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Analyse et Opinion

Le commerce intra-africain, vecteur de croissance

Le commerce intra-africain, vecteur de croissance
  • Publiéjuin 13, 2024

Les économistes d’Afreximbank considèrent que le commerce intra-africain est largement sous-exploité. Ils font part des divergences quant aux effets du libre-échange sur l’environnement.

 

Le Rapport 2024 sur les perspectives économiques et commerciales en Afrique, publié par Afreximbank, prévoit que les économies africaines connaîtront une croissance moyenne de 3,8 % en 2024. Voilà un chiffre légèrement supérieur à la croissance mondiale attendue de 3,2 %, prélude à une croissance de 4 % en 2025. Le Rapport, intitulé Une Afrique résiliente : Assurer la croissance dans un monde en ébullition, fournit une analyse de l’environnement économique, de la structure des échanges, des scénarios d’endettement et des projections futures pour les économies africaines.

Yemi Kale, économiste en chef d’Afreximbank, considère que les défis mondiaux actuels ont sapé la performance du commerce africain, qui s’est contracté de 6,3 % en 2023 après avoir connu une croissance de 15,9 % en 2022, alors que le commerce intra-africain a augmenté de 3,2 % au cours de la même période.

Il fait remarquer : « Cette performance reflète la résilience de l’économie africaine et l’impact potentiel du marché unique de la ZLECAf (Zone de libre-échange continentale africaine) pour le continent en tant qu’outil de protection contre les chocs mondiaux » ; ajoutant : « Notre analyse du rapport a également fait ressortir un grand potentiel inexploité du commerce intra-africain, en particulier en ce qui concerne les machines, l’électricité, les véhicules à moteur et les produits alimentaires. »

Le rapport révèle également que les économies africaines sont confrontées à plusieurs risques de détérioration, notamment l’augmentation des niveaux de la dette souveraine et les risques de soutenabilité associés, l’exposition excessive aux chocs négatifs des termes de l’échange, l’escalade des tensions géopolitiques dans certains cas, les environnements politiques intérieurs volatils dans certains pays africains, les prix élevés des produits de base et les pressions inflationnistes, ainsi que l’insécurité alimentaire potentielle.

 

Quel impact sur le changement climatique ?

Pourtant, considèrent les économistes d’Afreximbank, les perspectives pour le continent africain en 2024 restent positives en dépit de l’environnement économique difficile de 2023. La plupart des indicateurs macroéconomiques devraient connaître une amélioration en 2024 et 2025. La croissance du continent devrait être supérieure à la moyenne mondiale et, bien que l’inflation soit actuellement élevée, elle devrait diminuer, cette tendance à la baisse se poursuivant en 2025.

Revenant sur la ZLECAf, Yemi Kale estime que le libre-échange offre une voie pour atteindre les objectifs de développement des nations africaines tout en répondant aux préoccupations liées au changement climatique. Si les avantages de la ZLECAf sont visibles, juge-t-il, le débat sur son impact sur le changement climatique est toujours en cours. Et de rappeler le débat : « Un groupe pense que l’urbanisation et l’industrialisation accrues conjuguées à la ZLECAf aggraveront les émissions de carbone, et le second groupe estime qu’en mettant l’accent sur le commerce intra-africain et en réduisant le commerce extra-africain, les émissions de carbone seront éliminées grâce à la réduction des distances d’expédition. »

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En bref

Une facilité de prêt auprès de créanciers asiatiques

 

La branche britannique de Industrial and Commercial Bank of China Limited (ICBC) et Standard Chartered Bank (SCB) ont conclu avec succès une facilité de prêt à terme syndiquée à deux tranches d’un montant de 500 000 000 dollars en faveur d’Afreximbank.

ICBC et SCB ont agi en tant que coordinateurs, arrangeurs principaux mandatés initiaux et teneurs de livres pour la facilité, qui a été syndiquée exclusivement auprès des prêteurs asiatiques. ICBC a été l’agent de documentation et SC a agi en tant qu’agent de la Facilité. Le produit de la Facilité sera utilisé par Afreximbank pour les besoins généraux de l’entreprise.

La facilité, initialement lancée pour un montant de 400 millions $, a été « très bien accueillie » lors de la syndication, avec une sursouscription substantielle de la part de 12 banques au total, précise la banque du commerce. Le montant de la facilité a ensuite été porté à 500 millions $, tout en réduisant le nombre de prêteurs.

Se félicitant de la clôture de la Facilité, Denys Denya, vice-président exécutif d’Afreximbank, a déclaré que le succès de la transaction reflétait l’importance des investisseurs régionaux d’Asie dans les programmes de collecte de fonds d’Afreximbank. Il a souligné que l’accord témoigne des liens étroits en matière de commerce et d’investissement entre l’Asie et le continent africain au sens large.

@AB

Écrit par
Kimberley Adams

1 Commentaire

  • Nous pensons que l’aggravation des émissions de carbone en Afrique surtout subsahélienne est davantage liée à la vétusté du parc automobile, d’engins roulants en général qui ne fonctionnent pas à l’électricité, bien évidemment ; en effet, si nous prenons le cas des pays d’Afrique Centrale, et du Cameroun en particulier, les camions assurant le transport des marchandises inter-Etats sont des véhicules importés, de seconde main, parfois surannées, qui polluent considérablement l’environnement.
    Le transport maritime entre les pays dotés d’un port devrait à notre avis, connaitre une grande croissance.
    La ZLECAf devient une impérieuse nécessité pour le développement du continent. Il appartient aux Etats membres de trouver des solutions pour répondre à la problématique des changements climatiques liés à son avènement.

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