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Analyse et Opinion

[Devoir de mémoire] – Plus de 400 ans de violence

La scène se passe de commentaire ; échange réel, mais surréaliste, entre un ministre occidental et un Africain à Bamako au Mali :

Par J.O

« Un blanc : ‘Toi y en a bientôt pouvoir sortir hôpital et repartir France pour gagner sous…

– L’Africain : ‘Oui, mon cher ami, j’envisage de pouvoir prochainement reprendre mes cours à la Sorbonne : j’y enseigne la littérature », extrait du livre Je suis noir, et je n’aime pas le manioc de Gaston Kelman (éd. Mad Max Milo, 2003).

Ce bref exemple est symptomatique des rapports qui continuent encore de parasiter les relations entre une partie des populations occidentales et les Africains. Et en l’état actuel des rapports de force, rien n’indique que regarder les Africains sous le prisme déformant de la « chosification » connaîtra bientôt une fin avec notamment un changement radical de mentalité. Tant l’Occident a lourdement inscrit dans ses entrailles que l’Afrique est peuplée de sous-hommes et qu’être Noir est l’expression achevée de la déshumanisation. « Pourquoi ? », venez-vous de demander.

Pendant plus de 400 ans, des pays européens ont martyrisé, brimé et brisé l’Afrique au nom d’une pseudo mission civilisatrice. A coups de fouet, les populations ont été – durant quatre siècles – bastonnées, emprisonnées, exploitées jusqu’à la moelle des os, déportées ou assassinées, etc.

Rien qu’un regard circonstancié sur « les maisons des esclaves » disséminées ça et là sur le continent africain pour se convaincre que l’Occident a commis l’un des pires crimes que l’Humanité n’ait connu !

Evoquer ce passé douloureux n’est assurément pas « regarder dans le rétroviseur ». Pourquoi donc instruit-on un procès en nostalgie contre ceux qui appellent les coupables à admettre que ce qu’ils ont fait défie toute compréhension humaine, et donc qu’ils doivent tout au moins le reconnaître ?

Sur l’île de Gorée à la lisière de Dakar au Sénégal, « la maison des esclaves » demeure à ce jour le symbole de la négation du Noir par le Blanc : « Au rez-de-chaussée se trouvent les cellules ‘hommes, enfants, chambres de pesage, jeunes filles, inaptes temporaires’. Dans celles réservées aux hommes, faisant chacune 2,60 m sur 2,60 m, on mettait jusqu’à 15 à 20 personnes, assises le dos contre le mur, des chaînes les maintenant au cou et aux bras. On ne les libérait qu’une fois par jour afin de leur permettre de satisfaire leurs besoins, généralement dans cette maison, ils y vivaient dans un état d’hygiène insupportable

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