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Bibliothèque : La littérature brise les frontières

C’est un truisme : Les livres permettent de toucher, de comprendre, d’analyser les phénomènes et cultures du monde. La littérature, c’est aussi connu, a ceci de particulier qu’elle est un excellent baromètre pour connaître l’état de nos sociétés ; et un puissant levier servant de trait d’union entre les hommes à travers cultures et croyances. C’est aussi un fantastique moment de rêverie qui arrache des vicissitudes existentielles et donne la possibilité de penser un monde meilleur…demain.   

Par JO

Le romancier français, Donatien Alphonse François Sade, le père du sadisme, se tuerait de jalousie à la lecture du roman Cœur blanc, amour noir de Placide Mandona.

Cœur blanc, amour noir

Sur les 114 pages, l’écrivain impose un rythme endiablé au lecteur. Il le pousse à crier, à hurler, à vociférer et à dénoncer la cruauté humaine.

Tout est sadique, tout tourne autour du sadisme, le mal fait à autrui, la déchirure : la plaie puante et purulente ! « Treize déceptions amoureuses, treize escroqueries versatiles et treize tentatives (…) de suicide », narre le roman.

Une narration dans le douloureux, dans l’incompréhension, résultante de « l’ingratitude » des hommes.

Au-delà, du parcours de cette jeune femme belle et gentille, c’est l’être humain dans ce qu’il a de plus macabre qui se déploie sous les yeux du lecteur.

Fatalement Cœur blanc, amour noir qui vient de paraître aux éditions L’Harmattan en juin 2018 pour 14 euros, ne relate plus de tendresse, tout ce qui reste, c’est la maladresse que le temps dresse.

Au-delà, ce roman cadencé, rythmé, jalonné par le parcours de cette jeune femme belle et gentille, c’est l’être humain dans ce qu’il a de plus macabre qui se déploie sous les yeux du lecteur.

Chaque fois qu’une page du roman Cœur blanc, amour noir est tournée, c’est manifestement un cran de plus qui mène la vie de l’héroïne au désastre ! Une « stérilité provoquée par le premier avortement ainsi qu’un flot d’injures ». Sade aurait revendiqué la paternité de Cœur blanc, amour noir.

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Parcelles de vie

« Fragmentée », « L’Usurpatrice » et « Innocentia ». Trois nouvelles, trois vices, trois situations inextricables, sous une plume alerte et tremblante de rage tant les faits décrits dépassent, souvent l’entendement !

 

Ces trois nouvelles forment Parcelles de vie, le tout premier livre de Sosthène Mova Kawen paru en juin 2018 chez les libraires à 12.50 euros. En poussant la porte des éditions L’Harmattan, Sosthène Mova Kawen savait que l’édition accepterait de la publier tant son livre est révélateur de la société decrescendo dans laquelle vit le monde.

Une comptable qui a tout pour être une femme accomplie doit comme Kafka se justifier devant la justice au motif dévalorisant et irréel de « non-assistance à enfant en danger ». Le reste ? Le récit emporte dans les coins et recoins des conspirations les plus tordues.

En poussant la porte des éditions L’Harmattan, Sosthène Mova Kawen savait que l’édition accepterait de la publier tant son livre est révélateur de la société decrescendo dans laquelle vit le monde.

Cette comptable perdra ou perdra, car en face, les témoins sont tous à charge…comme la déception amoureuse à charge qui a fait voler en éclats la vie de « Tante Marina », au point de la rendre folle ; c’est le condensé de « Fragmentée ».

Le titre de la nouvelle illustre bien l’héroïne : elle est fragmentée, manipulée, contorsionnée dans un « mélange de tendresse et de tension à fleur de pages ». Le déroulé sacrement endiablé est entraîné par les déhanchées stylistiques de Sosthène Mova Kawen.

La plume de cette débutante (on ne le croirait pas) a de la consistance et du volume. Parcelles de vie, peint, aussi, à travers « L’Usurpatrice » le monde politique où la violence est le maître mot, où la chosification est la norme et où le respect de la parole se conjugue au passé composé.

L’auteure dépeint un environnement où des politiques pour briller allument le feu, or c’est connu, ces gens-là n’ont jamais été des lumières. Royalement Mova Kawen rend sa plume acerbe sans retenue, et elle a raison, dans « la saga politique (…) avec ses compromis funambulesques et ses compromissions impardonnables à l’échelle des relations humaines » avec ses « remords » et ses « trahisons » est insupportable. La messe est dite. 

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Aux portes de l’enfer  

Jeudi 27 avril 1848 – Vendredi 27 avril 2018. Cent soixante-dix ans (170) ans que l’esclavage a été aboli en France.

Mais le mérite ici de Mumaka Mabaya est de faire preuve de pédagogie à savoir répéter jusqu’à ce que compréhension s’en suive.

Pourtant, en 2018, à quelques 4 à 6000 km, l’esclavage des Noirs continue de plus belle…en 2018. Le titre du livre Aux portes de l’enfer est un doux euphémisme pour relater une si grotesque et scandaleuse situation incarnée par la vente des Noirs.

Michel Mumaka Mabaya est donc scandalisé. Si scandalisé, qu’il a écrit Aux portes de l’enfer (éd, L’Harmattan, 16.50 euros) et qui vient de paraître en juin 2018. L’histoire qu’il relate est presque connue. Mais le mérite ici de Mumaka Mabaya est de faire preuve de pédagogie à savoir répéter jusqu’à ce que compréhension s’en suive.

Enchaînés, battus à sang, les lèvres explosées, le nez cassés, puant et assis dans les fétidités, ces quatre jeunes Congolais pleins de vie ne pensaient pas se retrouver dans une situation si dramatique en Libye. Ils pleurent. Ils regrettent.

Ils ont quitté un vaste pays/continent : la République démocratique du Congo (RD Congo). Ce pays est immensément riche. Son sous-sol peut nourrir toute l’Afrique. Que font donc ses quatre enfants bâillonnés, torturés, maltraités à perdre connaissance en Libye ?

C’est tout là, le drame que Mumaka Mabaya explique dans Aux portes de l’enfer. Ces jeunes ont fui, ironie du sort, « la misère et l’injustice sociale » en RD Congo pour rêver d’Europe. Ils ont « rémunéré grassement des passeurs avec l’argent ».

Commence alors le parcours de leur vie, la chance de devenir des hommes, la possibilité de revendiquer leur droit au bonheur. Pour cela, ils sont prêts à tout : marcher à travers le Niger immense pays sahélien pour atterrir brutalement en Libye : Là ils ne se s’y attendaient pas…ils viennent d’entrer dans l’antre du diable : l’enfer…

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Le terrorisme international existe-t-il en Afrique ?

C’est certain. C’est même sûr. Ce livre Le terrorisme international existe-t-il en Afrique ?, du politologue Diensia Oris-Armel Bonhoulou fera beaucoup parler de lui. Il est clivant et aborde un sujet, terreau de tous les fantasmes et de toutes les analyses : le terrorisme.

A la lisière du complotisme et du réalisme, la thèse de l’écrivain qui vient de publier en juin 2018 aux éditions L’Harmattan son ouvrage à 14.50 euros, pose la problématique de la terreur en Afrique. Est-elle suscitée, voulue et entretenue ?, ou est-ce un fait réel avec de réelles emprises sur la réalité ?

La vente d’armes, de mines anti-personnels, d’engins militaires sur le continent ne justifierait pas qu’on crée de manière factice un terrorisme pour faire tranquillement son commerce ?

Car Diensia Oris-Armel Bonhoulou à l’instar de beaucoup d’Africains note « l’afflux soudain d’un terrorisme qui n’a jamais existé auparavant en Afrique noire », avec pour conséquence le « retour des armées occidentales », sur le continent. Le terrorisme n’est-il pas brandi pour permettre à l’Occident d’occuper, à nouveau avec sa puissance militaire, l’Afrique comme du temps du travail forcé et de la colonisation ?

L’écrivain, même s’il ne le dit pas formellement, n’est pas loin de le penser. De plus, comment expliquer les « sommes colossales payées aux terroristes en vue de libérer les otages occidentaux », n’est-ce pas là un appel d’air à pérenniser ce phénomène ? La vente d’armes, de mines anti-personnels, d’engins militaires sur le continent ne justifierait pas qu’on crée de manière factice un terrorisme pour faire tranquillement son commerce ?

In fine, Le terrorisme international existe-t-il en Afrique ?, pose d’autant plus de questions qu’il est loisible de penser que le terrorisme en Afrique est « manipulé » pour servir une camarilla sans foi, ni loi qui serait à la tête des Etats dit développés. D’autant qu’explique Diensia Oris-Armel Bonhoulou « malgré toutes les grandes formules élaborées par les Occidentaux depuis plusieurs années pour prévenir et éradiquer ce fléau », il est toujours là, plus haut, plus fort, plus outrancier que jamais. Ce livre fera parler de lui…

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La République barbare

Un ouvrage entier. 150 pages qui répondent aux questions contemporaines. Une vraie charge contre tous ceux qui empêchent l’homme d’être un Homme.

L’essai de Stéphane Ehrlich analyse froidement un tableau sombre quasi-exhaustif des dangers qui guette l’homme englué dans une « intelligence sauvage et primitive ».

Un vrai réquisitoire contre l’homme négateur de la vie et insensible à l’environnement, capable des pires monstruosités et qui derrière « les mirages d’une civilisation raffinée » pousse à découvrir « une république pervertie par l’hypocrisie et le mensonge ».

Ce constat acide n’est pas né ex-nihilo, il vient du professeur Stéphane Ehrlich auteur de La République barbare, paru en juin 2018 aux éditions L’Harmattan, 16.50 euros.

Dans cet essai de psycho-politique, l’auteur Ehrlich met l’homme face à ses contradictions, capable à la fois de construire des chefs d’œuvre comme des cathédrales et dans le même temps « en pillant les richesses naturelles et en polluant sans vergogne » ; « il a construit la société du veau d’or », mais « on découvre des citoyens-moutons vivant en basse conscience ».

De ces faits, La République barbare tire cette conclusion : « Cette barbarie civilisée est un scandale et une ineptie aux conséquences désastreuses ». L’essai de Stéphane Ehrlich analyse froidement, met des noms sur les maux, pointe les incohérences existentielles, dresse un tableau sombre quasi-exhaustif des dangers qui guette l’homme englué dans une « intelligence sauvage et primitive ».

Tout n’est que désespoir et désespérance ? Pour La République barbare, la réponse tombe tel un couperet : « Non ». Mais alors il faut – selon l’ouvrage, bien écrit, avec un ton judicieux et une qualité littéraire enviée – aller à une « civilisation humaniste », qui serait vaine si elle n’est pas dotée d’une « intelligence de la raison et du cœur ». Un essai profond pour en finir définitivement avec les pleurs et autres gémissements en basse conscience.

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L’oncle gynécologue

« Mon pèrem’a violé plusieurs fois. Aujourd’hui, j’en ai encore honte, je n’arrive pas à me reconstruire en dépit du fait que j’ai deux enfants. Dénoncer mon père ? N’y pensez pas ! Ma mère sera totalement dévastée ». C’est propos vrais ne sont pas issus d’un roman. Ils sont le reflet d’une situation vécue.

Et pour mettre un terme à l’Omerta, la loi du silence, L’oncle gynécologue vient à son heure et à point nommé. Ce roman publié en juin 2018 par les éditions L’Harmattan à 20.50 euros, ne prétend pas enfoncer une porte déjà ouverte.

En écrivant L’oncle gynécologue l’universitaire Caroline Numuhire avait une idée en tête. Permettre à la peur de changer de camp. Que celle-ci ne soit plus du côté des victimes, mais bien du côté des victimaires.

En cela L’oncle gynécologue écrit par une femme Caroline Numuhire est en soi une victoire. Une victoire, quand il s’impose comme le marteau qui brise la glace du silence en ne couvrant plus les violeurs généralement membre du premier cercle familial…

Casser la chaîne qui voudrait rendre coupables les violées au nom d’habitudes discriminatoires qui donneraient raison, à chaque fois, tout le temps, aux bourreaux. Car quand dans une monde normal un « oncle maternel, gynécologue de son état, a violé et abusé de sa nièce venue le consulter pour un problème de grossesses », la réaction par la suite ne devrait pas être pour les victimes de se « réfugier derrière le mur culturel du silence imposé par la tradition et le fonctionnant comme un tabou inviolable ».

En cela L’oncle gynécologue écrit par une femme Caroline Numuhire est en soi une victoire. Ensuite l’ouvrage est une seconde victoire, quand il s’impose comme le marteau qui brise la glace du silence en ne couvrant plus les violeurs généralement membre du premier cercle familial, enfin troisième et dernière victoire, ce roman est rendu nécessaire, car portant les oripeaux d’un exercice de catharsis général en interdisant aux violées de tous pays, plus jamais des « moi je préférais me taire ».

Ne plus se taire, c’est ce message que lance ce bouquin comme un SOS à toutes ces femmes pour dénoncer les « viols et d’autres abus sexuels dont elles sont régulièrement victimes dans le monde et en Afrique ».

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Djibril, le messager de l’apocalypse

Né en France, vivant au Burkina Faso, forcément l’écriture de l’écrivain français Richard Guérin est influencée et adossée à sa double culture. Djibril, le messager de l’apocalypse, son quatrième roman est paru en juin 2018 aux éditions L’Harmattan, 25 euros.

Comme un roman, il est fait de rebondissements, de séquences cultes, d’intrigues et du fruit de l’imagination même si, cela est vrai, celle-ci s’inspire de la réalité. Quand il pose sa plume pour les premières lignes de cet ouvrage Richard Guérin pense à Djibril…l’ange de la mort !

Tout tourne autour de Cécile Borromini. La journaliste veut avoir le cœur net pour ce qui concerne la mort sans explication en Mauritanie de son ami peul Ousmane partant au Mali. En grattant la paille des fichiers piratés de la maréchaussée, Borromini découvre avec stupeur qu’un pays de l’Afrique de l’Ouest est dans la ligne de mire des terroristes.

L’aller-retour entre la culture française et la culture burkinabé apporte une note de fraîcheur et d’authenticité que Richard Guérin a su restituer, en maître de l’écriture.

Au même moment, la police s’intéresse de près aux activités de la journaliste allant jusqu’à la suspecter de comploter contre la sûreté de l’Etat. Fausse piste ? Vraie piste ? Les atermoiements donnent le champ libre à des hommes fortement armés dans le désert pour passer à l’acte… et faire sentir l’odeur du sang et des cadavres : Djibril est donc là !

Ce roman Djibril, le messager de l’apocalypse est majestueusement bien mené et rondement captivant. Il passe d’intrigues à situations quasi-catastrophiques en une page tournée. Le tout dans une rythmique endiablée et le souffle entrecoupé du lecteur dans une besoin de l’attirer inexorablement, de l’attraper, de l’agripper finalement de l’embastiller dans ce récit monstrueusement envoûtant.

L’aller-retour entre la culture française et la culture burkinabé apporte une note de fraîcheur et d’authenticité que Richard Guérin a su restituer, en maître de l’écriture. Et aussi de la parole, car la lecture de cet ouvrage est quasiment identique à une mélodie ou un poème qu’on écoute…           

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