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Analyse et Opinion

L’énergie propre attire les capitaux étrangers

L’énergie propre attire les capitaux étrangers
  • Publiéjuin 25, 2024

Tirés par l’Égypte et l’Afrique du Sud, les investissements étrangers vers l’Afrique ont reculé de 3% en 2023. De gros projets d’investissements dans les énergies propres soutiennent la tendance.

 

En 2023, comme attendu, les investissements étrangers, mesurés par les IDE, sont demeurés faibles, signalent les derniers chiffres de la CNUCED. L’organisme, que l’on appelle désormais ONU commerce et développement, précise que le financement des secteurs des objectifs de développement durable a chuté de plus de 10%. Dans ces conditions, l’insuffisance des financements entrave la réalisation des objectifs de l’Agenda 2030, ce qui devrait inciter les États à « prendre des mesures politiques pour maintenir un financement durable ».

En tête de liste des mégaprojets mondiaux figure un projet d’hydrogène vert en Mauritanie qui devrait générer 34 milliards $ d’investissements, un montant plusieurs fois supérieur au PIB du pays.

Sachant que la facilitation des affaires et des solutions de gouvernement numérique peuvent remédier, en partie à cette faiblesse des investissements.

En 2023, l’investissement direct étranger (IDE) mondial a diminué de 2 % pour s’établir à 1 300 milliards de dollars, Si l’on exclut du tableau quelques situations exceptionnelles, le rapport révèle une baisse plus marquée de plus de 10 % des investissements étrangers mondiaux, pour la deuxième année consécutive. « Cette baisse est due à l’augmentation des tensions commerciales et géopolitiques dans un contexte de ralentissement de l’économie mondiale », résume la CNUCED.

Si les perspectives pour les IDE restent difficiles en 2024, le rapport indique qu’une « croissance modeste pour l’ensemble de l’année semble possible », citant l’assouplissement des conditions financières et les efforts concertés en faveur de la facilitation de l’investissement – une caractéristique importante des politiques nationales et des accords internationaux.

Flux d’IDE vers l’Afrique, en milliards de dollars et en %.
Flux d’IDE vers l’Afrique, en milliards de dollars et en %.

 

La CNUCED constate une diminution des IDE vers les pays développés – en partie, en raison de l’harmonisation fiscale sur les grands groupes multinationaux –, un ralentissement marqué en direction des pays en développement, sauf vers les pays les moins avancés, qui ont continué d’attirer des IDE.

De leur côté, les flux d’IDE vers l’Afrique ont diminué de 3% pour atteindre 53 milliards $ en 2023. Deux des plus grandes économies bénéficiaires, l’Égypte et l’Afrique du Sud, ont tiré la tendance générale.

 

L’Afrique de l’Ouest recherchée

Quelques tendances, si elles se confirment, peuvent inquiéter : les investissements étrangers en Afrique du Nord ont baissé de 12 %. En Égypte, les fusions et acquisitions ont chuté par rapport aux sommets atteints en 2022. Le Maroc a également enregistré une baisse des flux d’IDE, mais a réussi à attirer de nouveaux projets, relève la CNUCED.

Les flux d’IDE vers l’Afrique de l’Ouest ont diminué de 1 %, avec des résultats différents selon les pays. Même si l’on exclut le projet exceptionnel de production d’hydrogène vert en Mauritanie, la valeur des nouveaux projets a triplé et le nombre de projets est resté stable.

En Afrique centrale, l’IDE a diminué de 17 %. Malgré une augmentation de 56 % du nombre de nouveaux projets et une hausse de 119 % de leur valeur, la région a été affectée par le ralentissement des opérations de financement de projets internationaux.

En Afrique de l’Est, les entrées d’IDE ont diminué de 3 %, principalement en raison d’une baisse de 11 % en Éthiopie. Toutefois, les nouveaux projets et les opérations de financement de projets internationaux ont augmenté de plus de 30 %, « ce qui laisse entrevoir de meilleures perspectives pour l’avenir », pronostiquent les chercheurs.

Par rapport à 2018, les entrées d’IDE ont augmenté pour tous les principaux groupements régionaux, en particulier la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).

La CNUCED constate que les développements dans les énergies propres attirent les capitaux vers l’Afrique, qui défie donc la tendance mondiale dans ce domaine.

Pour autant, au cours de l’année, la valeur estimée des transactions internationales de financement de projets dans les pays africains a diminué de 50 % pour atteindre 64 milliards $. Cela fait suite à une baisse de 20 % en 2022. Toutefois, le continent a attiré une part croissante des mégaprojets mondiaux entièrement nouveaux, six d’entre eux étant évalués à plus de 5 milliards $.

En tête de liste figure donc un projet d’hydrogène vert en Mauritanie qui devrait générer 34 milliards $ d’investissements, un montant plusieurs fois supérieur au PIB du pays.

L’Afrique a également reçu plus de 10 milliards $ en financement de projets pour la production d’électricité éolienne et solaire, les projets les plus importants étant situés en Égypte, en Afrique du Sud et au Zimbabwe.

Les chaînes de valeur des véhicules électriques ont également suscité des investissements étrangers. Parmi les accords les plus importants annoncés, l’un d’entre eux porte sur la création d’une usine de fabrication de batteries pour véhicules électriques au Maroc, pour un montant de 6,4 milliards $.

Les principales économies qui investissent sur le continent, en termes de stock d’IDE, sont le Royaume des Pays-Bas, la France, les États-Unis, le Royaume-Uni et la Chine.

@AB

Écrit par
Aude Darc

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