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Analyse et Opinion

Opinion : Pour en finir avec l’afro-pessimisme

  • Publiéjuin 4, 2017

Des chiffres supérieurs à ce qui est observé du côté des denrées tropicales, principalement exportées par les pays africains en sus du pétrole et des minerais : là, on enregistre un simple triplement. On le confirme : il n’y a pas effondrement ces dernières années et les exportations ont rapporté toujours nettement plus qu’en 1990 !

Matières premières : pas de panique

La croissance africaine est donc loin d’être cassée par le soi-disant effondrement du prix des matières premières. Et, ce, contrairement aux affirmations de certaines grandes banques qui ont mis en avant des « cycles » de prix pour annoncer une baisse durable desdits prix. Il y a ralentissement de la croissance en Chine, certes, et poursuite de la stagnation en Occident.

Donc tassement des prix tant des produits dits « de base » que des matières premières industrielles. Si vous regardez les prix payés par les Français, vous voyez toutefois que ce tassement n’est pas catastrophique pour les exportateurs.

Même en ce qui concerne le pétrole : car à 100 dollars le baril, l’offshore profond et le gaz de schiste deviennent rentables. À 50 dollars, prix tout de même 3,5 fois plus élevé qu’en 1990, cette rentabilité est moins évidente et la production est plus aisée à contrôler par l’OPEP.

 Investir avant de répartir

L’effondrement économique de l’Afrique est donc une chimère. Qu’en est-il de sa croissance politique et sociale ? Là encore, les oiseaux de mauvais augure mentent : il y a bien deux phénomènes terroristes au Sahel et en Afrique centrale.

Phénomènes, il ne faut pas l’oublier, dus aux armes fournies abondamment par l’Europe et singulièrement la France tant à l’armée régulière libyenne qu’aux forces rebelles que les Occidentaux ont grandement aidées à gagner.

Mais les terribles guerres congolaises sont pratiquement terminées et la RD Congo, par exemple, enregistre une forte croissance économique. Idem en Afrique du Nord où le Printemps arabe est derrière : la zone retrouve des indices au vert.

Quant à l’Afrique australe que les Cassandre annoncent pratiquement en guerre civile, on observe que le Zimbabwe d’une part a remboursé la Banque mondiale jusqu’au dernier centime, tandis que le pays a renoué avec une croissance forte.

Et que, d’autre part, il n’y a pas de meurtres en série de fermiers blancs en Afrique du Sud : c’est un mensonge issu, là, des milieux européens d’extrême droite pour dénigrer le pays le plus puissant du continent et ses dirigeants aujourd’hui noirs. Il existe des tensions, certes, qu’il faudra bien apaiser en donnant des terres aux Noirs.

Mais on est loin de la guerre civile. Bien entendu, la période actuelle de constitution du capital économique africain est lui aussi porteur de tensions : tout comme dans l’Europe du xixe siècle, il faut investir avant de répartir et les inégalités accompagnent toujours ces nécessaires capitalisations.

Voyez la Chine ! Voyez la Corée du Sud ! L’Afrique n’échappe pas et n’échappera pas au phénomène. Ce qui est important est qu’on compte aujourd’hui de plus en plus d’entrepreneurs africains, le plus fort taux d’ailleurs dans le monde.

Reste la démocratie que l’Occident a voulu imposer à toute allure à tous les pays sans exception. Malheureusement, les phénomènes religieux et ethniques s’opposent à une totale et rapide démocratisation du continent.

Là encore les Occidentaux ont attisé les flammes de cette violence. Qui sait en France que la petite, mais très riche, Guinée Équatoriale est dirigée comme un conseil de famille ? Ça n’a rien à voir avec la démocratie représentative, certes, mais quand on voit comment se comporte cette démocratie représentative occidentale, ça la vaut sans doute ?

Comment comprendre ce monde quand on condamne le président Robert Mugabe (Zimbabwe) sans réfléchir, sans rien connaître de son histoire et de l’histoire de son pays ? Parler des accords de Lancaster House foulés aux pieds par Tony Blair n’entraîne qu’ennuis et incompréhensions au nord de la Méditerranée !

Il s’agit essentiellement de la énième rupture de traités internationaux de la part des Anglo-saxons. Bref, on voit que l’Occident a bel et bien ouvert la boîte de Pandore avec sa promotion de la démocratie représentative en Afrique.

Qui va devoir digérer très longtemps encore ce « cadeau »: c’est probablement le seul bémol qu’on puisse avancer contre ce continent en pleine et très rapide mutation. N’oublions pas en effet que la stabilité politique, bien plus que la démocratie, est un gage de développement comme le prouve incontestablement l’envol économique occidental au xixe siècle.

Écrit par
ade

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