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Agriculture

La relance de la mécanisation

Malgré des conditions agro-climatiques favorables dans la zone soudanienne du Tchad, où le coton est cultivé depuis plusieurs décennies, cette culture fait face à diverses contraintes, tant dans la problématique de la recherche des semences et les formules d’engrais, que dans l’encadrement de proximité, le respect des itinéraires agricoles et sa commercialisation. Des « goulots d’étranglement » que le patron de la Cotontchad SN (Société nouvelle), Mahamat Moctar Ali, est « déterminé à dégager », avec les efforts conjugués de tous les acteurs de la filière. « Le Tchad, qui était le second producteur de coton en Afrique, après l’Égypte, est aujourd’hui à la traîne tant en termes de volume de production que de rendement aux champs », déplore-t-il. Pour la campagne 2014, la société cotonnière, majoritairement détenue par l’État, n’a produit que 82 200 tonnes. Pour 2015, il est attendu une production de 130 000 t. Avec les engagements pris par les différents acteurs pour relancer la filière, la Cotontchad SN espère parvenir à 300 000 t d’ici à 2018. Si cet objectif répond, selon Mahamat Moctar Ali, à un certain nombre de considérations physiques maîtrisables (intrants, matériels techniques et capacité financière), il reste des aléas que l’on ne maîtrise pas, notamment la pluviométrie. 

La filière gomme arabique, troisième produit d’exportation hors pétrole après les produits d’élevage et le coton, représente pour le Tchad 7 % de son PIB.

Pour autant, le PDG de la Cotontchad reste optimiste et veut relever le défi des 300 000 tonnes, en mettant 32 000 t d’intrants à la disposition des cotonculteurs, en ouvrant trois nouvelles usines de production, en aménagement des pistes rurales devenues vétustes, etc. Autant d’éléments qui devront permettre à la Cotontchad SN d’être autonome, elle qui recourt chaque année aux crédits bancaires, avec l’aval de l’État, pour financer ses campagnes cotonnières et de productivité (95,3 milliards de F.CFA accordés pour la campagne 2014-2015). 

Si le coton est en phase de renaissance, la gomme arabique se porte bien et ses perspectives restent prometteuses. Avec 25 000 tonnes par an, le Tchad est le 2e exportateur de gomme arabique en Afrique, derrière le Soudan et ses 30 000 tonnes. La filière gomme arabique, troisième produit d’exportation hors pétrole après les produits d’élevage et le coton, représente pour le Tchad 7 % de son PIB. Elle joue un rôle majeur dans la diversification des revenus d’environ 300 000 ruraux parmi les plus pauvres, dont une part importante de femmes. 

Le ministère du Commerce et de l’industrie a lancé, mi-mars 2015, un projet de 3 milliards de F.CFA pour renforcer les capacités commerciales de la filière, financé par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) et l’Onudi (Organisation des Nations unies pour le développement industriel). Les exploitants et négociants de la filière seront désormais formés, sensibilisés et bénéficieront de soutiens techniques et matériels en vue de promouvoir les bonnes pratiques de gestion durable. « Les ramasseurs seront mieux outillés pour profiter de cette ressource afin d’améliorer le contenu de leurs assiettes », précise Touka Saleh, coordonnateur national du Cadre intégré renforcé pour la gomme arabique. Des partenaires techniques comme SOS Sahel, Islamic Relief Worldwide et le Centre du commerce international (CCI), aideront les producteurs et exploitants à développer des contrats d’achat, à disposer d’informations sur la production et les prix pratiqués sur le marché mondial ainsi que sur le marketing du produit au niveau national et international.

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