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Agroalimentaire

Niger : La production laitière cherche sa place

Décollage de la filière

Une situation aggravée par l’inaccessibilité d’une grande partie de la production locale, la dispersion des éleveurs et le manque de moyens techniques pour collecter le lait. « Quand on considère l’effectif que l’on a, on se dit que l’on va produire beaucoup de lait. Mais le cheptel étant transhumant, ce lait n’est pas transporté vers les industriels ou vers les consommateurs », explique Marichatou Hamani. Au nombre des difficultés qui entravent la production laitière, il ajoute la question de l’alimentation (le Niger enregistre une longue période sèche qui tourne autour de neuf mois) et la santé des animaux.

Certaines initiatives tentent cependant de relever quelques défis de la filière locale afin de répondre à la forte demande, améliorer leur compétitivité et connecter les zones de production aux centres de consommation. C’est ainsi que dans le bassin laitier de Niamey qui couvre un rayon de 100 à 200 km, les éleveurs sont organisés à travers des coopératives.

Mais la principale innovation apportée pour promouvoir la filière laitière dont la production est très atomisée, est la création des centres de collecte chargés de rassembler, de filtrer et de refroidir le lait avant de l’acheminer vers les unités de transformation. « Avec les centres de collecte dont trois sont fonctionnels dans le bassin laitier de Niamey, nous constatons désormais une certaine régularité dans l’approvisionnement en lait et les éleveurs ont acquis des techniques en alimentation et en entretien des animaux », se réjouit l’agroéconomiste Abdoul Madjid Ali Dandakoye.

Sauf que les industries laitières portent leurs préférences sur la poudre de lait importé. Elles parlent de la disponibilité de la poudre du lait rengraissée et qui est « abordable par rapport au litre de lait cru », lequel coûte autour de 300 à 500 F.CFA. Pour eux, l’utilisation du lait cru n’est pas rentable même en achetant le litre au prix le plus bas. En outre, l’utilisation de lait cru nécessite de nombreux investissements et les industriels se plaignent de ne pas pouvoir écouler leurs produits.

Toutefois, on note des efforts fournis par deux industries laitières (SOLANI, Niger Lait SA) pour accompagner les centres de collecte. Un effort « insuffisant » juge le spécialiste de la filière lait à l’ONG Karkara : « Alors qu’un centre de collecte peut livrer 1 500 à 2 000 litres de lait cru, SOLANI ne prend que 1 000 litres et Niger Lait s’approvisionne deux fois par semaine auprès des petits producteurs. »

L’espoir de voir décoller la filière locale est cependant permis. Avec une population estimée à près de deux millions de personnes, la ville de Niamey a besoin au moins de 47 000 à 48 000 litres par jour. « Même si les 80 % des besoins sont satisfaits par la poudre de lait importé, il subsiste 10 000 à 15 000 litres de lait que les centres de collecte peuvent fournir », se réjouit l’ONG Karkara. 

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