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Top Banque 2017 : Les premières banques africaines

Dans un contexte difficile, les banques africaines ont affiché des résultats plutôt solides. À un recul des fonds propres répond une bonne tenue des résultats opérationnels.

Dossier réalisé par Neil Ford

Au premier abord, le palmarès des cent premières banques d’African Banker suggère que le secteur bancaire africain connaît une période difficile. Le total des fonds propres de catégorie 1 du Top 100 a diminué de 6 % par rapport à l’an dernier, passant de 93,1 milliards de dollars à 88,2 milliards $. Le déclin est encore plus important par rapport au chiffre de 101,9 milliards $, enregistré en 2015.

Toutefois, les résultats des banques en devise locale sont en fait bien meilleurs. La chute des prix de la quasi-totalité des matières premières africaines et les déva­luations dans certains des marchés les plus importants d’Afrique ont nui aux résultats des banques exprimés en dollars. Si l’on ne tient pas compte de la fluctuation des devises, la situation n’est pas si négative.

Nous classons les banques par fonds propres de caté­gorie 1, qui donnent une meilleure idée de leur solidité que les autres indicateurs. Standard Bank Group (Stanbank) demeure en tête du classement, que l’on considère l’en­semble du groupe (avec des fonds propres de catégorie 1 qui s’élèvent à 11 milliards $, soit plus du double de son rival le plus proche), ou simplement l’entité sud-africaine dont les fonds propres se situent légèrement au-dessus de 6 milliards $.

Les géants sud-africains continuent de dominer nos tableaux. On constate depuis quelques années une dimi­nution du nombre de banques africaines ayant des fonds propres supérieurs à 1 milliard$. Au nombre de 23 dans le palmarès 2015, elles n’étaient plus que 22 l’an dernier et 20 cette année.

L’égyptienne NBK occupe la dernière place du Top 100, avec des fonds propres de catégorie 1 de 130 millions $. Cela représente une forte baisse par rapport aux 159 millions $ qu’il a fallu l’an dernier à la banque algérienne, Housing Bank for Trade & Finance, pour se hisser au même rang l’an dernier, et plus encore, par rapport aux 177 millions $ que l’Arab Banking Corporation, autre établissement algé­rien, a affichés en 2015.

Stanbank mise à part, le classement des plus grandes banques africaines a évolué. Nedbank se situe à présent au deuxième rang, ayant grimpé de trois places, tandis que First Rand recule d’un rang et qu’Absa Bank gagne deux places pour s’établir au quatrième rang. Elles ont détrôné les deux premières banques marocaines, Attijariwafa Bank et Banque Centrale Populaire, qui perdent chacune deux places.

La suprématie des banques sud-africaines n’est pas due uniquement à la taille de l’économie du pays et au développement de son secteur bancaire. C’est aussi le résultat de la domination de quelques banques au sein de ce marché.

Notre classement ne compte que huit banques d’Afrique du Sud ; c’est moins que l’Égypte (13), l’Algérie (12), le Nigeria (12) et le Kenya (10) tandis que le Maroc occupe neuf places et l’Angola sept. La plupart des grandes économies d’Afrique sont donc bien représen­tées. Deux pays ayant une faible population, Maurice et la Namibie, sont également bien présents mais ils affichent tous deux un PIB par habitant élevé et font partie des pays les mieux gouvernés du continent.

Répartition régionale

On dénombre 16 banques est-africaines dans notre palmarès, comme l’an dernier, mais deux nouvelles banques de la région sont apparues dans le classement chaque année entre 2013 et 2016. La tendance est donc à la progression. L’Afrique de l’Est a longtemps été sous-représentée dans notre classement, au regard de sa popu­lation, mais une croissance soutenue en a fait l’une des régions du monde à l’essor économique le plus rapide.

La valeur totale des banques est-africaines de notre étude est passée de 4,1 milliards $ en 2015 à 4,9 milliards $ cette année, alors que les autres régions ont faibli. La réus­site de la région par rapport au reste de l’Afrique est due au succès des stratégies économiques mises en place par les gouvernements d’Afrique de l’Est mais aussi à sa dépen­dance plus limitée vis-à-vis des exportations de minerais.

Ce dynamisme se reflète dans les résultats des banques de la région. Le rendement moyen des fonds propres des banques kényanes en 2016 se chiffrait à 25,9 %, légère­ment au-dessus de leurs concurrentes tanzaniennes – à 24,3 % –, et supérieur également aux banques ougandaises qui affichent un taux de 14,7 %.

L’Afrique du Nord est la région qui, de loin, compte le plus de banques dans notre tableau, avec 41 établis­sements. L’Afrique australe en compte 27, soit trois de plus que l’an dernier, et l’Afrique de l’Ouest et centrale 16 rangs, un de moins qu’en 2016. Une fois de plus, l’Afrique centrale est considérablement sous-représentée. La gabonaise BGFI est la seule banque de la région figu­rant au palmarès, au 42e rang avec 485 millions $.

Il n’est pas surprenant que le Congo-Brazzaville et la Guinée équatoriale soient exclus de notre classement, compte tenu du faible développement des secteurs non-pétroliers dans ces pays, mais on pourrait s’attendre à ce que le Cameroun possède des banques assez solides pour apparaître dans le tableau.

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