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Art et Culture

Burkina Faso : L’originalité de Francis Kéré

L’école de Gando a été achevée en 2001. En 2004, Kéré a reçu le Trophée Aga Khan de l’architecture pour sa conception exceptionnelle et en recon­naissance de sa contribution à l’archi­tecture contemporaine socialement engagée.

Très peu d’architectes ont obtenu un succès international aussi durable avec leur tout premier projet. Sans oublier que Kéré était encore étudiant au moment où il a remporté le prix. L’argent qu’il a alors gagné lui a permis de réaliser son rêve d’aider sa famille et la communauté, non seulement en leur versant de l’argent mais aussi en bâtis­sant des édifices.

« J’ai réfléchi aux méthodes de construction à adopter au Burkina Faso. Pour commencer, j’ai choisi d’utiliser des briques d’argile plutôt que du béton », raconte-t-il.

Les tons ocre de l’école sont en harmonie avec le cadre naturel. Le toit surélevé, que Kéré utilise fréquemment, est fonctionnel mais évoque également la spiritualité. Il a allié méthodes de construction traditionnelles et nouvelles technologies.

Avec l’importance qu’il attache aux hommes et aux besoins locaux, l’artiste a mobilisé les habitants de Gando pour construire l’école, formant des personnes non qualifiées dont beaucoup sont deve­nues d’excellents artisans. Il a donné à son peuple la possibilité de mieux vivre.

Rendre à la communauté

Francis Kéré, pour qui les liens sociaux sont si importants, a tenu à aider non seulement sa famille mais aussi l’en­semble de la communauté – et à avoir une influence au-delà de sa ville d’ori­gine. Il a accompli sa mission puisque l’école de Gando compte aujourd’hui environ 700 élèves.

Avec l’argent du Trophée Aga Khan (et d’autres fonds associés à d’autres prix), l’horizon de Kéré s’est élargi et, en 2013, le Centre des femmes s’est ouvert à Gando. L’objectif du lieu est d’amélio­rer les conditions de vie des 300 femmes vivant dans la région.

Francis Kéré voulait travailler avec la Coopérative de Soontabla, fondée par des femmes en 1999 pour créer à Gando un centre de formation, un lieu de réu­nion, etc., dédié aux femmes. Il a direc­tement demandé aux femmes de bâtir leur centre en 2010.

Le Centre des femmes est divisé en deux espaces. La zone rectangulaire comporte une salle de classe, une salle de réunion, un bureau, une cuisine et des équipements sanitaires, tandis que la zone courbe est utilisée pour stocker des cultures vendues plus tard sur le mar­ché. La zone courbe s’inspire des huttes rondes traditionnelles utilisées pour le stockage.

L’objectif de Francis Kéré était d’encourager les femmes à installer de grandes jarres d’argile dans le centre pour stocker les récoltes. Les jarres sont surélevées pour les protéger des dégâts des eaux et des termites. Comme les Soontaba perdent moins de récoltes grâce à cette méthode de stockage, ils dégagent davantage de bénéfices.

Des fentes près du sol permettent de ventiler le lieu. Les femmes ont été si impressionnées par le concept de Kéré qu’elles ont elles-mêmes fabriqué les jarres d’argile, et bâti les murs et les sols de l’édifice.

Les créations de Francis Kéré semblent innombrables, en particulier au Burkina Faso. En 2014, il a fait bâtir une clinique de chirurgie et un centre de soins ; puis il a conçu le lycée Schorge et l’orphelinat Noomdo à Koudougou, achevé en 2016.

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