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Analyse et Opinion

La bonne santé de l’industrie hôtelière

La bonne santé de l’industrie hôtelière
  • Publiéavril 12, 2024

Les projets de chambres d’hôtels des grandes enseignes et de leurs franchisés ont augmenté de 9,1% en un an. L’Égypte, le Maroc, le Nigeria, l’Éthiopie et le Cap-Vert se distinguent.

 

Le pipeline de projets des chaînes hôtelières africaines compte désormais 524 hôtels et 92 193 chambres, soit 9,1 % de plus en un an. Précisément des hausses de 9% en Afrique subsaharienne et de 9,4% en Afrique du Nord. Tel est le constat, plutôt encourageant, du 16e rapport les projets de développement des chaînes hôtelières en Afrique publié par Hospitality Group.

Les auteurs se livrent à un « calcul simple » : Ils recensent 44 nouveaux hôtels potentiels par pays en Afrique du Nord et huit par pays en Afrique subsaharienne. Les deux régions ont leurs « géants » : l’Égypte et le Maroc en Afrique du Nord, le Nigeria, l’Éthiopie, le Cap-Vert, l’Afrique du Sud et le Kenya en Afrique subsaharienne.

Ce rapport a été compilé à partir des données sur les contrats signés fournies au début de l’année 2024 par 47 chaînes hôtelières africaines et internationales.

Les chaînes hôtelières ont signé des accords dans 41 pays d’Afrique ; l’Afrique de l’Ouest est en tête avec 14 pays (sur un total de 18), suivie par l’Afrique australe et l’Afrique de l’Est où 11 pays sont en cours de développement.

La répartition régionale a très peu évolué au cours des trois dernières années, l’Afrique de l’Ouest continuant à dominer, notamment en raison du plus grand nombre de pays qu’elle compte.

Jusqu’à présent, les troubles politiques dans les pays sahéliens n’ont pas eu d’impact sur les signatures dans le reste de la région (le Nigeria et le Ghana étant les plus importants), « mais il reste à vérifier un éventuel effet de contagion sur les ouvertures », préviennent les auteurs.

Le nombre de chambres dans le pipeline a légèrement diminué en Afrique de l’Est, une région qui affichait auparavant de bons résultats ; l’Éthiopie et l’Ouganda sont en légère baisse par rapport à l’année dernière.

Treize pays d’Afrique n’apparaissent pas dans cette analyse, car ils n’ont aucune chaîne d’hôtels en projet ; il s’agit en général des plus petits pays du continent, ainsi que la Libye et le Soudan, pour les raisons que l’on devine.

 

Les atouts de l’Égypte

L’Égypte domine chaque année le pipeline africain, avec près de 26 250 chambres dans 109 hôtels cette année ; « le pays a plusieurs longueurs d’avance, avec plus de trois fois le nombre de chambres au Nigeria (deuxième) et au Maroc (troisième) ». Avec la poursuite des signatures (19 hôtels avec environ 5 200 chambres en 2023), l’Égypte représente désormais 28 % de l’ensemble du pipeline.

City Blue, Le Mirage à Nairobi (Kenya).
City Blue, Le Mirage à Nairobi (Kenya).

« Pourquoi l’Égypte ? Parce qu’elle présente de nombreux atouts pour le développement et l’exploitation d’hôtels. Un grand pays, de nombreuses villes et stations balnéaires (y compris le Nouveau Caire), une économie importante, une industrie touristique bien établie à proximité des marchés d’origine en Europe et au Moyen-Orient, plusieurs aéroports et un trafic aérien important, la disponibilité de financements nationaux pour le développement hôtelier, pour n’en citer que quelques-uns. »

À court terme, ce tableau est terni par le conflit en Méditerranée orientale et dans la mer Rouge, « mais l’histoire nous apprend que le pays a la capacité de se remettre rapidement de tels impacts externes et, dans tous les cas, ce sont les voyages qui subissent le poids de la guerre et du terrorisme, et non la signature ou le développement », juge le rapport.

Le Nigeria, le Maroc et l’Éthiopie sont également de grands pays (géographie et population), ce qui signifie que, par rapport à plusieurs de leurs voisins plus petits, ils comptent beaucoup d’emplacements pour le développement hôtelier. Dans les données de cette année, les analystes comptent seize sites différents en Égypte avec des hôtels en cours de construction, douze au Maroc, onze au Nigeria et dix en Éthiopie.

 

Davantage de « complexes hôteliers » dans les lieux de vacances

Le Nigeria se hisse à la deuxième place cette année, avec neuf nouveaux contrats signés en 2023, – essentiellement à Lagos –, par Hilton et Radisson (trois chacun), Marriott International (deux) et Leva Hotels (un). Dix contrats ont été signés l’année dernière au Maroc, par Hilton (quatre), Marriott International (trois), The Ascott (deux) et TUI Hotels & Resorts (un). La plupart des contrats ont été conclus dans trois villes, à savoir Casablanca, Rabat et Marrakech.

Les projets en cours augmentent dans ces pays, mais pas les hôtels en exploitation. Les auteurs n’ont recensé que deux ouvertures d’hôtels de chaîne en Égypte et quatre au Maroc, aucune au Nigeria et une seule en Éthiopie.

De son côté, le Cap-Vert détient les hôtels les plus grands, en moyenne. En attendant la mise en service du complexe hôtelier Rixos, à Sharm El Sheikh, qui comptera plus de 1 800 chambres. Au total, la station égyptienne devrait accueillir 3000 chambres en 2025, tandis que le grand Caire comptera de nombreuses ouvertures à horizon 2026. La tendance est également à la construction de resorts dans les centres de villégiature.

D’autre part, les coûts de construction ont augmenté globalement, « parallèlement à l’inflation générale, aux taux d’intérêt et aux facteurs géopolitiques qui ont réduit la disponibilité des financements ».

Le Club Med de Ouidah au Bénin.
Le Club Med de Ouidah au Bénin.

 

@AB

Écrit par
Laurent Soucaille

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