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Climat

Les engagements de la CEDEAO

Les pays ouest-africains relancent leur coopération afin de respecter l’accord de Paris sur le Climat. Cette stratégie volontariste participe aussi de la recherche d’une agriculture (et d’une économie en général) à la fois renouvelable et résiliente.

 

Par Laurent Soucaille

 

Un accord, des moyens et des structures. Les membres de la CEDEAO (Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest) ont adopté une « Stratégie régionale » destinée à faire face aux effets des bouleversements climatiques. On le sait, l’Afrique est particulièrement vulnérable aux aléas du climat, notamment au Sahel, alors qu’elle ne contribue guère aux émissions nocives.

L’objectif de cette « Stratégie régionale » est avant tout de soutenir les États membres dans leurs efforts pour lutter contre les changements climatiques et à respecter les engagements pris lors de l’accord de Paris sur le climat. Le programme comporte des objectifs chiffrés à respecter d’ici à 2030. Certains existaient déjà. Par exemple, les pays ouest-africains veulent, à cette échéance, porter la part des énergies renouvelables à 48 % de leur « mix énergétique ». 

L’heure n’est donc pas au catastrophisme mais à l’action : prendre la mesure du danger, c’est aussi éviter les erreurs des autres en matière de développement. La transition climatique peut se révéler une formidable opportunité économique.

Pas moins de 278 milliards d’euros seront consacrés à ce chantier, destiné notamment à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à protéger les sols africains.

Les six objectifs spécifiques prévoient bien la compatibilité avec la politique décidée en 2015 à Paris. Il est nécessaire, en outre, d’aider les pays à anticiper les prises de décisions futures, de favoriser une vision nouvelle sur le climat, de renforcer la coopération entre les pays africains et de trouver de nouvelles approches en matière de mobilisation des ressources financières.

Rappelons que l’accord de Paris vise à maintenir l’augmentation de la température mondiale à moins de 2 degrés, par rapport aux niveaux pré-industriels, et si possible de la limiter à 1,5 degré.

 

Une opportunité autant qu’un danger

De son côté, la CEDEAO entend être exemplaire : elle s’engage à formuler sa propre politique de RSE (responsabilité sociétale de l’entreprise) qui aura valeur d’exemplarité pour les autres institutions de la Communauté. Progressivement, toutes les politiques, mesures et programmes qui passeront devant l’organisme supranational intégreront cette dimension climatique. La coopération entre pays africains permettra aussi à la Communauté et ses membres de parler d’une seule voix lorsqu’il s’agira de discuter au niveau international de la mise en œuvre de l’accord de Paris, ou d’autres décisions.

« Pour qu’elle soit ambitieuse et mobilisatrice, la stratégie doit être largement appropriée » par chacun, juge la CEDEAO. C’est pourquoi elle est élaborée selon un processus participatif. Différents « points focaux » sont chargés de mettre en musique la stratégie et de faire remonter l’information de terrain. Sans oublier les autres organismes sensibilisés aux questions du climat dans la région, comme le CILSS (Comité inter-État de lutte contre la sécheresse au Sahel). Déjà, les pays de la région collaborent en matière de diffusion de la recherche scientifique, dans la diffusion d’informations météorologiques ou sur les nuisibles, etc.

La nouvelle initiative pourrait permettre d’aller plus loin. Par exemple, la Communauté réfléchit à la création d’une centrale commune de conservation de céréales, destinée à réguler les stocks, à prévenir les pénuries et la spéculation. La réflexion doit aussi s’intensifier pour la préservation de la forêt.

Pour l’accompagner dans sa stratégie, la CEDEAO a mandaté le projet « Global Climate Change Alliance Plus », dans son volet Afrique de l’Ouest ; un programme financé par l’Union européenne et mis en œuvre par Expertise France sous le leadership de la Commission de la CEDEAO et en collaboration avec le CILSS.

Pour les promoteurs du projet, l’heure n’est donc pas au catastrophisme, mais à l’action : prendre la mesure du danger, c’est aussi éviter les erreurs des autres en matière de développement. La transition climatique peut se révéler une formidable opportunité économique, qui « engage dès à présent des trajectoires de développement résilientes et sobres en carbone », explique la CEDEAO.

Un avis rejoint par le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, qui a incité, lors de sa tournée en Afrique début mai 2022, les pays occidentaux à tenir leur promesse de débloquer 100 milliards de dollars par an pour les pays du Sud.

@NA

 

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