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Agriculture

La gomme arabique, l’or du Sahel

La récolte de la gomme est une activité de soudure, qui intervient une fois la récolte des céréales achevée. Entre 600 000 et 700 000 personnes vivent de la gomme, dont 70 % de producteurs, populations rurales et nomades. Les agriculteurs s’y livrent pendant les périodes « creuses » de la saison sèche, de décembre à juin. 

La culture représente une source de revenus alternatifs et de diversification ; « elle aide beaucoup les populations défavorisées » explique Ahmat Al Bachir qui fait observer que « les revenus vont directement dans leur poche », à la différence de ceux tirés du pétrole. À N’Djamena, le sac de 100 kg se vendait entre 110 000 et 125 000 F.CFA.

Pour Ahmat Al Bachir, la gomme offre donc le double intérêt de lutter contre la pauvreté et de combattre également la désertifi cation et la dis- parition de la couverture végétale qui menace le Tchad. Les arbres vieillissent – ils ont pour la plupart entre 20 et 30 ans – et leur rendement diminue, aussi est-il est temps d’envisager de nouvelles plantations. Renforcer la qualité et augmenter la production sont donc les priorités. À terme, l’idéal serait de réussir à améliorer la commercialisation et d’industrialiser la filière. Si les 22 régions du Tchad possèdent des gommiers, la pro- duction se concentre sur cinq régions : Salamat, Hadjer Lamis, Guera, Batha et Chari-Baguirmi.

Nombre de zones de production sont encore largement sous-exploitées, et seraient à développer, notamment dans l’Est où se situent des zones de première qualité. En 1996, une crise de qualité avait plombé la gomme tchadienne, nécessitant des réponses rapides. La lutte pour l’amélioration du produit se poursuit : la filière et les ONG assurent la formation qualité, pour que la gomme soit la plus pure possible, dans le respect des normes, et éviter notamment qu’on y retrouve des traces d’autres produits, tout particulièrement l’arachide. Une pureté sur laquelle les acheteurs, notamment américains, sont extrêmement vigilants. Et à laquelle se consacrent 300 femmes employées dans les usines de triage et de nettoyage de N’Djamena.

Désormais, même pour ce qui est du stockage, les produits sont séparés. Comme pour beaucoup de secteurs au Tchad, la phase de transformation échappe en revanche à la filière locale : la gomme est exportée brute, et les plus-values que permettrait dans un premier temps l’atomisation du produit sur place vont aux Occidentaux. Une seule société locale, la Sanimex, pratique cette atomisation. « Ce combat est difficile, il faudrait trouver le marché, déjà occupé par l’Europe », explique le président de l’ATPGA. Un autre de ses combats est la sensibilisation pour développer la production de gomme arabique dans toute la zone sahélienne de l’Afrique : « La demande est là mais l’appui aux paysans est nécessaire. » 

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