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Politique

Afrique : Quels dividendes démocratiques ?

Le nouvel indice de la démocratie d’IDEA international a été présenté au Bénin. Trente après les Conférences nationales en Afrique, les acquis démocratiques doivent être davantage ancrés dans le quotidien des populations.

Par Christine Holzbauer, envoyée spéciale à Cotonou

Trente ans après la fin des par­tis uniques, quels dividendes les populations africaines ont-elles retiré des « révolutions citoyennes », plus connues sous le nom de « Conférences nationales » ?

Pour ten­ter de répondre à cette question, l’Insti­tut international pour la démocratie et l’assistance électorale (IDEA), une orga­nisation intergouvernementale basée à Stockholm, a choisi le Bénin pour orga­niser en novembre 2017 une conférence sur le thème « Trois décennies de transi­tion démocratique en Afrique : quels divi­dendes pour les citoyens ? ».

Le but de cette rencontre était d’évaluer les « acquis démocratiques spé­cifiques à l’Afrique » et permettre, ainsi, une « meilleure participation des citoyens » pour « inscrire le développement du conti­nent dans la durée » et « améliorer la gou­vernance ».

La bonne nouvelle, selon le pro­fesseur Adebayo Olukoshi, l’un des directeurs d’IDEA, est que la plupart des États africains ont fait d’énormes progrès en matière de démocratisation.

Particulièrement si on les compare avec la période des partis uniques ou des régimes militaires… «Les élections sont désormais la seule voie légitime pour accéder ou rester au pouvoir et plusieurs pays ont connu des transitions pacifiques », se réjouit-il, citant en exemples Bénin, Nigeria, Sénégal, Ghana, Malawi, Tunisie, Namibie, Bénin, Tanzanie, Mozambique, Gambie.

Autres faits mar­quants, selon le professeur, « les change­ments inconstitutionnels sont, aujourd’hui, devenus des exceptions. Les droits de l’homme et les droits politiques et civils sont de plus en plus contrôlés et respectés. La demande de démocratie par les citoyens africains ne cesse d’augmenter».

Paradoxe africain

Le rapport d’IDEA sur l’État de la démocratie dans le monde 2017 est organisé en huit chapitres. Y sont abor­dés des thèmes divers comme les moyens de protéger la démocratie de l’argent, des influences, de la corruption et de la mainmise sur les politiques publiques ; l’accroissement des disparités et des iné­galités qui en découlent ; la migration et la polarisation sociale, la consolidation de la paix et l’inclusion dans les États touchés par les conflits.

L’Indice IDEA, constitué à partir d’agrégats sur les performances démocra­tiques des 155 pays étudiés n’établit pas de classement, mais mesure les progrès accomplis sur « cinq dimensions essentielles de la démocratie » : représentativité du gouvernement, droits fondamentaux, contre-pouvoirs, impartialité de l’admi­nistration et engagement participatif. Ces catégories reposent elles-mêmes sur un total de 16 indicateurs sur la base desquels la performance individuelle de chaque pays est analysée.

Concernant le continent africain, les pays de la région ont «fait des progrès dans certains aspects de la promotion de la démocratie et un recul dans d’autres ou bien une absence d’amélio­rations significatives», selon les auteurs du rapport. Il en résulte que, pour l’Afrique, les «déficits démocratiques» les plus patents sont : le manque de leadership trans­formateur, des problèmes persistants en matière d’intégrité et de qualité des élections…

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Written by Christine Holzbauer

Christine Holzbauer travaille comme journaliste en Afrique pour les éditions en français de New African, African Business et African Banker depuis 2012. Auparavant, elle était correspondante régionale pour «L'Express », « La Croix » et « La Tribune », d’abord basée au Mali puis au Sénégal. Elle est diplômée de Sciences Po. Paris, a obtenu un DESS de la Sorbonne et fait ses études de doctorat à American University (Washington, D.C.) en relations internationales, développement et communication internationale.

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