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Analyse et Opinion

Afrique : Connaissez-vous la monazite ?

Un deuxième point est à relever : si les énergies fossiles sont peu à peu remplacées par de l’électricité, les besoins deviendront considérables. Des calculs ont été effectués en France à partir du parc de véhicules de 2014 devenant donc tout électrique : ce parc consommerait le tiers des capacités de production électrique du pays !

On a donc pensé aussi à l’hydrogène, car on commence à savoir le fabriquer par électrolyse et donc à des coûts énergétiques enfin intéressants (parce qu’inférieurs au rendement énergé­tique produit) d’une part, et ensuite, on sait aujourd’hui le stocker sous forme solide, un peu comme jadis on stocka la nitroglycérine liquide extrêmement instable et dangereuse sous la forme de bâtons de dynamite.

En effet, il n’était pas question auparavant d’imaginer même de multiplier les petits réservoirs d’hydro­gène liquide (en fait, de dihydrogène, H2), car constituant alors autant de bombes potentielles au pouvoir déflagrant plus important que celui d’explosifs classiques.

Peu d’alternatives rentables

Des inventeurs ont proposé aussi des moteurs « exotiques », tel le Français Guy Nègre et son moteur à air comprimé. Moteurs exotiques qui peuvent effec­tivement prendre le relais des moteurs classiques à explosion. Lesquels peuvent aussi fonctionner avec d’autres carburants que les hydrocarbures, telles les huiles alimentaires ou le méthane.

Pour l’ins­tant, ils n’ont pas vraiment été retenus par l’industrie mondiale, seule l’Inde ayant produit un véhicule à air comprimé (procédé Guy Nègre) et les carburants enrichis au méthane de biomasse « ayant vécu » : utiliser des terres agricoles pour d’autres usages que l’alimentation n’est plus considérée comme le nec plus ultra de l’écologie. Sans compter les coûts : même avec un pétrole à 80 dollars/baril, le litre d’huile ou le litre de méthane artificiel sera toujours plus cher. Et puis, cela ne règle pas le problème de l’électri­cité industrielle et domestique !

Pourquoi l’invention sino-américaine est si intéressante ? Pas seulement, parce qu’elle met de petites centrales à la portée de très nombreuses collectivités, mais aussi, parce qu’elle relance le nucléaire via un combustible nettement moins dange­reux. Bien évidemment, les antinucléaires sont montés au créneau.

Mais la seule parade qu’ils ont mise en avant est celle de la production (faible) d’uranium 232 à l’issue du processus énergétique. L’AIE (Agence internationale de l’énergie) a aussi relevé que l’uranium 233 permet­tait d’envisager la fabrication de petites bombes nucléaires, possibilité déjà présente avec l’uranium 235 bien plus dangereux. L’un comme l’autre, au terme d’une difficile opération d’enrichisse­ment : ces bombes ne sont pas encore à la portée de terroristes qui peuvent toutefois tenter de se procurer de l’uranium déjà enrichi.

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