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Analyse et Opinion

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Des critères de choix dépassés

Hélas, aucune de ces études ne dépassa dans les faits, quelles qu’en soient les prémisses mathématiques, le bon sens basique : « Lutter contre la corruption », par exemple. Pourtant, cette corruption existe dans de nombreux pays qui la subissent de manière au moins aussi importante que les pays africains : Inde, Brésil, Mexique… où les investisseurs étrangers ne craignent pas de s’engager en nombre. Ou bien encore « ne pas dilapider l’argent public ». Mais, là encore, l’étranger moyen n’en a cure du moment qu’il en profite !

« Avoir des comptes en équilibre », aussi. Cette condition était sans doute pertinente dans les années 1970 quand les pays du tiers-monde s’endettaient et, faute de prix internationaux suffisant de leurs produits d’exportation, avaient du mal à rembourser. Mais aujourd’hui ?

Après le formidable retournement, durable qui plus est, car échappant totalement à l’Occident, des termes de l’échange, plus aucun de ces pays ne manque réellement de moyens de paiement. L’endettement public moyen des pays africains n’excède pas le tiers de leurs PIB ! Contre près de 100 % en Occident…

Les grands organismes économiques internationaux mettent en avant les fameux « facteurs de production », plaçant au premier rang, bien sûr, les coûts salariaux faibles. Pourtant, ceux d’Afrique sont les plus bas du monde sans qu’ils ne semblent intéresser les multinationales. « L’importance des marchés » alors ?

Après tout, le continent compte aujourd’hui plus de 1 milliard d’habitants tandis que son PIB global de près de 4 000 milliards $, converti à 60 % en consommation des ménages, donne un marché de l’ordre de 2 400 milliards $. Cela n’est pas rien, mais est visiblement insuffisant aux yeux des grands patrons occidentaux.

Faut-il leur dire alors que les PIB africains sont largement sous-évalués ? Nous nous en sommes aperçus l’an passé avec le quasi-doublement de l’indicateur, au Nigeria. Passer d’un marché de 2 500 milliards $ à un marché de 4 300 milliards $, cela devrait aiguiser les convoitises, non ?

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