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Analyse et Opinion

Changer l’image de marque

Quelques progrès, trop timides

Hélas, je suis persuadé que la quasi-totalité des médias occidentaux passeront cette information sous silence comme ils ont négligé le cas du Nigeria. Et on en arrive justement au noeud du problème, cette question des journalistes occidentaux. Une pure affaire d’image de marque en fait, car les médias donnent à leurs lecteurs, auditeurs et téléspectateurs ce qu’ils ont envie d’entendre.

Et là, reconnaissons que l’Afrique part de très loin : des siècles de razzia, de traite, puis de colonisation, ont donné une mauvaise image des Subsahariens tandis que les Arabo-Berbères souffrent, eux, de siècles d’opposition quasiment civilisationnelle avec l’Occident, et d’une décolonisation assez âpre qui laisse encore des traces aujourd’hui. Ajoutons à cela le radicalisme islamique, et l’on mesure l’inclinaison de la pente à remonter !

Certes, devant la difficulté, bon nombre d’Africains se tournent vers les pays émergents, BRICS en tête. Pourquoi pas ? Mais ces nouveaux pays développés, ou presque, ont-ils les moyens financiers suffisants pour, à eux seuls, fournir à l’Afrique les même ?

De fait, le commerce Sud-Sud est aujourd’hui supérieur en Afrique au commerce Sud-Nord et des liens sont tissés progressivement avec la Chine, le Brésil et l’Inde. Les Africains espèrent ainsi « titiller » les anciens colonisateurs, les obliger à se positionner eux aussi et à nouveau sur leur continent.

Ce qui commence à se passer, mais encore plus doucettement que ne progresse l’entente entre l’Afrique et les BRICS. Ici une banque recommence à « s’intéresser à l’Afrique », là, un constructeur automobile déplace une petite partie de sa production au Maghreb… dizaines de milliers d’usines qui lui sont nécessaires, vitales même ?

De fait, le commerce Sud-Sud est aujourd’hui supérieur en Afrique au commerce Sud-Nord et des liens sont tissés progressivement avec la Chine, le Brésil et l’Inde. Les Africains espèrent ainsi « titiller » les anciens colonisateurs, les obliger à se positionner eux aussi et à nouveau sur leur continent.

Ce qui commence à se passer, mais encore plus doucettement que ne progresse l’entente entre l’Afrique et les BRICS. Ici une banque recommence à « s’intéresser à l’Afrique », là, un constructeur automobile déplace une petite partie de sa production au Maghreb…

Aucune grande multinationale n’a encore, à ce jour, recréé en son sein un service Afrique digne de ce nom. Les cabinets d’avocats se contentent de recruter un jeune qui « ira sur place » rapporter des heures de facturation, les fabricants de biens de consommation très grand public imaginent d’exporter plus, pas de produire sur place, même les grands anciens restent dans l’expectative, tels les huiliers qui continuent à faire tourner en Afrique du matériel quasiment hors d’âge. Bref, et même si plein de signes avant-coureur existent, cela ne bouge pas encore comme il le faudrait.

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