les villes, mais insuffisants (les bus sont bondés) et souvent vétustes. Les transports intercités sont inégaux : à peu près corrects en Afrique du Nord et en Afrique du Sud, ils décollent au Nigeria qui a inauguré son premier TGV en 2016 (le premier d’Afrique).

La Chine a rénové le chemin de fer reliant Djibouti à l’Éthiopie et, semble-t-il, le groupe Bolloré aurait décidé – enfin ! – d’investir dans celui reliant Douala à Yaoundé. Mais son projet de chemin de fer tout autour du fleuve Niger est bloqué. En fait, on a l’impression que le rail va en fonction des pays et des perspectives financières. C’est la route qui continue à dominer le continent. Lequel, avec les plus forts taux de croissance économique actuels dans le monde, finira bien par dégager les moyens financiers qui lui manquent encore : comme partout dans le monde et dans l’histoire du monde, le développement économique commence par la création des outils de production (l’accumulation du capital) et s’accélère considérablement lorsque les fruits de la croissance sont mieux répartis. La Chine ou la Corée du Sud en sont des preuves.

L’Afrique n’en est pour l’instant qu’au stade de la création des outils de production et, ce, sans pratiquement d’aide extérieure (voir tableau 3) : ce sont de toutes petites unités autofinancées qui ne peuvent se développer qu’au rythme de leurs recettes, puisque les banques ne leur prêtent pas plus qu’en France. À l’exception bien sûr des Afriques extrêmes, Sud et Nord qui disposent déjà d’entreprises de grande taille, voire multinationales. 

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