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Analyse et Opinion

Une croissance déterminée par les cours du pétrole en CEMAC

Une croissance déterminée par les cours du pétrole en CEMAC
  • Publiéavril 22, 2024

Si l’économie de l’Afrique centrale est principalement tirée par les activités non-pétrolières, une hausse des cours du brut permettrait une accélération de la croissance, analyse la BEAC.

 

Au premier trimestre 2024, les activités du secteur productif de la CEMAC ont été soutenues par la poursuite des investissements publics, considère la note de conjoncture de la BEAC (Banque des États de l’Afrique centrale) publiée à la mi-avril 2024.

Le raffermissement de la demande intérieure a tiré profit de la poursuite de la décélération projetée des tensions inflationnistes, le maintien à la hausse des cours du baril du pétrole sur le marché international et la poursuite des investissements importants dans le secteur pétrolier. « Néanmoins, le renchérissement des carburants à la pompe, les conditions climatiques difficiles et les problèmes infrastructurels, principalement le transport, devraient continuer à peser sur les activités des entreprises », prévient l’institution monétaire.

Voilà pourquoi l’orientation de la politique budgétaire de l’ensemble des pays de la CEMAC en 2024, devrait rester « procyclique et restrictive », c’est-à-dire encourageant la désinflation.

Sur la base de ces éléments, la croissance de l’Afrique centrale aurait atteint 2,3%, en glissement annuel, contre 2% un an plus tôt.

Sur le front de l’inflation, la Banque centrale retient une hausse des prix annuelle de 5,2% à fin mars 2024, contre 5,6% à fin décembre 2023. Sachant que les prix des carburants à la pompe ont augmenté à partir de février. « Cette hausse porterait un coup, sans toutefois l’inverser, à la dynamique baissière du rythme de progression de l’inflation observée depuis le second semestre 2023. »

Quelles que soient les bases de calcul, l’inflation reste toujours élevée dans la CEMAC, au-dessus du seuil communautaire, en raison du renchérissement des carburants intervenu dans plusieurs pays de la sous-région au premier semestre 2023, et plus récemment encore au Cameroun et au Tchad.

Les économistes de la Banque centrale ont basé des prévisions sur deux scénarios possibles du cadre macroéconomique de la CEMAC en 2024, selon essentiellement l’évolution des cours du baril de pétrole et l’issue de la crise ukrainienne, de la guerre dans la bande de Gaza et le conflit pour le contrôle de la mer Rouge.

 

La sylviculture attend un second souffle

Le scénario de base, plus « pessimiste », retient un prix moyen du baril de pétrole brut à 78,6 $. Dans ce contexte de poursuite du repli des cours du pétrole et de détérioration moindre des termes de l’échange, la croissance de la CEMAC devrait s’accélérer en 2024, pour se hisser à 3,6 % contre 2,0 % en 2023. Cette dynamique découlerait de la bonne tenue des activités non pétrolières (4,1 % en 2024, contre 3,1 % en 2023), et d’une hausse des activités pétrolières (0,9 %, après -3,0 % en 2023), après quatre années consécutives de recul.

« Encore une fois, le secteur non pétrolier confirmerait sa position de véritable moteur de la croissance dans la CEMAC, en affichant des taux de croissance positifs depuis plus de dix ans, excepté en 2020, ce qui illustre une certaine résilience depuis 2013 », commentent les économistes.

Cette dynamique serait accentuée par une croissance du secteur pétrolier, à la faveur de l’optimisation des vieux puits et l’entrée en production de nouveaux champs, grâce aux investissements importants réalisés par les opérateurs sur la période récente pour tirer profit du niveau favorable des cours.

De leur côté, les opérateurs impliqués dans les activités d’extraction du minerai de manganèse pourraient bénéficier en 2024 des retombées des travaux effectués par la Société d’exploitation du Transgabonais (Setrag), dans le cadre des programmes qui visent à améliorer substantiellement le trafic ferroviaire au Gabon.

En revanche, la branche sylvicole, avec une contribution nulle à la croissance en 2024, continuerait de subir les conséquences de l’interdiction d’exporter les grumes pour encourager la transformation structurelle des économies dans les pays de la CEMAC.

 

De son côté, prévient la BEAC, la situation des finances publiques se dégraderait en 2024, avec un solde budgétaire, base engagements, hors dons, qui reviendrait de 0 % du PIB en 2023 à -0,2 % du PIB un an plus tard. « Cette évolution découlerait pour l’essentiel de l’accroissement du service de la dette publique. » L’augmentation des dépenses budgétaires s’ajouterait à la baisse des recettes pétrolières.

Voilà pourquoi l’orientation de la politique budgétaire de l’ensemble des pays de la CEMAC en 2024, devrait rester « procyclique et restrictive », c’est-à-dire encourageant la désinflation.

Enfin, le scénario « optimiste » retient un prix moyen du baril de brut à 83,6 dollars le baril. Ce qui autoriserait une croissance de 4,3% en 2024, contre, rappelons-le 3,6% dans le scénario de base.

@AB

Écrit par
Laurent Soucaille

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