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Analyse et Opinion

Le manque d’accès fiable à l’électricité préoccupe les Africains

Le manque d’accès fiable à l’électricité préoccupe les Africains
  • Publiéavril 22, 2024

En Afrique subsaharienne, les progrès de l’électrification demeurent lents et inégaux, laissant de larges franges de la population, en particulier les ménages ruraux et pauvres, sans accès à l’électricité.

 

On le sait, quelque 567 millions de personnes en Afrique subsaharienne n’avaient pas accès à l’électricité en 2021, à peu près le même nombre que dix ans plus tôt. La pandémie de Covid-19 n’a fait qu’inverser certains progrès en matière d’accès et a mis en évidence le fait que la majorité des établissements sanitaires ne disposent pas d’une électricité fiable.

Si les sources d’énergie renouvelables hors réseau prennent de l’importance, les investissements sont limités et insuffisants pour atteindre les indicateurs des Objectifs de développement durable, rappelle la Banque mondiale.

Tel est le prélude du compte rendu d’une série d’enquêtes conduites par Afrobarometer dans 39 pays africains. « Elles révèlent que les progrès de l’électrification demeurent lents et inégaux, laissant de larges franges de la population – en particulier les ménages ruraux et pauvres –, sans accès à l’électricité », résume l’institut de sondages.

Les priorités des Africains. Réponses à la question : « À votre avis, quels sont les problèmes les plus importants auxquels le pays fait face et auxquels le gouvernement devrait s’attaquer ? », (Jusqu’à trois réponses par personne). Source Afrobarometer.
Les priorités des Africains. Réponses à la question : « À votre avis, quels sont les problèmes les plus importants auxquels le pays fait face et auxquels le gouvernement devrait s’attaquer ? » (Jusqu’à trois réponses par personne). Source Afrobarometer.

 

Les expériences varient considérablement d’un pays à l’autre, mais en moyenne, moins de la moitié des ménages bénéficient d’un approvisionnement fiable en électricité, et une majorité de citoyens sont insatisfaits des performances de leur gouvernement en la matière.

Quelques résultats clefs se dégagent : en moyenne, à travers ces 39 pays, 68% des Africains vivent dans des zones de dénombrement desservies par un réseau électrique, allant de 29% à Madagascar à 100% en Tunisie et aux Seychelles. Les résidents ruraux (44%) et les citoyens les plus pauvres (56%) sont beaucoup moins susceptibles d’avoir accès à un réseau électrique que leurs concitoyens urbains (94%) et nantis (91%).

 

Les États peuvent mieux faire

À travers trente pays sondés régulièrement au cours de la dernière décennie, la proportion des zones de dénombrement équipées d’un réseau électrique s’est accrue de quatre points de pourcentage. En matière de raccordement, six ménages africains sur dix sont effectivement raccordés à un réseau électrique public. Les citoyens des Seychelles et de Maurice bénéficient d’une couverture universelle, tandis que moins d’un quart des ménages sont connectés à Madagascar (22%) et au Malawi (17%).

Là encore, le raccordement est très défavorable aux ménages ruraux (35%, contre 86% dans les zones urbaines) et aux ménages pauvres (45%, contre 87% parmi les plus aisés).

Et en matière de fiabilité, seuls 44% des Africains bénéficient d’un approvisionnement en électricité qui est disponible « la plupart du temps » ou « tout le temps ». Une hausse que de 4 points sur les enquêtes comparables menées en 2014-2015.

Seulement environ un ménage sur dix au Malawi, 11% au Sierra Leone et 13% au Nigeria déclarent bénéficier d’un approvisionnement fiable en électricité.

On ne s’étonnera qu’à moitié que la fourniture d’électricité occupe la neuvième place des problèmes les plus importants auxquels les Africains souhaitent que leurs gouvernements s’attaquent. Pour autant, 44 % des Africains sont « satisfaits » des performances de leur gouvernement en matière de fourniture fiable d’électricité.

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En bref

Des Togolais inquiets

 

Afin de relever les défis inhérents au développement du pays, le Togo avait mis en œuvre, entre 2018 et 2022, son Plan national de développement, mais ce programme n’a pas pleinement atteint ses objectifs en raison de la crise sanitaire. Une nouvelle feuille de route quinquennale a été adoptée.

Interrogés à ce propos, les Togolais, à hauteur de 62 % d’entre eux, déplorent la situation économique actuelle de leur pays de même que leurs propres conditions de vie. La majorité d’entre eux font part d’une une pauvreté vécue « modérée ou aiguë ».

Pour la moitié des répondants, par exemple, la situation économique du pays a empiré par rapport à celle d’il y a 12 mois, mais 47 % estiment qu’elle sera meilleure dans les 12 mois à venir.

Sentiment des Togolais sur leurs propres conditions de vie, source Afrobarometer, avril 2024.
Sentiment des Togolais sur leurs propres conditions de vie, source Afrobarometer, avril 2024.

 

La majorité des citoyens togolais disent avoir manqué de revenus en espèces (92%), de soins médicaux (63%), d’eau potable (56%) et de nourriture (55%) au moins « quelques fois » pendant l’année écoulée. Et 78% des Togolais ont vécu en situation de pauvreté modérée (41%) ou élevée (37%) pendant l’année écoulée, d’après Afrobarometer.

Enfin, les citoyens désapprouvent la performance de leur gouvernement dans la stabilisation des prix (82% « plutôt mal » ou « très mal »), la création d’emplois (76%), la réduction du fossé entre les riches et les pauvres (75%), l’amélioration des conditions de vie des pauvres (72%), la gestion de l’économie (69%), l’amélioration des services de santé de base (56%) et la fourniture des services d’eau et assainissement (56%)

 

Photo au-dessus du titre : Taylor Weidman

@AB

Écrit par
Aude Darc

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