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Art et Culture

Jacques Attali et la francophonie

Quelle est l’origine de ce rapport demandé par le président de la République ?

L’ancien ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, à l’occasion de la Journée internationale de la Francophonie le 20 mars 2014, m’avait demandé de conduire une mission, afin de proposer des actions pour une stratégie concrète et dynamique destinée à renforcer la Francophonie économique.

L’objectif était de mesurer le poids de la Francophonie dans l’économie mondiale, d’identifier les secteurs porteurs où la langue française est créatrice de valeurs et de préciser les leviers sur lesquels agir. Le président de la République, à la suite du changement de gouvernement, a confirmé cette mission. Il s’est attaché, depuis sa prise de fonction, à relancer la politique francophone de la France. Convaincu que la Francophonie constitue une opportunité majeure pour l’économie française et ses partenaires, il souhaitait que des actions concrètes lui soient proposées au service d’une stratégie francophone économique.

La commande du Président a rejoint une intuition ancienne : demain encore plus qu’hier, la langue française peut constituer un formidable atout économique, au moment où le numérique ouvre de plus en plus d’opportunités de travail, de formation, de distraction à distance. Il faut donc investir massivement dans la culture, l’éducation du et en français, attirer les étudiants étrangers, pour que l’espace francophone devienne un puissant rassemblement culturel, politique et économique. La France doit, pour compter sur la scène internationale, investir trois champs : le projet national, le projet européen, et le projet francophone.

D’autres pays ont compris que les économies de demain se constitueront autour d’espaces linguistiques. Les pays hispanophones, lusophones, arabophones commencent à se structurer. Il fallait que la France prenne conscience au plus tôt de ce déplacement des frontières économiques et de l’atout qu’elle a à jouer, avec les autres pays francophones, avec la langue française.

Les autorités politiques françaises, pourtant traditionnellement « mauvais élève » de la Francophonie, ont justement, en me confiant ce rapport, pris conscience du potentiel énorme en termes de croissance et d’emplois d’un espace géoéconomique structuré autour du partage de la langue française.

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