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Analyse et Opinion

Maroc : l’agriculture, principal facteur de soutien, et de risques

Maroc : l’agriculture, principal facteur de soutien, et de risques
  • Publiéjanvier 18, 2023

Les analystes d’Attijari Global Reseach considèrent que les prévisions de croissance 2023 émises par le ministère marocain de l’économie sont optimistes mais crédibles. Une forte pluviométrie, annonciatrice d’une campagne agricole sans encombres, permettrait de les valider.

 

En 2023, le gouvernement du Maroc s’appliquera à chercher un équilibre entre l’apport de solutions à un contexte international très compliqué, le respect des engagements du Royaume à l’égard des institutions internationales et la poursuite des chantiers structurants. Tel est le constat des analystes de Attijari Global Research dans leur bulletin conjoncturel de janvier 2023. Dans lequel ils témoignent d’une grande prudence devant les hypothèses économiques qui sous-tendent la loi de finance 2023.

Néanmoins, celle-ci « se donne les moyens pour la relance de l’économie marocaine qui cherche une nouvelle dynamique de croissance », reconnaissent-ils. Il est vrai que le rebond post-Covid de l’économie a été « de courte durée », la croissance étant retombée à 1,1% en 2022.

Avec une progression modeste en 2023 de 3,1%, le PIB non agricole constitue plutôt un facteur de pondération et non un levier de la croissance. La forte volatilité de l’agriculture pénalise les autres secteurs, tandis que la demande étrangère risque de décélérer.

Cette année, la demande intérieure, « pilier de la croissance au Maroc », devrait être soutenue par un budget d’investissement public en hausse de 22%, une enveloppe de soutien à la consommation maintenue à un niveau « significatif », ainsi que par de nouveaux postes budgétaires. Dans le même temps, se poursuivront divers chantiers structurants. En dépit des tensions budgétaires actuelles, le gouvernement fait de la généralisation de la couverture médicale « une priorité absolue ».

D’autre part, le Maroc doit respecter ses engagements. « En mettant en œuvre un plan de convergence des taux d’imposition des sociétés tout en élargissant l’assiette fiscale aux exportateurs, aux entreprises opérant dans les Zones d’accélération industrielle et à Casablanca Finance City, ces derniers verraient leur compétitivité réduite à l’international », préviennent les analystes.

En contrepartie, le pays avance à grands pas pour sortir de la zone grise du GAFI (Groupe d’action financière). Ce qui lui donnerait une plus grande latitude pour négocier des crédits sans conditionnalité.

Si la loi de finance prévoit de nouvelles mesures fiscales, articulées pour l’essentiel autour des impôts sur les sociétés et sur les revenus, – la TVA et les taxes locales attendront les prochaines éditions –, elle repose sur des hypothèses « qui pourraient être qualifiées d’optimistes ».

 

Tertiarisation

En effet, préviennent les analystes d’Attijari Research, l’atteinte d’un niveau cible de croissance de 4,0% puis de déficit budgétaire de 4,5% du PIB « demeure assujettie à un certain nombre de facteurs, dont certains difficilement maîtrisables ».

À savoir, une campagne agricole normale. Celle-ci a mal débuté mais les précipitations récentes enregistrées dans le pays donnent une lueur d’espoir. Le Maroc prévoit une croissance de 12,9% de son PIB agricole en 2023. On saura, dès le 1er trimestre, si cet objectif est réaliste.

De plus, le pays doit réaliser un montant élevé de recettes fiscales pour atteindre son objectif. Or, l’objectif d’une croissance de 4% en 2023 est plus optimiste que le consensus des experts (+3,3%) et surtout que la prévision de la Bank Al-Maghrib (+3%). Qui ne retient, il est vrai qu’une hausse de 7% du PIB dans l’agriculture.

Sachant que les autres secteurs « peinent à libérer leur plein potentiel », font observer les analystes. Avec une progression modeste en 2023 de 3,1%, le PIB non agricole constitue plutôt un facteur de pondération et non un levier de la croissance au Maroc. La forte volatilité de l’agriculture pénalise les autres secteurs, tandis que la demande étrangère risque de décélérer cette année.

Pour autant, « force est de constater, conformément aux années précédentes, que l’économie marocaine a tendance à se tertiariser ». Avec une croissance attendue de 3,4% dans le tertiaire et de 2,7% dans le secondaire. Lequel bénéficierait toutefois de la relance de diverses industries, dont les phosphates et l’automobile. De son côté, la demande sera favorisée par un tassement du chômage et la « bonne dynamique » des transferts de la diaspora.

Pour toutes ces prévisions, les risques sont « modérés », considèrent les experts, le risque le plus important étant du côté de l’agriculture. « Quoi qu’il en soit, le Maroc est acculé à multiplier les initiatives pour atteindre un nouveau palier de croissance qui lui ouvrirait une plus grande marge de manœuvre dans la conduite des réformes annoncées », concluent-ils.

@AB

 

 

Écrit par
Laurent Soucaille

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