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Art et Culture

Jacques Attali et la francophonie

Considérez-vous que le retrait de la coopération française du système éducatif algérien en 1970, a constitué une erreur dont nous payons encore aujourd’hui les conséquences ?

L’important n’est pas de penser aux erreurs du passé. Il y en a eu beaucoup et cela n’a pas d’importance. Ce qu’il faut, c’est regarder de l’avant et voir comment, en l’état actuel des choses, une politique francophone proactive est possible, et comment elle serait bénéfique pour la croissance et l’emploi, en France et dans les pays francophones. Renforcer les systèmes éducatifs des pays francophones, en réservant au français une place de choix, est l’un des grands axes du rapport.

Vos propositions sont-elles compatibles avec le maintien des visas ?

Bien sûr. Je ne dis pas qu’il faut supprimer les visas, mais qu’il faut mettre en place un contrôle intelligent et efficace. Alors même que la France est la première destination touristique mondiale, que le nombre de touristes en France ne cesse d’augmenter, le pays se prive d’un potentiel de croissance énorme en conservant des délais de délivrance des visas de tourisme excessivement long.

Le ministère des Affaires étrangères en a pleinement conscience, et a déjà mené une politique de réduction des délais de délivrance des visas touristiques en Chine. Cet effort dans la délivrance des visas touristiques devrait être étendu à d’autres pays, notamment ceux du Golfe et d’Asie du Sud-Est. Ces visas devraient pouvoir être délivrés en 48 heures.

Les délais d’obtention des visas sont également un handicap majeur pour l’attractivité de nos universités. Nombre d’étudiants étrangers éprouvent des difficultés à obtenir leur sésame, alors même qu’ils ont été reçus avec succès dans une école ou une université française. Nous ne faisons que dissuader une élite francophile de rejoindre la communauté étudiante francophone. Enfin, je souhaite que la délivrance de visas soit facilitée pour les « talents francophones », c’est-à-dire pour des francophones ayant une compétence reconnue dans le domaine économique, scientifique ou culturel. Il n’est pas normal que des entrepreneurs francophones renoncent à un voyage d’affaires en France pour des questions de visa.

La suite dans le Magazine de l’Afrique [version papier]

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