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Top compagnies 250 : L’attente du rebond

Le faible prix des matières premières et les dépréciations des monnaies ont conduit à un recul de 4 % de la valeur totale des 250 premières entreprises africaines dans notre classement annuel mais les variations sont grandes sur le continent.

Dossier réalisé par Neil Ford

Notre palmarès des 250 premières en­treprises cette année montre que la valeur des grandes entreprises du con­tinent n’est pas encore assez attractive pour rebondir, en dépit d’une tend­ance moins défavorable que les mois précédents. La valeur globale de ces entreprises a diminué de 4 %, passant de 764 milliards dollars dans notre classement 2016, à 732 milliards $ cette année.

Un déclin en partie technique, en raison de la dévaluation des monnaies et du retrait de la cote de quelques grandes sociétés dans le classement. La fragilité actuelle des valeurs africaines est principa­lement due à la faiblesse prolongée des prix des produits de base.

Notre méthodologie : La valeur des sociétés dans notre classement des 250 premières entreprises correspond à la capitalisation boursière en dollars au 10 mai 2017. Seules les sociétés cotées en Bourse sont prises en compte. Suite à son acquisition par Anheuser-Busch InBev en 2016, SAB Miller ne fait plus partie de notre classement. Les sociétés cotées sur deux places boursières sont intégrées à notre palmarès, selon le volume d’activités qu’elles réalisent sur le continent et en fonction des places où elles sont cotées. 

Par exemple, First Quantum, cotée principalement à Londres et au Canada, ne figure pas dans notre tableau bien qu’elle génère la plus grande partie de son chiffre d’affaires à partir de ses opérations minières en Afrique.En revanche, Steinhoff, qui est une société sud-africaine avec des activités internationales, est présente dans notre tableau. Les fonds d’investissement immobiliers sont exclus, sauf quand il s’agit de promoteurs immobiliers comme Growthpoint Properties.

Le cours des hydrocarbures, du charbon, du minerai de fer, du cuivre et de la bauxite s’est effondré en raison du fléchissement de la demande mondiale, plus impor­tant que prévu.

La tendance a eu des répercussions non seulement sur les sociétés pétrolières, gazières et minières mais aussi sur l’activité économique en général, alors que le volume de revenus générés par les matières premières qui stimulent tant de pays africains a fortement baissé. L’effet s’est surtout fait sentir dans notre tableau 2016, où la valeur globale avait chuté de 19 % en un an.

Toutefois, on observe depuis plusieurs mois une légère progression de la demande en matières premières dont les effets pourraient apparaître dans notre palmarès de l’an prochain. Les cours du pétrole et du gaz demeurent relativement faibles mais ceux du charbon thermique et métallurgique, du cuivre et du minerai de fer ont bien repris.

Si les marchés ne sont pas entièrement convain­cus, les prix ont beaucoup fluctué ces derniers mois et ils sont, dans l’ensemble, à des niveaux plus élevés qu’ils ne l’étaient il y a un an. On note un signe important de solidité dans le clas­sement 2017 : il a fallu à la compagnie d’assurances marocaine Atlanta une capitalisation boursière de 327 millions $ pour se hisser à la 250e place de notre tableau, le chiffre le plus élevé depuis que nous réali­sons ce palmarès.

C’est une augmentation significative par rapport aux 295 millions $ qu’avait dû atteindre la mauricienne ENL Land pour occuper le même rang, l’an dernier. Cette solidité indique une croissance plus généra­lisée au sein des plus grandes entreprises africaines. La valeur des sociétés figurant dans notre tableau est calculée en dollars.

Or, la plupart des monnaies africaines ayant chuté par rapport à la devise américaine, en raison notamment de l’effondrement des prix des matières premières, la valeur exprimée en dollar des sociétés cotées sur les différentes Bourses s’est trouvée amoindrie.

De plus, la disparition de la première entreprise de notre clas­sement a également contribué au déclin de la valeur totale du tableau : SABMiller était en tête, avec une capitalisation boursière de 98 milliards $, mais le brasseur a été racheté par Anheuser-Busch InBev, créant ainsi la plus grande société de brasserie du monde.

Pour parvenir à cet accord, les sociétés ont dû surmonter des obstacles en matière de réglementation dans divers pays mais l’acquisition a fina­lement été finalisée pour 103 milliards $. Notons également la division de Bidvest et Bid Corporation en deux sociétés indépendantes et la scission de South32 réalisée par BHP Billiton.

Toutes les sociétés dont les actions ont été radiées ou suspendues sont exclues de notre classement, de même que les sociétés non cotées en Bourse, même quand il s’agit des plus grandes entre­prises du continent. Cela comprend les sociétés pétrolières d’État, telles que l’algérienne Sonatrach et l’angolaise Sonangol, ainsi que les sud-africaines Transnet et Eskom.

Naspers est numéro un

Le conglomérat de médias sud-africain Naspers est en tête du classement cette année, avec une capitalisation boursière de 91 milliards $, soit 30 milliards de plus que l’an dernier – une augmentation considérable. Bien que l’économie sud-africaine traverse une période tourmen­tée, Naspers est parvenu à maintenir une croissance solide.

En effet, malgré les difficultés économiques et politiques auxquelles est confronté le pays, l’Afrique du Sud conti­nue de posséder de grandes entreprises comme nulle part ailleurs sur le continent. Sur les 18 premières sociétés, 17 sont sud-africaines. Seul Maroc Telecom, à la 10e place, brise cette hégémonie.

Naspers a obtenu de bons résultats en Afrique du Sud mais l’origine de son essor rapide se trouve ailleurs. L’entreprise a acquis en 2001 une participation de 33 % dans la société Internet chinoise Tencent, pour 33 millions $. Tencent étant aujourd’hui le numéro un de l’Internet en Chine, la participation de Naspers est actuellement évaluée à 100 milliards $, plus que la société sud-africaine elle-même.

La possession d’un tel actif est bienvenue, mais elle peut provoquer un déséquilibre, raison pour laquelle Naspers a choisi, depuis cinq ans, d’investir massivement dans des projets de commerce électronique sud-africains. Richemont, coté principalement à Zurich, mais aussi au Johannesburg Stock Exchange, s’octroie la deuxième place, avec une valeur de 48 milliards $, loin derrière Naspers.

Pour autant, la société bénéficie d’une bonne longueur d’avance sur la troisième société du classe­ment, Steinhoff International, qui « pèse » 23 milliards $. Steinhoff est le sixième détaillant du monde à la croissance la plus rapide, avec une augmentation de ses revenus annuels de 44,5 % sur la période 2010-2015.

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