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Brèves

Afrique : Brèves économiques et financières

Brèves africaines et internationales sur l’économie, la finance, la coopération et le développement…

Par Gérard Choisnet

En marge de la conférence fondatrice de l’Alliance solaire internationale (ASI) organisée le 11 mars à New Delhi en Inde, la Banque africaine de développement (BAD) a conclu un partenariat avec l’ASI pour développer l’énergie solaire en Afrique.

La BAD et l’ASI partenaires dans le solaire

La BAD et l’ASI soutiendront ensemble l’assistance technique et le transfert de connaissances en faveur des pays africains riches en rayonnement solaire. Les deux parties développeront également des instruments financiers pour des projets solaires hors réseaux, et appuieront des producteurs indépendants d’électricité  à grande échelle dans les pays africains membres de l’ASI.

Électrification rurale avec les Etats-Unis : Thièm Bolidja, directeur général de l’Agence togolaise d’électrification rurale et des énergies renouvelables (AT2ER), a participé au sommet de l’Alliance solaire internationale (ASI) organisé mi-mars en Inde. « L’un de nos projets a été retenu. Il s’agit d’un projet d’électrification rurale par kit solaire photovoltaïque de 350 villages pour un montant de 40 millions de dollars », a indiqué Thièm Boldja. « Ce projet viendra appuyer l’initiative présidentielle dénommée CIZO en terme d’atteinte des objectifs car nous visons 300.000 ménages à l’horizon 2022. Il s’agira essentiellement de doter les ménages ruraux en kits individuels pour leur permettre d’avoir non seulement de l’éclairage mais aussi de pouvoir se doter d’une télévision, d’une radio et recharger les portables. » Le financement du projet des 350 villages devrait être assuré par les Etats-Unis, avec un démarrage dans six mois à un an.

Aux termes du nouvel accord, l’ASI soutiendra l’initiative Desert to Power que la Banque a lancée afin de transformer les déserts d’Afrique en nouvelles sources d’énergie. En collaboration avec des partenaires, cette initiative prévoit de développer des systèmes solaires totalisant 10 000 MW de puissance installée à travers le Sahel. Cette initiative devrait fournir l’électricité à 250 millions de personnes, dont 90 seront alimentées par des systèmes hors réseau.

« Nous avons déjà commencé à développer une centrale solaire de 50 MW au Burkina Faso », indiquait fin janvier le président de la BAD, Akinwumi Adesina. « Cette initiative protégera la Grande muraille verte plantée d’arbres pour stopper la désertification dans la zone sahélienne contre leur abattage par des ménages pauvres en combustible qui s’en servent en bois de cuisson. Une fois achevé, cette zone de système d’énergie solaire devrait être la plus grande du monde ».

« La BAD est aujourd’hui à la pointe des investissements dans les énergies renouvelables en Afrique. La part des énergies renouvelables dans le portefeuille énergétique de la Banque est passée de 14 % lorsque je suis devenu président en 2015, à 100 % l’année dernière », précisait Adesina. « Rien que l’an dernier, notre soutien a permis d’offrir à 3,8 millions d’Africains un accès à l’électricité. Et, pour peu que nous ayons les financements, nous prévoyons de raccorder 29,3 millions de personnes à l’électricité entre 2018 et 2020 ».

 Axian rejoint Emerging Capital Partners

Confirmant sa volonté d’étendre sa contribution au développement du tissu entrepreneurial africain, le groupe franco-malgache Axian a annoncé le 19 février son entrée au capital du fonds ECP IV d’Emerging Capital Partners (ECP). Grâce à ses 17 années d’expérience dans 44 pays africains, ECP, l’un des plus importants et anciens fonds de capital-investissement spécialisés sur l’Afrique, représente 2,7 milliards $ en capital-développement. ECP revendique 60 investissements réalisés et la sortie réussie de 40 entreprises.

Cette contribution à ECP IV, fonds lancé en 2016 aux côtés d’Institutions financières du développement (DFI), d’investisseurs institutionnels comme la BAD et Proparco, de fonds de pensions et de family offices, va permettre d’accompagner concrètement le développement d’entreprises de taille moyenne, confrontées à un fort potentiel d’expansion régionale, et dont l’activité satisfait les besoins en forte croissance des consommateurs africains. Les secteurs plus particulièrement concernés sont : les télécommunications, les services financiers, la grande consommation et l’énergie.

Axian avait déjà rejoint le fonds d’investissement Adenia Capital IV en juin 2017.

Axian est un groupe familial franco malgache appartenant à la famille Hiridjee, implanté à Madagascar depuis 150 ans. Avec 660 millions $ de chiffre d’affaires en 2015, 800 millions $ d’investissements depuis dix ans et plus de 4000 salariés dans l’océan Indien, Axian exerce son activité en tant que société de gestion de l’ensemble des actifs et participations détenus par la famille Hiridjee. Le groupe compte quatre actionnaires : Raza Aly, Bashir, Amin et Hassanein Hiridjee.

AFRIQUE DE L’OUEST

RÉGIONAL

Orange étend son service de solaire rural

A l’occasion de l’Africa CEO Forum organisé à Abidjan (Côte d’Ivoire), Orange a annoncé le 27 mars le lancement de son service d’accès à l’énergie solaire en zones rurales dans cinq nouveaux pays. Après le lancement d’Orange Energie en République démocratique du Congo, puis celui de  Mijro à Madagascar en février, Orange lance le service au Burkina Faso.

Proposé sous forme de kit comprenant un panneau solaire, une batterie et des accessoires (ampoules LED, kit pour recharger plusieurs téléphones, poste radio et /ou télévision), le matériel est fourni par des partenaires (BBOXX en RDC, D Light à Madagascar et Niwa au Burkina Faso) sélectionnés par Orange pour la qualité de leurs produits et leur capacité de répondre à une demande massive.

Une nouvelle étape sera franchie au premier semestre, avec la diffusion de 12 000 kits Orange Energie et le lancement du service dans quatre nouveaux pays : Sénégal, Mali, Guinée et Côte d’Ivoire, à l’occasion de la Coupe du monde de football en juin. L’étape suivante verra le déploiement massif du service Orange Energie dans les pays Orange, et la commercialisation de plusieurs centaines de milliers de kits dans les cinq prochaines années, notamment à travers l’extension du partenariat déjà noué en RDC avec BBOXX.

Le secteur de l’électricité est un axe important de diversification du plan stratégique d’Orange en Afrique où les défis d’accès à l’énergie sont considérables. En Afrique sub-saharienne en particulier, 70 % de la population n’a pas accès au réseau électrique et les coupures de courant, même dans les grandes métropoles, sont fréquentes. Orange est présent dans 20 pays en Afrique et au Moyen-Orient et comptait plus de 130 millions de clients en décembre 2017.

Préservation des écosystèmes de l’Union du fleuve Mano

Le comité technique multisectoriel du projet de conservation des écosystèmes de l’Union du fleuve Mano a été installé le 20 mars à Abidjan. « Le projet vient en appui aux populations dans le développement des moyens alternatifs pouvant générer des revenus. Il comprend deux composantes : la gestion intégrée des écosystèmes forestiers et la gestion durable des eaux transfrontalières », a déclaré le directeur général des Eaux et Forêts, Soro Yamani.

Couvrant les quatre pays de l’Union du fleuve Mano : la Côte d’Ivoire, le Libéria, la Guinée et la Sierra Leone, ce projet d’un montant de 34,6 milliards de F.CFA est financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et vise à renforcer la gestion des ressources naturelles transfrontalières. A terme, il permettra aux pays bénéficiaires de disposer d’un gain en superficie forestière, de récupérer des forêts dégradées et de gérer au mieux les ressources en eau.

BÉNIN

Cinq priorités de partenariat pour la France

Après avoir reçu le président Patrice Talon le 7 mars à l’Elysée, le chef de l’Etat français, Emmanuel Macron, relevait « cinq priorités de ce partenariat ».

La première en matière de santé, porte sur le futur centre hospitalier universitaire d’Abomey-Calavi. « Nous confirmons la garantie de la Banque publique d’investissement (Bpifrance)avec une assurance crédit de 175 millions d’euros pour ce projet. »

La deuxième priorité concerne la lutte contre le dérèglement climatique, et la politique de ville durable. « A ce titre, un programme ambitieux sur la ville durable, qui accompagnera Cotonou et trois autres villes du Bénin à s’adapter au changement climatique, sera signé également tout à l’heure avec l’Agence française de développement (AFD) pour un montant de 58 millions d’euros. »

La troisième priorité est relative au tourisme. « L’AFD concentrera des financements pour aider à des formations en matière d’hôtellerie restauration » et «  nous signerons ce soir une déclaration d’intention avec l’Agence pour un montant de 43 millions d’euros afin de réaménager la cité lacustre de Ganvié qui est un élément important de cette attractivité touristique…Nous avons également des grands groupes français tels que le Club Med qui ont choisi d’investir au Bénin. »

La quatrième priorité intéresse la formation et l’éducation. « La cité de l’innovation et du savoir de Sèmè City est à cet égard emblématique. Plusieurs établissements d’enseignement supérieur français sont engagés et nous allons renforcer les partenariats dans ce domaine. Centrale Supélec, Epitech, l’Ecole de design de Nantes seront consacrées dans leur rôle. Nous apporterons également un soutien complémentaire de l’AFD ».

La cinquième priorité est l’offre culturelle. Le président français rappelait son « souhait de voir le patrimoine culturel de plusieurs pays africains exposé et parfois conservé en Afrique ; et je me suis engagé afin que d’ici cinq ans, les conditions soient réunies pour que des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique soient possibles ». Des propositions concrètes sont prévues d’ici novembre prochain.

BURKINA FASO

Inauguration de la plus grande centrale solaire-thermique du monde

Le président Roch Marc Christian Kaboré a inauguré le 16 mars, dans le nord du Burkina Faso, Essakane Solar, la plus grande centrale hybride thermique-solaire au monde, réalisée par Total Eren, AEMP et IAMGOLD Essakane SA. La nouvelle centrale solaire de 15 MW fournira à IAMGOLD Essakane de l’électricité à bas prix et bas carbone.

Composée de près de 130 000 panneaux photovoltaïques, la centrale solaire sera raccordée à la centrale existante au fioul lourd (57 MW) de la mine d’or et sera l’une des plus grandes installations solaires en Afrique subsaharienne. La construction, confiée à Wärtsilä (Finlande), aura duré 10 mois. Elle aura permis de créer 75 emplois dans les communautés avoisinantes. Essakane Solar comptera désormais un effectif permanent de 40 personnes sur les 15 prochaines années.

Cette centrale solaire de permettra à la mine de diminuer sa consommation de carburant d’environ 6 millions de litres de fioul par an et de réduire ses émissions annuelles de CO2 d’environ 18 500 tonnes. Essakane Solar a par ailleurs engagé une procédure d’enregistrement des crédits carbone générés par le projet auprès du Programme des Nations unies.

La mine d’or de IAMGOLD Essakane est l’une des plus grandes compagnies privées du pays, avec une production de 389 000 onces d’or attribuable à IAMGOLD (Canada) en 2017. Située dans une région reculée, la mine n’est pas connectée au réseau national et dépend d’un parc de générateurs diesel. Dans ce contexte, IAMGOLD Essakane a mis en place un plan de transition énergétique durable avec Total Eren, porteur du projet et producteur indépendant d’électricité à partir d’énergies renouvelables à l’échelle mondiale, et avec AEMP (Africa Energy Management Platform), un développeur et producteur indépendant d’électricité, pour compléter le système diesel existant.

Le Japon finance la route Gounghin – Fada N’Gourma

L’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) a signé le 2 mars à Ouagadougou son premier accord de prêt avec le gouvernement du Burkina Faso, d’un montant de 5,659 milliards de yens soit environ 28,4 milliards de F.CFA, pour le projet d’amélioration de la route Gounghin – Fada N’Gourma.

Le projet prévoit le bitumage et l’élargissement de ce tronçon d’environ 50 km de la route nationale no4 située sur le corridor international (environ 217 km) allant de Gounghin, dans l’est du Burkina Faso, à la frontière du Niger. Les fonds du prêt seront alloués aux travaux de génie civil pour le tronçon ciblé. Le projet sera cofinancé par la Banque africaine de développement (BAD).

L’agence d’exécution sera le ministère de l’Infrastructure. L’avis d’appel d’offres international pour les travaux de génie civil (un lot unique) a été publié en février 2018. La fin du projet est prévue en novembre 2020, au moment de la mise en service des installations.

CÔTE D’IVOIRE

Levée d’eurobonds pour 1,7 milliards d’euros

Le Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, a conduit, du 9 au 15 mars 2018, une mission à Londres, New-York et Boston, Francfort et Paris, en vue de mobiliser les ressources nécessaires au financement du Programme national de développement (PND) 2016-2020. Ce ‘road show’ sur les places financières internationales a permis de mobiliser un total d’offres de souscription de 4,55 milliards d’euros, mais la Côte d’Ivoire n’en a retenu que 1,7 milliard d’euros, soit 1 115 milliards de F.CFA. Cet eurobond levé est réparti en deux tranches égales de 850 millions d’euros, pour des maturités respectives de 12 ans au taux de 5,25%, et de 30 ans au taux de 6,625%.

La Côte d’Ivoire recherchait 1 310 milliards de F.CFA, mais le gouvernement a décidé de plafonner l’eurobond 2018 à 1 115 milliards de F.CFA. « Nous voulons garder le contact avec le marché local. C’est pourquoi les 195 milliards de F.CFA restants seront levés localement », a expliqué le chef du gouvernement.

Ces ressources serviront à financer les investissements prioritaires et porteurs de croissance inscrits au budget 2018, à travers la réalisation de grands projets dans les secteurs des infrastructures, de l’énergie, de l’éducation, de la santé …

Evoquant la soutenabilité de la dette ivoirienne, Amadou Gon Coulibaly déclarait : « Conformément à notre stratégie de gestion de la dette à moyen terme (2018-2022), le ratio dette/PIB devrait se situer à 43,2% à fin 2018 contre 42,6 % à fin 2017, soit une augmentation modérée de 0,6% ». La Côte d’Ivoire ne court pas de risque de surendettement, car ce taux d’endettement « est le plus faible de la sous-région ouest-africaine », en dessous de la norme communautaire de l’UEMOA qui est de 70%.

Avec cet eurobond, la Côte d’Ivoire devient le premier pays d’Afrique à réussir une émission obligataire en euros sur 30 ans.

« Si nous avons pu mobiliser 850 millions d’euros sur 30 ans au taux de 6,625 %, les banques peuvent bien revoir leurs taux d’intérêt à la baisse », plaidait pour sa part le président Alassane Ouattara le 26 mars à l’ouverture de l’Africa CEO Forum d’Abidjan.

Une banque tchèque pour les bus de la SOTRA

Le gouvernement a adopté le 7 mars deux décrets portant ratification de deux contrats de crédits accordés par la banque tchèque Ceskoslovenská Obchodni Banka (CSOB) à l’Etat ivoirien en faveur de la Société des transports abidjanais (SOTRA), dont : un crédit tranche A de 13,5 millions d’euros, soit 8 855 millions de F.CFA, en vue du financement de l’acompte de 15% du coût du projet d’acquisition de 450 autobus IVECO (une marque de CNH Industrial NV); et un crédit tranche B de 76,5 millions d’euros, soit 50 178 millions de F.CFA, en vue du financement de 85% du coût du projet d’acquisition de ces véhicules. CSOB est une filiale à 100 % du belge KBC Bank/KBC Group.

Ce projet constitue la seconde phase du programme de redressement de l’offre de transport de la SOTRA et de renforcement de ses réseaux pour passer du parc actuel de 650 autobus à un parc de 2500 autobus en 2020. Ce programme vise à couvrir les besoins de mobilité de la population  d’Abidjan et à accroître considérablement l’offre de transport urbain, en association avec les modes de transport lagunaire et par train urbain.

La convention de 59,033 milliards FCFA signée le 28 février à Abidjan avec CSOB porte sur l’acquisition de 450 autobus neufs dont 50 articulés et des bus à gaz au profit de la SOTRA.  « Les prochains autobus permettront d’améliorer significativement les services de la société d’Etat et de décongestionner les transports à Abidjan », déclarait le ministre de l’Economie et des finances, Adama Koné.

Pour sa part, le ministre des Transports, Amadou Koné, soulignait que le choix de bus à gaz vise à réduire les émissions de gaz d’échappement, afin de respecter les engagements pris par la Côte d’Ivoire à la COP 21. L’objectif 2018 de la SOTRA est de passer de 350 000 à 450 000 passagers par jour.

En 2017, la SOTRA a réceptionné 500 autobus neufs grâce à un partenariat avec le constructeur indien Tata. Ceci avait permis l’exploitation d’environ 665 autobus pour quelque 118,26 millions de passagers transportés dans l’année, soit une moyenne de 324 000 voyageurs par jour.

« L’acquisition de 500 nouveaux autobus permettra de retrouver un service quotidien de 1100 autobus pour 360 millions de passagers transportés par an, soit plus de 1 million par jour », indiquait début février le directeur général de la SOTRA, Méïté Bouaké. Au niveau du transport lagunaire, l’acquisition prochaine de 20 bateaux bus de nouvelle génération de 150 à 250 places était également annoncée.

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