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African Business

Vers une nouvelle orientation économique au Sénégal

Vers une nouvelle orientation économique au Sénégal
  • Publiémars 29, 2024

Bassirou Diomaye Faye promet une voie économique différente de celle de son prédécesseur, en matière de grands contrats ou de politique monétaire. Les marchés restent sereins.

 

Le candidat anti-establishment Bassirou Diomaye Faye, de l’ex parti Pastef, devient le président du Sénégal à l’issue d’une période électorale mouvementée. La nette victoire du candidat Faye, qui a obtenu 54,28 % des voix au premier tour, donnera à coup sûr, mais sans précipitation, une nouvelle orientation économique à cet important pays d’Afrique de l’Ouest.

« L’élection constituait un énorme test de résistance pour le Sénégal, mais les institutions sont restées fortes, et c’est la chose la plus importante à voir pour les investisseurs. »

On le sait, l’élection a d’abord été reportée et a donné lieu à la détention de personnalités de l’opposition, dont le futur élu. Cette situation a suscité des inquiétudes dans certains milieux et une certaine volatilité sur les marchés obligataires. Le pays est traditionnellement considéré comme un phare de stabilité politique dans une région caractérisée par des coups d’État militaires. Le président sortant, Macky Sall, en poste depuis 2012, était, du moins jusqu’à l’instabilité électorale, généralement considéré comme un président favorable aux affaires, ce qui a conduit à d’importants investissements étrangers au Sénégal.

Lors d’une courte campagne électorale très animée, Bassirou Diomaye Faye a proposé une vision économique différente. Il s’est engagé à renégocier les contrats pétroliers et gaziers du Sénégal avec les entreprises internationales et à promouvoir les entreprises nationales pour donner au pays un plus grand contrôle de ses ressources naturelles et éviter ce qu’il a appelé l’« esclavage économique ».

L’agence de notations S&P Global estime qu’« il faut s’attendre à des changements de politique… Nous pensons que le nouveau gouvernement réexaminera le Plan Sénégal Emergent (PSE), le plan de développement de l’administration sortante ; certaines parties du PSE pourraient être modifiées ou annulées. Les relations de la nouvelle administration avec les multinationales pourraient s’avérer difficiles, étant donné les promesses de campagne du candidat Faye – y compris une renégociation complète des contrats d’hydrocarbures ».

 

Pas de décisions hâtives

Bassirou Diomaye Faye Faye avait initialement promis d’introduire une nouvelle monnaie pour le Sénégal, à la place du franc CFA, bien qu’il ait maintenant précisé qu’il se contenterait de chercher une « réforme » au sein du bloc de la CEDEAO.

Les critiques ont longtemps considéré le franc CFA comme un outil persistant du contrôle économique français, étant donné que la monnaie est fixée à l’euro et qu’elle est soutenue par le Trésor français. Toutefois, les investisseurs, ainsi que les institutions comme le FMI, saluent largement le franc CFA, car il a contribué à maintenir la stabilité des taux de change et à maintenir les taux d’intérêt à un niveau relativement bas.

Alex Vines, directeur du programme Afrique du groupe de réflexion Chatham House à Londres, affirme que « Faye est beaucoup plus pragmatique en privé et sait qu’il doit améliorer l’économie et attirer davantage d’investissements ». Le nouveau président « s’est engagé à réformer la monnaie, mais ne prendra pas de décisions hâtives. En septembre 2023, la Cedeao a réitéré son engagement à lancer la monnaie commune de la Cedeao d’ici 2027. Il est probable que ce calendrier aura du retard », estime l’analyste.

De même, S&P juge que « des changements majeurs dans le système monétaire et l’union monétaire, que nous considérons comme une source de stabilité économique et financière pour ses membres, sont peu probables à ce stade compte tenu du niveau d’intégration institutionnelle avec les institutions de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine), des avantages découlant des adhésions et des conséquences potentielles de la dette commerciale en devises relativement élevée du Sénégal ».

Makhtar Gueye, un professionnel de l’investissement à Dakar, affirme que la réaction initiale du marché à sa victoire a été positive. « L’élection constituait un énorme test de résistance pour le Sénégal, mais les institutions sont restées fortes, et c’est la chose la plus importante à voir pour les investisseurs. Bassirou Diomaye Faye propose des changements positifs et mettra fin aux détournements de fonds publics, par exemple. L’avenir économique est prometteur. »

@AB

Écrit par
Harry Clynch

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