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Analyse et Opinion

Les défis numériques de Djibouti

Les défis numériques de Djibouti
  • Publiémai 16, 2024

La Banque mondiale salue les efforts et les réformes de Djibouti en faveur des nouvelles technologies, mais relève de nombreux défis auxquels pourraient répondre en partie le secteur privé.

 

Dans le cadre de son Initiative numérique pour l’Afrique, la Banque mondiale publie son Diagnostic de l’économie numérique de Djibouti. Ce copieux rapport examine les défis et les opportunités du paysage numérique du pays, l’importance du développement de l’infrastructure numérique, la nécessité d’améliorer l’accès au haut débit et son accessibilité financière, et les compétences numériques requises. Il émet une feuille de route de trente propositions pour le pays.

« Nous sommes déterminés à capitaliser sur les dividendes numériques, en mettant particulièrement l’accent sur la création d’opportunités d’emploi pour nos jeunes. »

Dans son diagnostic, le rapport souligne l’importance du développement des infrastructures de télécommunications et de données, des plateformes numériques, des services financiers et de l’esprit d’entreprise en tant que piliers fondamentaux de l’économie numérique.

Le marché du numérique de Djibouti est « particulièrement bien connecté » au reste du monde grâce à neuf câbles sous-marins qui lui offrent l’avantage de desservir la région de la Corne de l’Afrique, actuellement reliée par trois itinéraires terrestres, souligne le rapport.

Toutefois, au sein de Djibouti, la fourniture de service haut débit n’« a pas encore atteint son plein potentiel » en termes de prix, de performance et de couverture, principalement en raison de l’absence de concurrence dans le secteur des télécommunications, qui a longtemps été dominé par le monopole de Djibouti Telecom (DT) dans ce qui devrait être un espace multi-acteurs induit par le secteur privé.

Bien que Djibouti ait fait des progrès significatifs dans le secteur numérique, le pays doit encore faire face à des défis pour tirer pleinement parti de son potentiel technologique, juge la Banque mondiale. Au chapitre des « principaux défis », figurent les investissements limités dans les nouvelles technologies à l’intérieur du pays et les obstacles à l’accessibilité financière des services numériques.

En effet, Djibouti reste le troisième marché le plus cher du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, après les Comores et le Yémen, malgré une bonne connectivité internationale et l’absence de barrières structurelles communes aux pays enclavés.

 

Une cybersécurité à améliorer

Toutefois, la BM salue des initiatives récentes, telles que la création de l’Autorité de régulation multisectorielle de Djibouti et du ministère de l’Économie numérique et de l’innovation (MDENI), qui « témoignent de l’engagement du gouvernement à relever ces défis et à favoriser la transformation numérique ».   

On le voit, « Djibouti a fait des progrès significatifs dans son infrastructure numérique, mais il y a encore de la place pour l’amélioration en termes d’abordabilité, de qualité et d’accès aux services numériques », résume déclaré Fatou Fall, représentante résidente de la Banque mondiale à Djibouti. « Bien qu’étant l’un des plus petits pays d’Afrique en termes de taille et de population, Djibouti joue un rôle crucial en fournissant un accès à l’internet à haut débit aux pays voisins. »

De plus, insiste le rapport, Djibouti présente un retard en matière de cybersécurité, ce qui pose « un risque important pour les retombées potentielles de la transformation numérique ».

L’écosystème des politiques de Djibouti est également confronté à la faiblesse des systèmes de données, ce qui ralentit le développement du secteur des TIC de connaître des progrès. Les agences gouvernementales ont du mal à extraire et à diffuser des données sur les activités relevant de leur compétence, ce qui limite l’analyse des données de référence, l’identification et le suivi des lacunes et des progrès au niveau national. Les lacunes en matière de données empêchent également Djibouti de participer à des analyses comparatives régionales et mondiales qui pourraient éclairer l’élaboration et la mise en œuvre de politiques fondées sur des données probantes.

C’est pourquoi le rapport appelle le gouvernement, le secteur privé et la société civile à travailler ensemble pour relever les défis et saisir les opportunités de développer l’économie numérique de Djibouti. Il souligne la nécessité d’une collaboration, d’un renforcement des capacités et de la mise en place de cadres de gouvernance clairs pour conduire la transformation numérique et réaliser les ambitions à long terme.   

lyas Moussa Dawaleh est ministre de l'Économie et des Finances, chargé de l'Industrie, à Djibouti.
lyas Moussa Dawaleh est ministre de l’Économie et des finances, chargé de l’industrie, à Djibouti.

Le rapport aborde également la gouvernance des données et l’utilisation croissante des données pour mieux comprendre les besoins des citoyens et renforcer la confiance du public.

« Le gouvernement est déterminé à relever ces défis et à propulser la transformation numérique vers l’avant. Notre initiative phare nationale, le programme Smart Nation, représente une évolution vers une approche plus unifiée et plus complète de la transformation numérique », réagit Ilyas Moussa Dawaleh, ministre en charge de l’Industrie à Djibouti.

« Nous sommes déterminés à capitaliser sur les dividendes numériques, en mettant particulièrement l’accent sur la création d’opportunités d’emploi pour nos jeunes. »

Le rapport souligne également l’importance des compétences numériques au sein de la population active. Il suggère l’élaboration de programmes de formation complets pour les fonctionnaires et l’amélioration des compétences numériques au sein de la population en général, en particulier chez les jeunes diplômés et les entrepreneurs.

 

 

En savoir plus sur les atouts de Djibouti dans les nouvelles technologies au sein de notre dossier spécial :

Vers un hub numérique mondial ?

@AB

Écrit par
Aude Darc

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