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Vers un nouveau choc sur les prix ?

Vers un nouveau choc sur les prix ?
  • Publiéjanvier 5, 2024

La perturbation des chaînes d’approvisionnement provoquée par les attaques sur les navires de la mer Rouge pourrait toucher les pays africains confrontés à la hausse des prix, notamment le Ghana, l’Éthiopie et le Nigeria.

 

La perturbation des chaînes d’approvisionnement mondiales due aux attaques des Houthis contre les navires de la mer Rouge pourrait entraîner une résurgence de l’inflation des prix des produits de base essentiels tels que le pétrole et le gaz. Voilà qui serait un nouveau coup dur pour les pays africains fortement importateurs et présentant un déficit commercial important, comme l’Égypte, ainsi qu’à d’autres pays déjà confrontés à une hausse des prix, comme le Ghana, l’Éthiopie et le Nigéria.

« Nous travaillons dans le secteur des soutes et nous constatons une augmentation de la demande de la part de certaines de nos opérations africaines pour les navires qui se dirigent vers le sud de l’Afrique. »

En octobre 2023, les Houthis, basés au Yémen, ont déclaré soutenir le Hamas dans sa guerre contre Israël et, depuis novembre, lancent des dizaines d’attaques contre la navigation commerciale en mer Rouge. Le groupe prétend attaquer des navires liés à Israël, mais a en fait pris pour cible de nombreux autres navires n’ayant aucun lien avec le pays du Moyen-Orient.

Ces attaques ont incité un grand nombre des plus grandes compagnies de fret du monde, telles que MSC, Hapag-Lloyd et Maersk, à éviter de passer par la mer Rouge et le canal de Suez, ce qui les a amenées à rediriger leurs navires autour du cap de Bonne-Espérance. Pour les navires se rendant d’Asie en Europe ou en Amérique du Nord, ce détournement ajoute environ 6 000 milles nautiques au voyage et peut retarder les délais de livraison d’un mois.

En revanche, CMA CGM, dont un navire a été attaqué en début de semaine, a déclaré, ce5 janvier qu’elle n’avait pas l’intention de modifier ses plans et de continuer à transiter par le canal de Suez ; non sans augmenter ses tarifs…

Arne Lohmann Rasmussen, analyste en chef basé à Copenhague et responsable de la recherche chez Global Risk Management, qui travaille avec des clients pour atténuer les risques liés aux prix de l’énergie, reconnaît que la situation était surveillée de près.

Toutefois, l’analyste se veut optimiste ; il juge que les chaînes d’approvisionnement ne seront pas touchées aussi gravement qu’en 2021, lorsque le navire Ever Given s’est échoué dans le canal de Suez et a bloqué la route commerciale pendant six jours, mais il craint que la hausse des coûts de fret ne se traduise par une augmentation des prix des marchandises et des produits de base en Afrique et dans d’autres régions.

 

Un mal pour un bien ?

« La grande question est de savoir si cela va perturber les chaînes d’approvisionnement mondiales comme en 2021 lorsque l’Ever Given était bloqué », explique-t-il. « Toutefois, en 2021, le marché du fret était extrêmement tendu, car tout le monde achetait des biens plutôt que des services pendant la pandémie. Ce n’est pas le cas aujourd’hui : des capacités de fret et de conteneurs sont disponibles. » Cela étant, prévient-il, « les coûts de fret restent plus élevés ».

Les pays d’Afrique du Nord seront probablement les plus durement touchés par les attaques de la mer Rouge en raison de leur proximité géographique, les investisseurs mondiaux craignant que les tensions ne débouchent sur un conflit régional plus large.

Les marchandises étant détournées de la mer Rouge et du canal de Suez, l’Égypte devrait perdre une grande partie des droits de transit qui contribuent à son économie à hauteur de 750 millions de dollars par mois et constituent une source cruciale de devises.

Cela pourrait porter un nouveau coup à une économie qui continue de lutter contre des niveaux d’inflation élevés, des niveaux d’endettement importants, un déficit courant significatif et une monnaie faible.

Néanmoins, avec le réacheminement du commerce autour de la pointe sud de l’Afrique, Lohmann Rasmussen estime qu’il pourrait y avoir quelques opportunités temporaires pour les marchés africains. « Nous travaillons dans le secteur des soutes et nous constatons une augmentation de la demande de la part de certaines de nos opérations africaines pour les navires qui se dirigent vers le sud de l’Afrique », explique l’analyste.

« D’un point de vue économique, on pourrait également dire que les producteurs africains sont devenus plus compétitifs par rapport aux producteurs asiatiques, étant donné que le coût du transport des marchandises de l’Asie vers l’Europe augmente. »

@AB

Écrit par
Harry Clynch

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