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African Banker

Benedict Oramah : Président d’Afreximbank

« À chaque fois qu’un gouvernement nous invite, ajoute Oramah, j’essaie toujours d’emmener les champions du commerce intra-africains. Les gouvernements peuvent alors leur présenter les opportunités d’investissement pour lesquelles ils recherchent des partenaires. » Il estime que l’an dernier, Afreximbank a valu à ces entreprises de remporter des contrats représentant une valeur totale de 2 milliards $. La banque favorise-t-elle une expansion trop importante ? Oramah ne le pense pas. Au contraire, il considère que la banque doit se montrer plus audacieuse et aller plus vite encore. Son équipe doit mettre en oeuvre les accords de financement de projet en douze semaines au plus, sauf pour les projets plus complexes.

Oramah souhaite également développer la syndication. « L’une des missions de la banque est d’attirer des financements internationaux en Afrique. Nous sommes limités par le montant de nos fonds propres et d’autres contraintes prudentielles. La syndication nous permet de continuer à financer nos pays malgré ces limites. » L’an dernier, chaque dollar prêté par la banque a attiré 3 $. Mais Oramah souhaite atteindre le seuil de 4 $, afin de pouvoir prêter 5 $ pour chaque dollar financé par la banque. « Notre rôle est d’aller plus loin que l’octroi de crédit. Notre mission est de faciliter et financer le commerce », insiste-t-il.

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Les talents au coeur du programme de transformation

Afreximbank a commencé ses activités il y a 25 ans avec une petite équipe de huit personnes. Aujourd’hui, l’établissement compte quelque 200 employés, répartis entre 27 services. La plupart d’entre eux ont été recrutés ces six dernières années, le nombre d’employés ayant doublé depuis décembre 2012.

Selon Stephen Kauma, directeur International et directeur des Ressources humaines, la banque s’est imposée comme un vivier de connaissances. Compte tenu de son orientation commerciale, Afreximbank a, au fil des ans, recruté de nombreux dirigeants expérimentés, principalement issus du secteur privé, et provenant parfois des plus grands établissements financiers du monde.

Conformément à la vocation africaine de la banque, la plupart de ses employés viennent des pays africains qui en sont membres. La banque recherche des personnes ayant une excellente connaissance et expérience de l’histoire du continent africain, de son environnement commercial et de son contexte géopolitique, et, surtout passionnés par l’idée de faire de l’Afrique un continent moderne, ouvert au commerce.

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La technologie au service du commerce

Afreximbank adopte de nouvelles technologies pour stimuler la croissance du commerce intra-régional et international sur le continent. « Nous avons trois projets visant à réaliser la stratégie de la banque », explique Robert Achola, directeur international de la stratégie et de l’innovation. « Il s’agit de l’African Due Diligence Repository Platform (qui regroupe les données sur les PME, grandes entreprises et banques africaines), d’une plateforme de paiement transfrontalière et de l’utilisation de la blockchain pour faciliter le commerce intra-africain. »

Le rythme auquel la banque adopte les nouvelles technologies peut surprendre. Afreximbank utilise la numérisation dans le but de surmonter rapidement les obstacles au commerce en Afrique. L’African Due Diligence Repository Platform devrait être lancée à l’occasion de l’Assemblée générale annuelle de la banque à Abuja, au mois de juillet.

Le lancement suivra la mise en ligne de la plateforme, réservée au début à deux banques et deux banques centrales pour une période d’essai. Le projet de plateforme de paiement pour les transactions en devise locale a également bien progressé. Les transactions de financement du commerce en Afrique se sont longtemps faites sur papier. L’essor des solutions numériques simplifiera et élargira l’accès au financement du commerce sur les marchés africains.

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Le Salon du commerce intra-africain

L’une des raisons pour lesquelles la part de l’Afrique dans le commerce mondial est faible est simplement le manque d’informations. C’est pourquoi la banque, aux côtés d’autres partenaires, organise le Salon du commerce intra-africain qui se déroulera en décembre au Caire. L’Égypte a remporté l’appel d’offres pour accueillir le salon, qui a lieu tous les deux ans. Quelque 4 000 exposants et 70 000 visiteurs sont attendus, et les organisateurs espèrent que le montant total des accords signés à cette occasion atteindra 25 milliards $.

Le salon abritera des pavillons dédiés aux pays africains et d’autres pays, comme la Corée du Sud, présentant des biens d’équipement qui stimulent le commerce, tels que des navires et des infrastructures portuaires. Il mettra également à la disposition des participants une plateforme numérique – un portail d’informations sur le commerce – permettant de relier les acheteurs et les fournisseurs. Le Salon se déroulera du 11 au 14 décembre. En parallèle, des journées seront dédiées à certains pays et un programme de conférences sera proposé.

https://www.intrafricantradefair.com/fr

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Written by African Banker

C'est le seul magazine dédié au secteur bancaire et financier en Afrique. Deux éditions en français et en anglais couvrent la totalité du continent. African Banker est un réel outil de travail pour tout les acteurs de ce secteur. Le monde bancaire et financier connaît une croissance et une concurrence de plus en plus fortes et joue un rôle essentiel dans le développement économique de l’Afrique.

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