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Afrique : Les questions clés de l’industrialisation

Afrique : Les questions clés de l’industrialisation
  • Publiéoctobre 1, 2020

Elle prévoit l’embauche en priorité de la main-d’œuvre locale, le financement de la formation professionnelle, etc. Allant plus loin, certaines législations stipulent des quotas de nationaux, à l’instar du Cameroun qui, depuis 2016, impose un quota de 90 % de ressortissants nationaux pour les postes ne nécessitant pas de qualifications spécifiques.

Le contenu local trouve sa traduction dans tous les dispositifs régionaux en faveur de l’industrialisation, qui reposent sur le principe des règles d’origine. Non sans heurts : le Nigeria, s’estime victime d’un « cheval de Troie », à savoir d’entreprises qui se contentent d’emballer dans le pays pour faire croire que leurs produits sont fabriqués sur place avant de les expédier dans les pays voisins.

Le gouvernement du Nigeria, en riposte, a été jusqu’à fermer ses frontières, en août 2019, aux importations des pays voisins. « Si ces produits bénéficient des mêmes avantages fiscaux que ceux qui sont produits localement, la préférence régionale perdra totalement sa signification et sa portée », commente l’économiste.

La riposte existe pourtant. Ainsi dans l’espace Cedeao, un produit ne peut pas contenir plus de 30% de valeur ajoutée manufacturière produite hors de l’union, pour obtenir son label d’origine communautaire. Mais la prudence s’impose. « Si les règles d’origine sont restrictives, elles peuvent empêcher non seulement les importations d’intrants intermédiaires en provenance de pays tiers, risquant ainsi de compromettre la spécialisation et la compétitivité. »

Les conditions d’une industrie verte

Pour ces raisons, une règle simple, telle que 50 % de la valeur ajoutée devant être originaire d’Afrique, sera probablement retenue pour la ZLECAf. L’objectif est de faire des règles un instrument de développement du commerce régional, de création d’emplois et d’innovation.

L’Afrique peut-elle devenir l’héroïne d’un modèle de développement industriel décarboné et soucieux de la biodiversité ? La Commission économique pour l’Afrique (CEA) identifie quatre mesures à mettre en œuvre.

L’industrie automobile au Maroc

L’inclusion de normes environnementales dans les réglementations nationales. Le « verdissement » des infrastructures publiques et l’incorporation des éléments de résilience dans les ouvrages et les normes. L’abandon des subventions aux énergies fossiles.

Le lancement du processus de « découplage » entre croissance économique et consommation de matières premières et d’énergies fossiles. Dans la conception de la CEA, l’État doit jouer un rôle central dans la formulation et la promotion d’une vision industrialiste d’un nouveau genre et dont l’horizon est fixé à 2030.

Pour autant, « le défi de l’industrialisation de l’Afrique ne pourra être relevé qu’avec des institutions publiques efficaces et une approche coordonnée entre secteur public et secteur privé », juge Pierre Jacquemot. Elle gagnera à intégrer une forte composante d’emplois décents et à introduire les préoccupations écologiques en amont des options technologiques.

La création de plateformes de partage des meilleures pratiques pourrait être, dans la phase post-crise Covid-19 qui s’annonce difficile, « un choix pertinent s’appuyant sur de puissantes dynamiques régionales ».

ML

Écrit par
Par Marie-Anne Lubin

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