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Art et Culture

Jacques Attali et la francophonie

Pourquoi considérez-vous, dans votre rapport, que « la langue et la culture constituent la nouvelle géographie, à un moment où l’efface­ment progressif des frontières nationales impose d’autres critères d’appartenance identitaire » ?

 La mondialisation a bousculé beaucoup de choses. Elle efface progressivement les frontières nationales. Mais l’image d’un « village mondial » est erronée : en réaction à cette disparition des frontières nationales s’en créent d’autres. En effet, le monde et l’économie ont besoin de retrouver du sens.

Il y a un vrai mal-être des populations face à l’uniformisation linguistique, qui accélère la perte de sens. Les langues deviennent précaires, et disparaissent même en nombre à grande vitesse. L’anglais est devenu un espéranto mondial qui n’est pas porteur d’identité. La diversité linguis­tique et culturelle est en danger.  

Il existe un lien particulièrement fort entre une langue et le sentiment d’appartenance à un groupe : regardez la Catalogne ! Et la langue française n’y échappe pas : elle repose sur un sentiment identitaire puissant. Elle a l’avantage d’avoir une place de choix dans l’environnement linguistique mondial : avec plus de 200 millions de locuteurs dans le monde, elle se place au 4e rang, et est présente sur les cinq continents.

Elle est porteuse d’une histoire, de valeurs, d’un système de pensée original et spécifique, et aussi de cette idée d’exception culturelle qui ne doit pas céder face au rouleau compresseur de l’uniformisation. Elle peut être le porte-voix de la diversité dans le monde. 

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