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Analyse et Opinion

Le délicat chiffrage du numérique

Le délicat chiffrage du numérique
  • Publiéjuin 11, 2024

Une étude réalisée au Togo détaille l’apport des outils numérique sur les entreprises, concluant que les PME ont davantage intérêt aux outils technologiques que les grandes structures.

 

La secrétaire générale de la Présidence du Togo, Sandra Ablamba Johnson, n’oublie pas qu’elle vient du monde universitaire. Elle ajoute sa signature à deux articles scientifiques, la première relative à l’importance des technologies numériques, l’autre consacrée au niveau de vie des ménages togolais. Pour y rechercher, à chaque fois, des implications en matière d’instruction publique. L’exemple du Togo peut être extrapolé au reste du continent, considère l’économiste du développement, qui appelle sur les réseaux sociaux aux contributions de chacun.

Face à ces constats, les auteurs recommandent aux décideurs politiques d’accroître les investissements dans le capital humain, particulièrement en matière d’éducation et d’accès aux services de santé.

Les résultats de la première étude montrent qu’il existe des différences en termes d’impact dans l’adoption des technologies numériques entre les catégories d’entreprises. L’adoption des technologies numériques étant positivement liée au chiffre d’affaires dans toutes les entreprises, elle a un impact plus important sur les PME que sur les grandes entreprises. L’impact est plus important dans les entreprises impliquées dans le commerce extérieur.

De plus, ces résultats suggèrent certaines implications politiques. Le concept fondamental de la technologie numérique réside dans son « interconnectivité ». En tant que nouvelle infrastructure technologique, elle est devenue une composante essentielle de la société et une condition nécessaire pour que les entreprises puissent s’engager dans des activités de commerce extérieur et les développer. « Par conséquent, il est urgent de maintenir les progrès observés ces dernières années en ce qui concerne les réformes visant à améliorer l’environnement des entreprises », considère la note publiée par la ministre.

Un aspect important de ces réformes est la numérisation des services publics, qui constitue un élément de la feuille de route du gouvernement. « En outre, il est essentiel que les entreprises s’efforcent activement d’améliorer leurs niveaux de transformation numérique et d’exploiter pleinement le potentiel de la technologie numérique. Ce faisant, elles peuvent favoriser une productivité accrue et une gestion plus efficace, ce qui se traduit par une réduction simultanée des coûts opérationnels et des inefficacités internes. »

Sandra Ablamba Ahoéfavi Johnson, ministre, secrétaire générale de la Présidence du Togo.
Sandra Ablamba Ahoéfavi Johnson, ministre, secrétaire générale de la Présidence du Togo.

 

La chercheuse – ministre conclut sur le réseau « X » (ex Twitter) : « En modernisant ses infrastructures technologiques et en encourageant l’innovation numérique, le Togo a pu stabiliser son économie dans des périodes troubles. Cette transformation digitale a permis de diversifier les sources de revenus, de renforcer la gouvernance économique et de créer un environnement propice à l’amélioration du climat des affaires. »

 

De la sécurité alimentaire

La seconde étude conclut que 52% des ménages togolais bénéficient d’une situation de sécurité alimentaire totale, garantissant ainsi une alimentation saine et régulière. Chiffres qui ne masquent pas des disparités: 8,2 % des ménages sont en insécurité alimentaire totale. Ils sont confrontés à des carences sérieuses tant en qualité qu’en quantité de nourriture. Ces ménages, dont les dépenses annuelles par tête sont en deçà de 130 337 F.CFA (198,7 euros) sont vulnérables à la malnutrition et aux problèmes de santé, en raison d’une une alimentation inadéquate.

De plus, 4,7% des ménages togolais sont en insécurité alimentaire « transitoire ». En dépit de dépenses alimentaires suffisantes, ils consomment une alimentation qui manque de variété et de nutriments essentiels. Enfin, 35 % des ménages s’inscrivent dans une autre situation, ayant potentiellement accès à une alimentation de qualité mais n’ayant pas les conditions financières pour en acquérir en quantités suffisantes.

L’étude signale également des disparités géographiques, les ruraux étant mieux lotis que les urbains, en matière d’alimentation de qualité. Disparités également selon le niveau d’éducation. L’insécurité alimentaire augmentant à mesure que le niveau d’instruction du chef de famille est faible.

Face à ces constats, les auteurs recommandent aux décideurs politiques d’accroître les investissements dans le capital humain, particulièrement en matière d’éducation et d’accès aux services de santé. Une telle approche pourrait améliorer la sécurité alimentaire des ménages togolais, en offrant des solutions durables et adaptées aux besoins spécifiques des différentes régions et catégories de population. « Ces résultats interpellent les décideurs en termes d’accroissement des investissements dans le capital humain des ménages, notamment en matière d’éducation et d’accès aux services de santé », conclut l’étude.

@AB

 

Écrit par
Aude Darc

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