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Analyse et Opinion

Vers une augmentation des investissements en Afrique

Vers une augmentation des investissements en Afrique
  • Publiéfévrier 8, 2024

Les dirigeants mondiaux de l’industrie prévoient une croissance de leurs activités malgré les inquiétudes concernant les risques liés aux marchés émergents, selon l’enquête Agility.

 

Près de 62 % des professionnels de la logistique mondiale déclarent que leurs entreprises prévoient des investissements supplémentaires ou des premiers investissements en Afrique, selon l’indicateur Agility Emerging Markets Logistics. Cette enquête, menée auprès de 830 cadres logistiques, constitue une photographie du sentiment de l’industrie et du classement des 50 principaux marchés émergents du monde.

L’Ouganda, le Nigeria, le Rwanda, le Kenya et l’Afrique du Sud sont en tête pour ce qui est des économies d’énergie et des carburants non fossiles pour les transports.

L’indice classe les pays en fonction de leur compétitivité globale sur la base de leurs forces logistiques, de leur climat d’affaires et de leur préparation numérique. Ces facteurs qui les rendent attrayants pour les prestataires logistiques, les transitaires, les transporteurs aériens et maritimes, les distributeurs et les investisseurs. Dans l’indice 2024, le classement de la plupart des économies africaines a peu changé par rapport à l’année précédente, mais les entreprises indiquent qu’elles envisagent une croissance démographique massive et une expansion commerciale stimulée par la ZLECAf (Zone de libre-échange continentale africaine).

« Depuis quinze ans que nous publions cet indice, nous n’avons jamais été aussi optimistes à l’égard de l’Afrique », résume Tarek Sultan, vice-président d’Agility. « La population de l’Afrique doublera d’ici 2050, date à laquelle une personne sur quatre sur la planète sera africaine. Les entreprises internationales comprennent que le moment est venu pour l’Afrique – elles doivent investir, établir leurs marques et développer la prochaine génération de talents africains si elles veulent profiter de la prochaine vague de croissance. »

Toutefois, en 2024, la Chine et l’Inde occupent les deux premières places du classement de l’indice des 50 pays. En Afrique, l’Égypte (20e), le Maroc (22e), l’Afrique du Sud (24e) et le Kenya (25e) sont les plus performants, suivis du Ghana (31e), du Nigeria (36e), de la Tunisie (37e), de la Tanzanie (41e), de l’Algérie (42e), de l’Ouganda (43e), de l’Éthiopie (45e), du Mozambique (46e), de l’Angola (47e) et de la Libye (50e).

L’Égypte est le pays d’Afrique le mieux classé en matière d’opportunités logistiques nationales (13e dans cette catégorie) ; l’Afrique du Sud (15e) est le premier pays d’Afrique pour la logistique internationale ; le Maroc (12e) possède les meilleurs fondamentaux commerciaux d’Afrique ; le Kenya (9e) est le pays d’Afrique le plus dynamique pour le numérique – et le pays le mieux classé du continent, toutes catégories « opportunités » confondues.

 

Des coûts de transport toujours élevés

Plus de 63 % des répondants à l’enquête déclarent que leurs entreprises continuent de remanier les chaînes d’approvisionnement en répartissant la production sur plusieurs sites ou en la délocalisant sur les marchés nationaux et dans les pays voisins. La Chine, premier producteur mondial, devrait être la plus touchée : 37,4 % des professionnels de l’industrie déclarent qu’ils prévoient de déplacer la production ou l’approvisionnement hors de Chine ou de réduire les investissements dans ce pays.

L’enquête révèle que les coûts de transport et de logistique, qui ont grimpé en flèche pendant la pandémie, continuent d’augmenter, mais à un rythme plus lent. L’un des moyens que les chargeurs comptent utiliser pour faire face à la situation est le recours accru au transport de fret numérique, qui passe de 37,8 % aujourd’hui à 52 %

En matière de restructuration de la chaîne d’approvisionnement, retenons que l’Inde, l’Europe et l’Amérique du Nord devancent la Chine en tant que destinations vers lesquelles les dirigeants prévoient de déplacer leur production à partir de 2024.

Quelque 40% d’entre eux s’attendent à ce que leur entreprise soit moins dépendante de la Chine dans cinq ans. Et près des deux tiers déclarent que le changement climatique est un phénomène qu’elles prévoient ou qui affecte déjà leurs activités. Beaucoup voient l’Inde gagner en importance en tant que producteur et marché, mais citent l’insuffisance des infrastructures et la corruption comme les plus grands obstacles.

Plus généralement, malgré une certaine hésitation quant aux perspectives de croissance mondiale pour l’année à venir, les répondants à l’enquête sont optimistes quant aux investissements et aux opportunités en Afrique. Près de la moitié des personnes interrogées (47,4 %) ont déclaré qu’elles prévoyaient des investissements supplémentaires en Afrique en 2024, et 14,2 % prévoient d’investir pour la première fois en Afrique. Les résultats de l’enquête témoignent d’un regain d’intérêt mondial pour le continent.

En effet, il existe de nombreuses preuves d’un engagement et d’engagements d’investissement accrus de la part des grandes puissances mondiales en Afrique. Par exemple, le Royaume-Uni a annoncé son intention d’investir 2 milliards de dollars dans des projets durables en Afrique, tandis que les États-Unis ont promis un montant initial de 200 milliards $ pour leurs partenariats dans le cadre de l’initiative sur les infrastructures mondiales.

 

Les dirigeants ignorent la COP mais pas le climat

« Ces initiatives devraient créer un afflux de multinationales dans les grandes villes d’Afrique », commente le rapport qui cite également l’intérêt de la Corée du Sud.

L’Afrique a été un point positif pour le transport maritime par conteneurs en 2023, ce qui devrait se poursuivre dans les années à venir avec l’essor de la ZLECAf.

En matière de développement durable, dans la région MENA (Moyen-Orient et Afrique), l’Afrique du Sud, les Émirats arabes unis, l’Égypte et l’Arabie saoudite font « le plus d’efforts » pour lutter contre le changement climatique. Sachant que les pays adoptent des approches « radicalement divergentes » face au défi climatique.

Si ces pays sont en retard, par rapport à d’autres, en matière de développement durable mondial, s’ils intensifient rapidement leurs stratégies et leurs investissements dans ce domaine.

Voilà quelques conclusions tirées de l’enquête Horizon, publiée à l’occasion de la COP28, un événement qui n’intéresse pas beaucoup les dirigeants d’entreprises internationales, signale Agility. Néanmoins, leurs dépenses en matière de développement durable devraient augmenter ces prochains mois, prévoient-ils.

Sur ces questions, l’Afrique se concentre sur les transports verts. L’Ouganda, le Nigeria, le Rwanda, le Kenya et l’Afrique du Sud sont en tête pour ce qui est des économies d’énergie et des carburants non fossiles pour les transports. Les pays à hauts revenus font plus d’efforts pour gérer les déchets de manière durable. Les pays plus pauvres font plus d’efforts pour limiter la consommation.

@AB

Écrit par
Aude Darc

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