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Analyse et Opinion

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Comment convaincre les grands patrons occidentaux d’investir en Afrique ? Elle doit mieux évaluer ses richesses, son potentiel, pour en finir avec les clichés et les critères dépassés.

Les observateurs de l’Afrique savent qu’il ne manque qu’une seule chose à sa croissance : l’investissement étranger. Les Occidentaux restent les premiers investisseurs mondiaux ; s’ils ont perdu leur suprématie productiviste, ils demeurent les champions de la finance. Et force est bien aux Africains de continuer à essayer de convaincre ces vieux riches de venir tenter leur chance sur leur continent.

Théoriquement, l’Afrique pourrait se contenter d’afficher ses résultats. Le tableau ci-dessous fournit quelques indicateurs propres à retenir l’attention des investisseurs étrangers : n’importe quel détenteur de capitaux ou de technologie devrait prendre le premier avion pour une destination africaine de son choix !

Investir 100 $ en Afrique cette année permet, au pire, de retrouver 100 $ dans la poche quatre ans après, tout en gardant ses actifs africains ! Et, ce, avec la durée en perspective : tout est à faire ou presque sur le continent dont les indices de croissance, sans pratiquement d’argent extérieur, sont tous largement supérieurs à ceux de l’Occident. Ils se comparent même aujourd’hui avec les indices chinois…

Théoriquement… Car, dans les faits, les IDE (Investissements directs à l’étranger) font largement défaut à l’Afrique : autour de 50 milliards $ par an pour tout le continent, depuis des lustres, et une « aide » – constituée, aux trois quarts, de prêts – guère plus réjouissante.

D’autant que l’Afrique a davantage besoin d’investissements que d’aides. Elle doit impérativement donner du travail à ses enfants, donc disposer d’usines en grand nombre.

Alors, pourquoi cette défiance occidentale ? J’ai cherché un peu partout quelque étude qui expliquerait clairement aux dirigeants africains ce qu’ils peuvent faire pour surmonter cette défiance. Et je suis parfois tombé sur de véritables traités de mathématiques censés démontrer telle ou telle vérité, comme celle qui établit le lien entre la croissance et la lutte contre la recherche de rente par exemple.

Des études existaient bien avant que l’économiste Thomas Piketty ait avancé que lorsque le taux de croissance devient inférieur au taux de rendement du capital, alors les investisseurs ont tendance à se muer en rentiers de l’existant au détriment des salariés, pour conserver un rendement élevé.

Un jeune Tunisien de la faculté des Sciences économiques de Nabeul, Sofiane Toumi, a publié dès 2011 une thèse sur les IDE en Tunisie ; il y soulevait la nécessité de s’opposer à ce réflexe malsain et qui, visiblement, n’est pas étranger en terre africaine.

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