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Brèves

Afrique : Brèves économiques et financières

Il comprend la construction sur le fleuve Sanaga d’un barrage et d’une centrale de 420 MW, et une ligne de transport d’énergie électrique de 225 kV. L’aménagement pourra produire une quantité d’énergie moyenne de l’ordre de 2,9 TWh, à la faveur de la régulation du fleuve par les barrages réservoirs de Mbakaou et de Lom Pangar. Le futur ouvrage, évalué à quelque 650 milliards de F.CFA, pourra couvrir les besoins en électricité de 30 % des foyers camerounais.

Des entreprises et groupements d’entreprises (notamment français) ont été pré-qualifiés pour quatre principaux lots en octobre 2015. NHPC a signé le 20 avril 2017 avec le ministère de l’Eau et de l’énergie la convention de concession de l’aménagement pour une durée de 35 ans.

La Banque mondiale, qui a approuvé le 11 mai 2017 un crédit IDA de 26,3 millions de dollars pour soutenir le Projet d’assistance technique pour le développement de l’hydroélectricité sur la Sanaga, serait disposée à accorder une garantie de 300 millions de dollars en faveur de Nachtigal amont. Proparco, filiale de l’Agence française de développement (AFD), pourrait participer au projet. Les travaux pourraient démarrer en 2018 pour un achèvement en 2022.

Premier projet de technopôle agro-industriel

Le ministère des Mines, de l’industrie et du développement technologique, autorité concédante, a lancé un appel public international à manifestation d’intérêt (APMI) pour sélectionner un promoteur (entreprise indépendante ou groupement d’entreprises) qui accompagnera le gouvernement dans la mise en place du parc technologique de référence agro-industriel (technopôle) de Ouassa Babouté suivant le modèle des « smart city ».

Le projet consiste en la création d’une zone industrielle de transformation de haute technologie dotée d’un centre de recherche et développement de haut niveau capable d’accueillir des chercheurs de niveau international. Il comprendra une infrastructure d’accompagnement des entreprises et des producteurs de matières premières ainsi qu’une zone commerciale et de services aux entreprises. Le projet contribuera également à mettre en place un système de développement inclusif intégrant les bassins de production situés dans les zones rurales et basé sur des accélérateurs de l’innovation. Le parc procédera à la transformation de plusieurs spéculations identifiées dans les études techniques. Il sera construit pour être également un pôle de tourisme technologique.

Le promoteur devra : financer la réalisation du projet en mode PPP ; élaborer les plans détaillés d’ingénierie et architecturaux ; doter le parc de l’infrastructure de base devant accueillir des entreprises de haute technologie et un centre de R&D de haut niveau ; et doter le parc d’un manuel de procédures pour son exploitation et son management.

Selon le ministre des Mines, Ernest Gbwaboubou, qui avait posé le 21 décembre 2017 la première borne de sécurisation du site, « le gouvernement, avec l’appui technique de l’ONUDI, vient de boucler le Plan directeur du 1er technopôle agro-industriel à ériger sur 405 ha dans la région du Centre, département de la Haute Sanaga, arrondissement de Nkoteng, dans le village Ouassa Babouté. C’est l’exemple type de la nouvelle donne dans le secteur agroindustriel qui devra guider l’ambition de devenir le nourricier de la CEEAC et du Nigeria… Il s’agit ici de rendre explicite, visible et palpable le concept d’agriculture de 2ème génération. Ce principe n’a de sens qu’adossé sur des arguments d’organisation industrielle dont les technopôles agro-industriels sont la matérialisation concrète. »

La phase 1 portera sur 113,4 hectares (2018-2019) ; la phase 2 sur 133,65 ha (2020) ; la phase 3 sur 81 ha (2021) ; et la phase 4 sur 76,95 ha (2022). La structure, qui s’étend sur 539 hectares hors site, représente un coût de réalisation pour les infrastructures de l’ordre de 120 milliards de F.CFA (infrastructures de base 58,311 milliards ; infrastructures technologiques 40,955 milliards ; connectivités et infrastructures hors site 15,94 milliards ; centre de recherches 4,15 milliards).

Congo

Le Congo fournira 6 % de la potasse mondiale

Le gouvernement a approuvé le 5 avril le projet de loi portant approbation en faveur de Sintoukola Potash SA (SPSA), filiale congolaise de l’australien Kore Potash, de la convention d’exploitation minière relative aux gisements de potasse Kolo et Dougou dans le district de Madingo-Kayes, département du Kouilou.

Selon Pierre Oba, ministre des Mines et de la géologie, ces deux gisements contigus, d’une superficie globale de 650 km2, sont considérés comme de classe mondiale. « Compte tenu de l’ampleur des investissements envisagés, et pour assurer leur rentabilité, leur exploitation est proposée comme un seul et même projet. »

Un consortium de quatre entreprises françaises d’ingénierie, composé des sociétés Technip FMC, Vinci Construction Grands Projets, Egis International et Louis Dreyfus Armateurs, a été constitué afin d’assurer l’ensemble des services requis pour la construction des infrastructures conventionnelles, minières et maritimes.

« Cet important projet vise la production de 2 à 5 millions de tonnes de potasses par an, pour un investissement, au cours de la première phase, évalué à 700 milliards de F.CFA », soulignent les autorités congolaises. « Il fera du Congo, lors du pic d’exploitation attendu, le premier producteur africain de potasses, ce qui correspondra alors à environ 6% de la production mondiale. »

Le consortium prévoit le déploiement de 4000 personnes dans la phase de construction, et environ 3000 lors de l’exploitation, dont 95% de Congolais dans cette seconde phase. Il est également prévu un recours à la sous-traitance locale, grâce à un programme d’investissement spécifique évalué à environ 3 millions de dollars. Le projet de loi sera transmis au Parlement pour adoption.

RD Congo

Premier port en eaux profondes à Banana

DP World (Emirats arabes unis) a remporté fin mars une concession de 30 ans, avec option pour 20 années supplémentaires, pour la gestion et le développement d’un nouveau projet portuaire multi-trafics à Banana, qui sera le premier port en eaux profondes du pays.

Avec 37 km seulement de côtes sur l’Atlantique, la RDC, 3ème pays africain le plus peuplé, ne dispose à ce jour que du port de Matadi sur le fleuve Congo, à quelque 150 km de l’embouchure. Le projet sera porté par une joint-venture constituée par DP World (70 %) et l’Etat congolais (30 %).

La première phase du projet, représentant un investissement initial évalué à 350 millions de dollars, comprendra un quai de 600 mètres et un parc de 25 hectares d’une capacité de 350 000 EVP pour les conteneurs et 1,5 million de tonnes pour les marchandises générales. Les travaux devraient démarrer en 2018 et durer 24 mois.

« Le port de Banana, premier port en eaux profondes de RDC, améliorera radicalement les coûts et les délais des échanges, la majorité des marchandises transitant toujours par les pays voisins », déclarait Jose Makila Sumanda, vice-Premier ministre et ministre des Transports et communications. « Le pays attendait depuis longtemps ce projet stratégique et structurant, qui va nous fournir une plateforme maritime de première classe comparable à celles des autres Etats africains en termes de capacités, tirant d’eau et aptitude à traiter la dernière génération de navires. » Le projet complet, estimé à plus de 1 milliard $ en quatre phases, dépendra de la demande du marché pour le port, et ses infrastructures industrielles et logistiques.

Gabon

Le Gabon vise la première place mondiale des placages

Le président Ali Bongo Ondimba a inauguré le 6 avril, dans la Zone économique à régime privilégié (ZERP) de Nkok, l’usine Accurate Industries, spécialisée dans l’exploitation forestière, le transport, la transformation du bois et de ses dérivés.

Au cours de cette cérémonie, qui intervient deux mois après la dernière visite du chef de l’Etat dans cette zone spéciale, quatre nouvelles entreprises ont signé leur agrément d’admission : trois dans le secteur du bois, Jiahui Wood Gabon, Egypt Gabon Veneer SARL, et Indogab Woods SARL ; et une dans le montage d’engins, Gabon ST-LTMA Machinery Company SARL. Au total, 78 entreprises sont actuellement actives dans la ZERP de Nkok.

« Le secteur bois est celui qui crée le plus d’emplois grâce à la transformation. C’est pour ça qu’il faut maintenir les objectifs que nous nous sommes fixés, voir comment nous pouvons améliorer nos exportations, augmenter le volume des échanges, être encore plus performants », a déclaré le Président, qui avait interdit en 2010 l’exportation du bois en grumes.

Le Gabon est ainsi devenu le premier producteur africain de placages avec plus de 270 000 m3 (170 000 m3 en 2009), et le deuxième producteur mondial. L’objectif, a indiqué le chef de l’Etat, est que d’ici trois ans, nous soyons le premier producteur mondial.

La ZERP de Nkok représente 720 000 m3 de bois en grumes consommés en moyenne, 400 000 m3 de bois transformés et exportés annuellement par l’ensemble des entreprises du secteur bois, 7 000 tonnes de fer transformés, 200 milliards de F.CFA d’investissements directs étrangers et 3 000 emplois déjà créés.

Programme agricole avec la BAD

Le gouvernement a adopté le 12 avril le projet de loi autorisant l’Etat gabonais à contracter un emprunt d’un montant équivalent à 98,54 millions d’euros auprès de la Banque africaine de développement (BAD). Le produit de cet emprunt servira au financement du Projet d’appui au programme Graine (Gabonaise des réalisations agricoles et des initiatives des nationaux engagés), opéré par la Société de transformation agricole et de développement rural (Sotrader), détenue à 51% par l’Etat gabonais et 49% par le groupe agro-industriel singapourien Olam.

La BAD a approuvé ce prêt le 28 novembre 2017 en faveur de ce programme qui s’exécute en deux phases entre 2015-2025. Le prêt accordé dans le cadre du Partenariat public-privé (PPP) représente 85% du montant total des 116 millions d’euros nécessaires au financement de la phase I du programme qui couvre la période 2015-2020.

Le Programme d’appui au programme Graine phase 1 (PAPG1) devrait, sur 5 ans, toucher plus de 630 000 personnes dont 45% de femmes, créer environ 5100 emplois directs, permettre la mise en valeur de 10 000 hectares de cultures vivrières et 10 500 autres hectares de plantation de palmiers à huile. Outre la création de 500 entreprises agricoles rurales et la réduction des importations de denrées alimentaires, le PAPG1 donnera lieu à la construction de routes, de classes, de centres de santé ainsi qu’à la fourniture d’eau et d’électricité.

« Ce projet va couvrir 6 provinces du Gabon (le Haut-Ogooué, la Ngounié, la Nyanga, l’Ogooué-Ivindo, l’Ogooué-Lolo et le Woleu-Ntem) et permettra la production de 274 000 tonnes de produits alimentaires. Il s’agit d’un enjeu important pour le pays qui importe 80% de ses denrées alimentaires et qui consacre près de 350 milliards de FCFA à ce volet », soulignait Ousmane Doré, directeur général de la BAD pour la région Afrique centrale.

Tchad

Premier dépôt d’hydrocarbures

Le président Idriss Déby Itno a posé le 4 avril à Djarmaya (Hadjer-Lamis) la première pierre  du premier dépôt pétrolier tchadien. Relié à la raffinerie voisine par trois pipelines, ce dépôt devra assurer la sécurité énergétique du pays grâce à une capacité de stockage de 36 millions de litres, dont 20 millions l de gasoil, 10 millions l d’essence et 6 millions l de jet A1.

« Il y a de cela 9 ans, le Président a lancé les travaux de la raffinerie de Djarmaya. Nous sommes aujourd’hui ici pour boucler la boucle en posant la première pierre du dépôt pétrolier », déclarait le directeur général de la Société des hydrocarbures du Tchad (SHT), Tahir Hamid Nguilin

Construit par la société française Parlym sur une superficie de 40 hectares, le dépôt comprendra : une zone de stockage d’hydrocarbures ; des postes de chargement et déchargement ; une pomperie d’hydrocarbures ; des postes de contrôles entrée et sortie ; des installations de lutte contre les incendies ; un bloc administratif et local technique.

Marquant également la naissance de la nouvelle Société tchadienne des dépôts pétroliers (STDP), la construction de ce premier dépôt durera 18 mois pour un coût global 13 milliards de F.CFA. 250 à 300 emplois seront créés durant la phase de construction.

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