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African Business>Décideurs

Le Gabon agricole du ministre Moussavou

S’agissant de la filière avicole, par exemple, nous travaillons en étroite relation avec des partenaires historiques et notamment la SMAG qui s’illustre dans la production de poussins d’un jour. Le Gabon est autosuffisant dans la fourniture d’oeufs et nous souhaitons atteindre ce même objectif avec les poulets de chair.

Je souhaite convaincre les jeunes que l’agriculture est une chaîne de valeur essentielle et noble, puisqu’elle véhicule des produits qui viennent de la terre pour aller jusque dans l’assiette.

Vous l’aurez compris, nous ouvrons nos portes aux nouveaux investisseurs, étudions des synergies avec les acteurs de ces filières. Nous souhaitons développer un programme pour que ces industries implantées au Gabon accompagnent les éleveurs locaux dans l’optimisation de leurs techniques de production et qu’elles transfèrent leurs compétences et leur savoir-faire en la matière.

L’IGAD (Institut gabonais d’appui au développement) s’est particulièrement engagé dans le projet Prodiag. Les résultats attendus sont-ils à la hauteur ? Cette mission sera-t-elle reconduite ?

Ce programme a très bien fonctionné. Il a donné lieu à la création de 1 000 exploitations dont 800 sont encore en activité, malgré l’arrêt du Prodiag. Ces exploitations sont autonomes et s’autosuffisent. En périphérie de Libreville, nous souffrons du manque de disponibilité des terres. Akanda prend de fortes initiatives et accorde des espaces importants en faveur du maraîchage. Cet exemple devrait être dupliqué dans l’ensemble des communes pour que l’agriculture périurbaine se démocratise. Avant de commencer la phase deux de ce programme qui nécessite un versement supplémentaire de 30 millions d’euros, l’AFD, partenaire depuis 1993, et le ministère de l’Agriculture, travaillent à l’étude de ces résultats avec un réseau d’experts.

Existe-t-il des coopératives permettant de fédérer l’ensemble des petits producteurs ?

La profession est très peu structurée. C’est pourquoi nous travaillons à la création d’une Chambre d’agriculture qui aura pour objectif de représenter nos agriculteurs filière par filière, secteur par secteur, pour éviter les déperditions et formaliser davantage la profession.

Quels sont vos projets et vos moyens pour encourager les jeunes à accéder à une formation ?

Je souhaite convaincre les jeunes que l’agriculture est une chaîne de valeur essentielle et noble, puisqu’elle véhicule des produits qui viennent de la terre pour aller jusque dans l’assiette, en passant par une multitude de métiers intermédiaires correspondant à différents profils : de la culture au commercial, ces produits doivent être transformés puis conditionnés et transportés en toute sécurité. L’agriculture est la base de l’économie d’un pays, le pilier de notre culture de par son inventivité dans le respect des traditions. Nous mettons tout en oeuvre pour que nos jeunes perçoivent l’agriculture sous un autre angle, comme un business moderne et lucratif.

En matière de formation, nous souhaitons sensibiliser les Gabonais depuis leur plus jeune âge en relançant les classes vertes, mais aussi en offrant le choix de filières agricoles dans les lycées d’enseignement technique, dans les centres de formation professionnelle, en rénovant les établissements tels que l’école nationale de développement rural, en mettant le lycée technique agricole Lebamba en service ainsi qu’en réorientant les contenus pédagogiques de l’INSAB (Institut national supérieur agronomie et de biotechnologie).

D’autre part, cinq incubateurs agricoles seront implantés en cours d’année dans les provinces et managés par JA Gabon. Nous nous associons à ces programmes placés sous la houlette du ministère de l’Industrie et de l’entrepreneuriat national et financés par l’Union européenne. Ces conventions sont signées et elles sont diligentées pour accompagner les jeunes volontaires.

Enfin, l’un des projets importants de mon ministère est la création d’un agropôle dans lequel nous souhaitons développer des pépinières d’entreprises avec une dimension d’innovation, de recherche et de formation de pointe, afin de constituer une élite d’entrepreneurs agricoles qui servira de locomotive pour développer notre agriculture et optimiser les standards.

Pour revenir à l’importance du secteur agricole, le concours national du plan d’affaires vient de couronner 47 lauréats ; 25 ont présenté un projet touchant l’agriculture. Certains de ces jeunes ont obtenu des prix s’élevant à 15 millions de F.CFA, qui leur permettront de créer leur propre entreprise en étant accompagnés par des mentors. 

ENCADRE

Le Gabon mise sur l’économie bleue

Malgré une façade maritime de 800 km de littoral et son plateau continental de 40 000 km2, le développement du secteur de la pêche a été significativement ralenti par un manque de financements et d’infrastructures. La contribution du secteur au PIB reste inférieure à 1,5 %. Une situation en passe d’évoluer, sous l’impulsion du chef de l’État.

La pêche demeure artisanale et côtière, rares sont les armateurs internationaux présents au large des côtes gabonaises. Pourtant, le potentiel gabonais laisse entrevoir d’encourageantes perspectives avec des ressources halieutiques variées et une consommation de poisson par personne et par an, comprise entre 25 à 30 kg.

La Direction générale des pêches et de l’aquaculture (DGPA) créée dès 1995, représente le cadre réglementaire du secteur. Elle s’est renforcée ces dernières années, d’un certain nombre d’organes consacrés au secteur maritime à l’instar du « Gabon Bleu » lancé pour reprendre le contrôle de l’espace maritime gabonais et pour stopper la surexploitation des ressources halieutiques.

« Tout doit être fait pour préserver les océans des affres du développement », avait déclaré Ali Bongo, en juin 2017 à l’occasion de la Conférence des Nations unies sur les océans, après l’adoption d’une stratégie maritime intégrée. Résolument engagé dans une stratégie de développement « durable », le chef de l’État s’est personnellement impliqué dans la gestion des ressources halieutiques nationales, en devenant le président du Comité stratégique du Conseil national de la mer (CNM), créé en 2014.

Réhabilitation des stocks de poissons, augmentation de la production et protection de l’environnement marin, représentent les clés de cette nouvelle politique. De plus, la loi sur le Code de la pêche a permis la création des Aires marines protégées (AMP), soit neuf parcs marins et onze réserves aquatiques, couvrant 26 % du territoire marin. Enfin, le renforcement du cadre réglementaire devrait favoriser l’investissement.

Parallèlement, la construction d’un port de pêche aménagé pour accueillir les navires et leurs cargaisons et le renforcement de la capacité de débarquement au Centre d’appui à la pêche artisanale de Libreville (CAPAL), financé par le Japon, ainsi que la relance de l’écloserie de Lambaréné pour accompagner le développement d’une aquaculture commerciale, manifestent de la volonté politique du Gabon de promouvoir un secteur d’activité encore embryonnaire…

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