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Analyse et Opinion

IDE: le temps de l’Afrique

Certes, les pays africains attirent peu d’investissements étrangers. Mais il faut aller au-delà des chiffres en apparence peu flatteurs. De grands acteurs occidentaux se positionnent et les Africains eux-mêmes s’intéressent davantage à leur continent. Le temps de l’Afrique.

En première analyse, les derniers chiffres des Investissements directs étrangers (IDE) dans le monde, et singulièrement en Afrique, semblent terriblement médiocres pour le continent, moins de 60 milliards $ par an encore et toujours… Mais en regardant ces chiffres de près, on y trouve des tendances qui présentent un intérêt certain. La première de ces tendances est l’émergence assez nette d’une Afrique qui s’aventure à l’étranger : les Africains avaient investi hors de leurs frontières un peu moins de 5 milliards $ en 2008, en grande partie du fait des Nord-africains ; le chiffre a été multiplié par plus de deux en 2013 et, cette fois-ci, surtout du fait des Subsahariens, Sud-africains en tête.

Gageons qu’en s’introduisant de plus en plus dans les marchés boursiers occidentaux, les multinationales des anciens « pays pauvres » prendront aussi la place de leurs concurrentes occidentales en tête des classements par capitalisation…

Concernant les investissements réalisés par des Africains dans d’autres pays africains : bien qu’il s’agisse de stocks et non de flux annuels, on voit que l’argent africain représente une part non négligeable des IDE entrant en Afrique. Certains pays, tels la Namibie ou le Togo, ne pourraient d’ailleurs pas se passer de ces IDE d’origine africaine. Et, globalement, nous assistons bien au démarrage assez vif des investissements interafricains.

Assez vifs car les chiffres de la Cnuced n’intègrent bien évidemment pas le domaine informel qui, là aussi, est probablement important. Ainsi, les Nigérians ont investi officiellement à l’étranger quelque 1,2 milliard $ en 2013, alors qu’ils en ont reçu plus de 5,6 milliards. L’Angola, autre exemple extrême, a connu un désinvestissement étranger global en 2013, moins 4,3 milliards $. Et il a engagé pour plus de 2 milliards d’investissements à l’étranger ! Bien entendu, l’Afrique du Sud se taille la part du lion, avec 5,6 milliards $ d’IDE « sortants » pour 8,2 milliards $ « entrants ». Les investissements sont de toutes sortes, tant en Afrique (mines, téléphonie et banques notamment) que hors d’Afrique (avec, par exemple, les investissements des multinationales sud-africaines). Une deuxième tendance semble être l’éveil de l’intérêt pour l’Afrique des investisseurs non africains. Le tableau 3 recense le nombre de greenfield projects réalisés au cours de deux périodes clé – avant et après la crise de 2008 – sous forme d’IDE. Il faut savoir deux choses.

Retour de la BPCE

Premièrement, les IDE recouvrent deux sortes d’investissements : les fusions et acquisitions d’entreprises transfrontalières, ainsi que ces fameux greenfield projects ou créations nettes d’entreprise. Deuxièmement, d’une période à l’autre, deux régions seulement ont vu croître le nombre de ces grands projets, l’Inde (6 contre 4 auparavant) et, surtout, l’Afrique (18 contre 10).

Quand on voit la taille de ces projets et l’impact qu’ils ont sur les économies hôtes, il y a là de quoi se réjouir ! Voyons l’Amérique latine, concurrente directe de l’Afrique au niveau des types de projets (qui vont de la création d’une industrie complète, type aluminium au Mozambique – période d’avant la crise de 2008 – à la création d’une filière de poulets comme celle du Brésil).

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