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Agriculture

Bénin : Le renouveau de la filière coton

Après avoir longtemps évolué au gré des conditions climatiques et des aléas politiques, la production cotonnière du Bénin renoue depuis peu avec une croissance régulière et soutenue. La filière s’engage vers l’amélioration des rendements et la transformation.

Cotonou, Espoir Olodo

« Rupture », « Nouveau départ ». Ces deux expressions, chères au président béninois Patrice Talon, prennent une résonance particulière à l’analyse de la filière coton. Celle-ci a radicalement changé de visage depuis deux ans et ne s’est jamais aussi bien portée.

Le Nord fournit 45 % de la récolte nationale avec Banikoara, première commune productrice. Pour réussir sur ce chantier, le pays a déjà reçu un financement de 163 millions d’euros de la BAD.

La récolte de coton graine est passée de 269 222 tonnes en 2015-2016, à 451 121 tonnes en 2016-2017, puis à 598 986 tonnes lors de la campagne 2017-2018. Un pic historique à comparer aux 427 000 tonnes enregistrées en 2004-2005, mais jamais atteint les années suivantes.

Cette production exceptionnelle a permis de générer des recettes de près 155 milliards de F.CFA (226,3 millions) dont 92 milliards de F.CFA directement versés aux producteurs et 11 milliards de F.CFA allant au budget de l’État.

Ainsi, le Bénin est passé du rang de quatrième producteur africain à celui de troisième, devant la Côte d’Ivoire, en 2016-2017. Et si en 2017-2018, le Bénin a raté de peu la deuxième marche du podium occupée par le Burkina Faso, elle continue à rêver grand et mise sur 700 000 tonnes pour la campagne 2018-2019.

Ces résultats positifs de la filière et la hausse de l’activité d’égrenage ont contribué notamment à tirer la croissance économique du pays, qui avoisine 6 % en 2018 contre 5,7 % un an plus tôt.

Fleuron de l’agriculture béninoise, la fibre blanche fournit environ 13 % du PIB et plus de 40 % des recettes d’exportation. Elle procure directement des revenus pour plus 300 000 exploitants et soutient indirectement plus de 3 millions de personnes.

Une nouvelle approche

Lui-même ancien opérateur du coton, travaillant notamment dans le domaine des engrais, Patrice Talon a fait de la filière l’une de ses priorités économique et politique.

Afin de donner un coup de fouet à la production, de nombreuses réformes ont été annoncées ou mises en oeuvre. La principale a été la fin des subventions à la filière, aussi bien aux engrais qu’à l’achat de coton graine, dès la campagne 2016-2017.

Cette stratégie tranche avec l’approche de l’équipe antérieure, laquelle avait apporté un soutien financier estimé à 23 milliards de F.CFA (35 millions d’euros) à la filière en 2015-2016, ainsi qu’avec la tendance en vigueur dans des pays de la sous-région comme le Mali et le Burkina Faso.

Hormis ce désengagement financier, l’exécutif a entrepris le renforcement de l’encadrement des producteurs sur le plan des technologies d’amélioration de fertilité des sols.

Cet appui technique a été soutenu par une amélioration durant ces deux dernières campagnes du prix au producteur fixé par l’Association interprofessionnelle du coton (AIC).

Cette organisation gère désormais la filière en coordination avec d’autres acteurs comme la Fédération des unions des producteurs du Bénin (Fupro) et la Société pour le développement du coton (Sodeco).

L’amélioration du cadre de gestion des intrants, l’approvisionnement optimal en intrants dans les principales zones de production au Nord et le paiement à temps des exploitants sont également à mettre au compte des réformes engagées par le gouvernement.

Augmenter les capacités de transformation

« Les intrants arrivent aussi à temps, et les producteurs sont beaucoup plus motivés lorsque ce qui leur est dû est payé à bonne date et entièrement au cours de la même campagne. Voici quelques années, il fallait que la campagne démarre avant que les semences ne soient disponibles ou commandées », souligne Roland Riboux, président du Conseil des investisseurs privés du Bénin (CIPB).

Le gouvernement béninois ne compte pas s’arrêter à la production. Il souhaite également relancer le segment de la transformation, porteur de valeur ajoutée.

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