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Analyse et Opinion

Comment préserver la forêt algérienne

Comment préserver la forêt algérienne
  • Publiénovembre 24, 2023

Réputée pour ses déserts, l’Algérie comporte pourtant de nombreuses zones forestières. Et comme dans d’autres pays, sa forêt souffre, à la fois en raison du dérèglement climatique et de la mauvaise exploitation des sols.

 

Les incendies consomment en moyenne 20 000 hectares de forêt chaque année en Algérie. Car les forêts algériennes, qui couvrent environ 4,1 millions d’hectares, sont principalement composées par le pin d’Alep (68 %) et le chêne-liège (21 %).

Un rapport des autorités algériennes, rédigé avec l’appui de la Banque mondiale, dresse un bilan de la situation. Au-delà, ce rapport trilingue, Note sur les forêts algériennes : gestion durable des forêts pour lutter contre les feux de forêts, aborde les enjeux cruciaux de la gestion forestière en Algérie et identifie les principaux axes d’intervention pour renforcer la durabilité et la résilience climatique des ressources forestières du pays.

Il faut remettre l’aménagement forestier et l’analyse du risque de feux de forêt au cœur des processus d’intervention du secteur en veillant à une implication forte des populations dans les processus.

Le rapport met en avant cinq axes cruciaux pour la gestion durable des forêts et la lutte contre les incendies, à travers une collaboration étroite entre institutions gouvernementales, société civile, communautés locales et parties prenantes. La priorité est d’assurer des ressources financières et investissements pérennes dans le secteur forestier. De plus, le rapport insiste sur l’importance de placer la gestion durable des forêts et l’analyse des risques d’incendies au cœur des interventions, avec la participation active des communautés. 

Photo : Sandrine Jauffret, Banque mondiale
Photo : Sandrine Jauffret, Banque mondiale

Il souligne aussi le besoin d’améliorer la gouvernance par une clarification du cadre juridique et organisationnel en matière de gestion forestière et de feux de forêt. En outre, le rapport met l’accent sur une meilleure gestion de l’information grâce à une collaboration interinstitutionnelle renforcée. Enfin, il préconise de continuer à renforcer les capacités techniques du secteur pour assurer une gestion efficace des forêts et des incendies.

D’abord un bon point : « L’Algérie a toujours porté une attention particulière à la gestion durable des forêts pour favoriser la croissance économique, l’augmentation des moyens de subsistance des populations et la protection de l’environnement mondial, y compris la lutte contre le changement climatique, la conservation de la biodiversité et la lutte contre la dégradation des terres. »

 

Meilleure gouvernance

Pour autant, dans le souci de renforcer la gestion des forêts algériennes, qui n’ont pas pu bénéficier depuis plusieurs décennies d’études d’aménagements forestiers et de traitements sylvicoles réguliers, « la mise à jour des plans d’aménagement forestier est aujourd’hui considérée comme un impératif », reconnaît ce rapport. Impératif qui va de pair avec la gestion de l’information forestière et des feux de forêt.

Aussi le rapport recommande-t-il à l’Algérie de « réinvestir massivement dans le secteur forestier ». Ce qui passe par une analyse exhaustive de la situation. Il faut également, deuxième point, « remettre l’aménagement forestier et l’analyse du risque de feux de forêt au cœur des processus d’intervention du secteur en veillant à une implication forte des populations dans les processus ». Bien sûr, il faudra faire des choix et prioriser les aménagements à venir, toujours dans l’intérêt des populations, notamment des jeunes.

Algérie forêt rapport Banque mondiale, novembre 2023Ce qui suppose, troisième point, une amélioration de la gouvernance, des rouages de la prise de décision ; à cet égard, les organismes ne manquent pas… Voilà qui va de pair, quatrième point, avec une meilleure gestion de l’information forestière et des feux de forêt, de la collaboration interinstitutionnelle et de la communication. Et bien sûr, cinquième point, avec le renforcement des capacités techniques, matérielles et humaines ; ce, dès l’université.

« Ce rapport offre une feuille de route à l’Algérie pour une gestion durable de ses ressources forestières, la réduction des risques de feux de forêt et l’exploitation du potentiel des forêts pour une croissance plus verte, la création d’emplois et une meilleure résilience climatique », commente Kamel Braham, représentant de la Banque mondiale en Algérie,

Avis partagé par Djamel Touahria, directeur général des Forêts : « Les conclusions et recommandations du rapport sont en parfaite adéquation avec notre vision consignée dans la stratégie forestière à l’horizon 2035 et visant à promouvoir une gestion forestière durable, participative et respectueuse du climat, au bénéfice des moyens de subsistance locaux et de l’environnement. Cela s’aligne également avec la nouvelle loi forestière, qui va accompagner les changements économiques, sociaux et climatiques qui ont marqué notre pays. »

@AB

Écrit par
Aude Darc

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