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Analyse et Opinion

La Côte d’Ivoire, un modèle budgétaire

La Côte d’Ivoire, un modèle budgétaire
  • Publiéfévrier 1, 2024

Les analystes d’Attijari Global Research soulignent combien la Côte d’Ivoire sait mobiliser davantage de recettes, réduire les dépenses courantes, sans entraver les nécessaires investissements.

 

En 2023, l’économie ivoirienne a réussi à maintenir un rythme de croissance très soutenu, autour de 7% en dépit des défis conjoncturels. Le contexte géopolitique mondial tendu, les enjeux sécuritaires en Afrique de l’Ouest ou encore les conditions climatiques peu favorables n’ont que peu d’incidence sur la trajectoire impressionnante de croissance du pays.

La Côte d’Ivoire peut donc sensiblement réduire son déficit budgétaire sans pénaliser les investissements. Seul point « gris », l’effort budgétaire ne se traduit pas, pour le moment, par une réduction de la dette publique, en raison de la hausse des taux d’intérêt.

« Le bilan des réalisations de la Loi de Finances 2023 est satisfaisant tant sur le plan de la croissance que sur la réalisation des projections d’investissement », saluent les analystes d’Attijari Global Research. À l’avenir, préviennent-ils, l’exécutif est appelé à un « monitoring serré » du budget pour éviter un nouveau glissement du déficit budgétaire.

Certes, l’État garde des marges de manœuvre pour l’investissement public, lequel « serait de nouveau d’un grand appui à la croissance économique ». La bonne tenue de la consommation des ménages (+4% en 2024) appuierait la tendance, permise par un ralentissement de la pression inflationniste.

Les secteurs traditionnels des BTP, de l’énergie et de la manufacture devraient soutenir la croissance de la Côte d’Ivoire autour de 7%, pronostiquent les analystes qui jugent que la baisse de production du secteur primaire ne se renouvellera pas cette année.

Quelques satisfecit en matière budgétaire. Les recettes pourraient augmenter de 10,4% en 2024, ce qui témoigne de la capacité à tirer des ressources. Si les dépenses d’investissement augmentent en parallèle de 14%, un déficit budgétaire ramené à 4,1% du PIB constitue « un signe précurseur de la réelle volonté de se conformer au seuil communautaire ».

Les analystes supposent que le gouvernement ivoirien souhaite encadrer les niches fiscales, durcir les contrôles et s’aligner sur les règles de l’UEMOA. « Ceci va dans le sens du rehaussement des recettes et de l’instauration d’un esprit d’équité fiscale. »

 

Surperformance en Afrique subsaharienne

En 2024, ni le contexte sécuritaire en Afrique de l’Ouest, ni les tensions géopolitiques à l’international n’ont d’incidence significative sur l’économie ivoirienne, constate Attijari Global Research. L’économie puise sa croissance sur des piliers solides : le BTP, l’Énergie, l’industrie manufacturière, l’agroalimentaire et les services de télécoms, transports, commerce. La demande intérieure reste donc un solide moteur ; en revanche le commerce extérieur (voir graphique) n’est pas son principal appui.

Les composantes de la croissance 2024

« En tout cas, la Côte d’Ivoire continue de surperformer la croissance de l’Afrique subsaharienne, dont la performance devrait s’améliorer à 4,1% en 2024 après 3,5% en 2023 », résument les experts. Bien sûr, il reste quelques facteurs de risque, qui échappent à la décision publique (tensions sécuritaires, croissance mondiale ralentie, climat, etc.).

En matière budgétaire, donc, les analystes saluent « une réelle volonté de réduire la voilure » : la loi de Finances fait apparaître une hausse de 10,4% des recettes et une augmentation de 4,6% des dépenses et prêts nets.

La meilleure capacité de mobilisation des recettes repose sur une hausse des recettes d’impôt (hors pétrole) permise par la croissance économique et par l’élargissement de la base des contribuables : davantage de PME sont assujetties à la TVA. Progressivement, la taxation des produits pétroliers fait son effet, de même que les efforts de recouvrement des arriérés d’impôts, notamment par un dispositif de digitalisation et d’amélioration du contrôle. Enfin, l’État a supprimé quelques exonérations de TVA.

La Côte d’Ivoire peut donc sensiblement réduire son déficit budgétaire sans pénaliser les investissements. Seul point « gris », l’effort budgétaire ne se traduit pas, pour le moment, par une réduction de la dette publique, en raison de la hausse des taux d’intérêt.

Quoi qu’il en soit, à l’échelle communautaire, la Côte d’Ivoire représente un membre « modèle » avec cinq indicateurs sur six conformes aux critères de convergence, le sixième étant le déficit budgétaire qui se dirige vers un niveau cible de 3,0%.

@AB 

Écrit par
Laurent Soucaille

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