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Agriculture

La relance de la mécanisation

Le Tchad s’est engagé dans une ambitieuse politique de mécanisation pour renforcer son agriculture, essentiellement familiale ; un facteur de sécurité alimentaire et de développement durable.

La campagne agricole 2013-2014 s’est soldée par une production céréalière de 2,6 millions de tonnes, soit un déficit estimé à 527 500 tonnes, selon des données du Comité d’action pour la sécurité alimentaire et la gestion des crises. Ce déficit survient alors que le Tchad fait face à la problématique de la résilience et de la sécurité alimentaire. Les résultats de la dernière évaluation, en 2014, réalisée par le gouvernement tchadien, le Fonds des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial, font état de 3,1 millions de personnes souffrant d’insécurité alimentaire. « La crise alimentaire mondiale de 2008 était venue exacerber la fragilité des ménages exposés à des risques de catastrophes récurrents, car fortement dépendants de l’exploitation des ressources naturelles difficilement maîtrisables », révèle le Plan national de développement 2013-2015. 

Pourtant, le Tchad dispose d’importantes ressources naturelles : 39 millions d’hectares de terres cultivables, dont 5,6 millions irrigables. Il possède également d’importantes réserves en eaux souterraines et en eaux de surfaces dont le volume annuel varie entre 263 et 455 milliards m3. Pour lutter contre l’insécurité alimentaire et valoriser ce potentiel naturel, le gouvernement et ses partenaires (notamment la FAO) travaillent à renforcer l’agriculture familiale. Au Tchad, ce type d’agriculture prédomine et assure toute la production vivrière sur environ 8,8 % des terres cultivées chaque année ; elle s’améliore avec l’introduction du labour motorisé. Pour les exploitants agricoles, la motorisation est à la base de leur progrès social. « Dans nos habitudes culturales, les gens produisent d’abord pour leur famille, et ils vendent le surplus sur le marché. La production maraîchère améliore donc la situation alimentaire de la famille du cultivateur, mais aussi son économie », indique Obed Mbaïadoum, un paysan qui bénéficie d’un appui de la FAO. 

Les exploitants et négociants de la filière seront désormais formés, sensibilisés et bénéficieront de soutiens techniques et matériels en vue de promouvoir les bonnes pratiques de gestion durable.

Réélu en 2011, le président Déby Itno avait placé son quatrième mandat de cinq ans sous le signe du « développement rural » et émit le voeu de faire du Tchad « le grenier de l’Afrique ». Déjà, il avait lancé, en mai 2010, une opération visant à aménager 20 000 hectares dans les régions du Mayo-Kebbi Est et de la Tandjilé, qui regorgent d’immenses plaines irrigables, favorables à la culture du riz, introduite au Tchad depuis cinq décennies. Ce vaste programme a été étendu à d’autres régions du pays. « L’objectif est d’atteindre 100 000 hectares de terres aménagées d’ici à l’horizon 2025 », affirme Kadjonga Tchouadang, directeur du Génie rural. 

À travers le Programme national de sécurité alimentaire (PNSA), plus de 1 500 tracteurs ont été mis à la disposition des agriculteurs qui utilisaient des charrues ou des houes traditionnelles pour emblaver leurs surfaces. « Le gouvernement prend en charge le carburant, la maintenance de ces tracteurs et les salaires des tractoristes. La seule contribution, minime, qui a été demandée aux paysans, c’est 10 000 F.CFA par hectare contre 25 000 F.CFA chez les sociétés privées de location », explique Issakha Abderaman Haggar, coordonnateur du PNSA. Pour la dernière campagne agricole, près de 134 000 hectares ont été labourés. 

Des semences améliorées et des engrais subventionnés sont été également mis à la disposition des paysans. Ceux-ci bénéficient d’un encadrement des agents de l’Office national de développement rural pour cultiver le riz, le maïs, le sorgho, l’arachide et le niébé. 

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