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Analyse et Opinion

Afrique : Connaissez-vous la monazite ?

La demande pourrait croître

Venons-en à présent à la raison pour laquelle l’uranium 233 – et donc la monazite – réapparaît : tout bêtement, parce que des entreprises chinoises et américaines viennent de sortir des mini-réacteurs nucléaires à l’uranium 233. La technologie est suffisamment simple pour être industrialisée et les puissances annon­cées, de l’ordre de 300 MW, restent tout de même considérables.

Par comparaison, les réacteurs nucléaires actuels les plus performants produisent des puissances tournant autour de 1 500 MW. L’Inde avait commencé plus tôt, car disposant d’énormes réserves de thorium. Elle produit déjà presque industriellement de l’uranium 233 et s’est lancée dans la fabrication de réacteurs à eau lourde, un autre procédé qui permet d’utiliser l’ura­nium 233 dans de plus grands réacteurs. Mais à terme, elle vise la production de plutonium et le maintient de son objectif de 20 000 MW via de grandes centrales se rapprochant des centrales actuelles.

Ce que les Chinois et les Améri­cains ont fait est totalement différent, puisqu’ils mettent à la portée de tous une énergie nucléaire nettement moins critiquable que l’atome à l’uranium 235. Il y a donc fort à parier que, passé les premières années de rodage, la demande de thorium augmente considérablement. Alors et certes, on en trouve partout et la France, par exemple, serait autosuffisante avec un minerai qui affleure la surface et qu’on trouve d’ailleurs souvent sur

 des plages en bord de mer ! Peut-être le thorium ne sera-t-il donc pas le minerai d’exportation favori du futur ? Mais il pourrait permettre à tous les pays pauvres de rattraper leur retard énergétique autrement qu’en couvrant leurs terres d’éoliennes et de fermes solaires forcé­ment doublées de centrales thermiques.

Des besoins considérables

C’est que les solutions dites « renou­velables » actuelles ont un inconvénient majeur : ne pas produire en continu, mais seulement quand il y a du vent ou du soleil. Et encore, on n’évoquera pas ici le bilan carbone de ces énergies, pas forcément bon en ce qui concerne l’éolien et très mauvais pour le solaire, à cause de l’exploitation de la silice.

Les « bons » sables deviennent rares et objets de convoitise : ces techniques évoluent aussi et améliorent leurs performances. Leur premier défaut est l’impossibilité de stocker à bon marché l’énergie produite pour la restituer au moment où on en a besoin. Les grandes fermes solaires sont donc de beaux sujets médiatiques, mais pas une solution globale.

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