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Analyse et Opinion

Djibouti doit réduire les coûts d’électricité et de télécoms

Djibouti doit réduire les coûts d’électricité et de télécoms
  • Publiéfévrier 2, 2024

Afin de bénéficier pleinement de son potentiel économique, Djibouti doit prendre quelques mesures structurelles. La réduction de certains coûts stimulerait la croissance et l’emploi, selon la Banque mondiale.

 

Djibouti a connu une croissance économique soutenue au cours des deux dernières décennies, grâce à des investissements stratégiques dans les infrastructures, à sa situation géographique avantageuse et à la stabilité politique dans une région instable. Avec une croissance annuelle moyenne du PIB de 4,4 % entre 2000 et 2021, le PIB réel par habitant a plus que doublé, dépassant les 3 200 dollars en 2021.

Si ces gains se sont traduits par de solides progrès dans la réduction de la pauvreté, qui est passée de 22,3 % en 2013 à 17 % en 2019, il reste encore beaucoup à faire pour que les bénéfices soient partagés par tous les segments de la société, juge un rapport de la Banque mondiale.

Dans un esprit d’ouverture au secteur privé, la Banque mondiale recommande une réforme de la microfinance par la restructuration des Caisses populaires d’épargne et de crédit et d’ouvrir le secteur aux institutions de microfinance privées.

Pour autant, le document, « Djibouti Beyond the Ports and Bases : A Path to Prosperity for All » (Djibouti au-delà des ports et des bases : une voie vers la prospérité pour tous), souligne le potentiel économique du pays. Pour atteindre ce potentiel, Djibouti doit faire face à de nombreux défis économiques, notamment un marché intérieur limité, des coûts d’exploitation élevés dans les secteurs de l’électricité et des télécommunications, une diversification économique limitée et le défi croissant du changement climatique.

Le rapport souligne l’approche proactive du gouvernement pour relever ces défis grâce à la « Vision Djibouti 2035 » et au Plan national de développement (PND) pour 2020-2024. Reconnaissant le potentiel de croissance supplémentaire, « le gouvernement a recalibré sa stratégie de développement pour promouvoir les défis structurels en matière d’inclusion sociale, de développement durable, d’infrastructure et de gouvernance ».

 

« Djibouti est dans une position unique, avec des atouts qui peuvent être exploités pour étendre son marché et attirer les investisseurs privés internationaux », résume Stéphane Guimbert, de la Banque mondiale. « Alors que Djibouti entre dans sa prochaine phase de développement, il est essentiel que le secteur privé soit le moteur de la croissance et que les bénéfices de la croissance soient partagés par tous les segments de la société, en particulier les femmes et les jeunes. »

 

Élargir la marge de manœuvre budgétaire

Le rapport propose des recommandations politiques qui permettraient d’accroître les possibilités d’emploi et de réduire la pauvreté. En particulier, la réduction des coûts de l’électricité et des télécommunications pourrait accroître le PIB réel de 39,1 % d’ici à 2030, créer 23 000 emplois et augmenter considérablement le revenu des ménages tout en réduisant la pauvreté.

Le rapport suggère des investissements ciblés dans le capital humain, notamment en élargissant l’accès à une éducation de qualité, en promouvant la santé et l’alphabétisation des adultes, et en développant des compétences utiles à l’emploi, en particulier dans les secteurs à forte intensité de main-d’œuvre tels que le tourisme et l’industrie manufacturière. Sans oublier le soutien aux nouvelles technologies et le recours plus systématique aux partenariats public-privé.

« Ces efforts amélioreront les résultats du marché du travail de Djibouti et soutiendront un nouveau modèle de croissance qui profitera à tous les Djiboutiens, en particulier aux femmes et aux jeunes », explique la Banque mondiale dans la présentation de son rapport.

L’amélioration de l’efficacité et de la gouvernance globale des entreprises publiques constitue également une étape essentielle dans la création d’un environnement propice aux affaires. Le rapport souligne la nécessité de renforcer les réglementations et les pratiques en matière de concurrence afin d’attirer davantage d’investissements étrangers et de créer des incitations au développement des entreprises locales. Le renforcement de la surveillance financière contribuera à atténuer les risques budgétaires associés aux entreprises publiques.

Et la BM de suggérer, par exemple, d’améliorer la mobilisation des recettes intérieures « en rationalisant les dépenses fiscales, en encourageant le respect des obligations fiscales et en améliorant l’administration fiscale ». Djibouti serait également bien inspirée en rationalisant les subventions non ciblées « afin de créer une plus grande marge de manœuvre budgétaire ».

Dans un esprit d’ouverture au secteur privé, la Banque mondiale recommande une réforme de la microfinance par la restructuration des CPEC (Caisses populaires d’épargne et de crédit) et d’ouvrir le secteur aux institutions de microfinance privées.

Toujours au chapitre financier, il s’agirait d’exploiter davantage les mécanismes de partage des risques (fonds de garantie des crédits) en diversifiant les produits, en augmentant la couverture afin d’accroître le financement du secteur privé, en particulier des PME, développer des programmes de formation adaptés au marché en partenariat avec des entités du secteur privé.

Cela irait de pair avec le soutien à la finance islamique, en incluant cette dernière dans les mécanismes de partage des risques. Et irait de pair avec un renforcement des capacités institutionnelles de la Banque centrale.

@AB 

Écrit par
Aude Darc

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