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Analyse et Opinion

Audace, solidarité et coopération internationale

Audace, solidarité et coopération internationale
  • PubliéAugust 16, 2022

Les méthodologies de ces agences ont fait l’objet d’un grand nombre de critiques dans la mesure où elles ne prennent pas en considération les spécificités des économies africaines et plus particulièrement leur potentiel de croissance future. Les notations des pays africains souvent basses ont des conséquences majeures sur le risque souverain africain et entrainent un accroissement important des coûts de la sortie sur les marchés de capitaux et de l’endettement.

Ces difficultés de discussion entre les pays africains et les agences de notation sont à l’origine de la demande exprimée par les pays africains pour mettre en place une agence de notation capable de prendre en considération les spécificités des économies africaines. Cette agence pourrait se baser sur l’acquis important de peer review effectué par l’APRM ainsi que l’expérience accumulée par les institutions africaines en matière d’évaluation du risque souverain notamment la Banque africaine de développement.

 

 La transformation

 Les faibles progrès en matière de transformation sont à l’origine de la fragilité des économies africaines et du faible potentiel de croissance.

Un consensus a été établi entre les grandes institutions africaines sur l’importance d’aider les pays africains de développer leurs stratégies de diversification. En même temps, la crise de la globalisation a ouvert d’importantes opportunités pour les pays africains dans la mesure où ils peuvent bénéficier de la régionalisation et des tentatives de création de chaînes de valeur régionale, pour développer leurs stratégies de diversification.

 

L’intégration régionale

L’intégration régionale a permis aux régions du monde en développement de résister aux chocs exogènes notamment en Asie. L’Afrique a réussi à constituer la zone d’intégration la plus importante dans le monde. Il est important que ce projet ne reste pas lettre morte et que les institutions africaines mettent l’accent sur l’exécution et sur le renforcement des échanges dans le cadre de cette zone d’intégration.

 

La reconstruction du contrat social 

Les différentes crises ont été à l’origine de l’essoufflement du contrat social postindépendance. La reconstruction de ce contrat sera déterminante pour assurer la stabilité des pays africains et pour renforcer la construction démocratique.

 

Ces recommandations reposent sur un constat de ce qu’est l’Afrique, en cet été 2022.

Les deux « chocs » Covid-19 et Ukraine, provoquant ralentissement de la croissance, voire récession en 2020, ont entraîné une grande dérive des grands équilibres macroéconomiques et le retour de l’inflation. Ils ont eu également des effets négatifs sur la dette souveraine des pays africains avec des difficultés à accéder aux financements extérieurs.

Les effets de ces deux chocs ne se sont pas limités aux aspects macroéconomiques mais ont également touchés les aspects structurels avec une baisse des investissements dont ceux en provenance de l’étranger. Et au-delà des conséquences économiques et financières, ces événements vont accroitre la pauvreté et la marginalité et faire reculer les progrès réalisés par le continent dans la réalisation des ODD (Objectifs de développement durable).

La croissance enregistrée depuis n’a pas été en mesure de réduire la faiblesse des économies africaines et sa transformation structurelle pour échapper au modèle rentier. Cette vulnérabilité de nos économies donne aux effets exogènes et aux chocs venus de l’extérieur une plus grande amplitude et des effets déstabilisateurs nettement plus marqués.

Écrit par
Hakim Ben Hammouda

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