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African Business

Une intégration trop faible au commerce régional

Une intégration trop faible au commerce régional
  • Publiémars 4, 2024

Les derniers chiffres de la CEA montrent que le programme d’intégration régionale de l’Afrique progresse, mais lentement, tandis que les pays restent loin des critères de convergence.

 

La part de l’Afrique dans le commerce mondial reste inférieure à 3 %, principalement à la faveur du commerce des marchandises ; cela indique que les pays africains continuent à commercer avec le reste du monde plutôt qu’entre eux. Telle est la conclusion du rapport annuel de la CEA (Commission économique pour l’Afrique intitulé Assessment of progress on regional integration in Africa (« Évaluation des progrès réalisés en matière d’intégration régionale en Afrique »).

Le rapport a été présenté aux experts économiques, avant la réunion ministérielle des 4 et 5 mars de la Conférence des ministres des finances, de la planification et du développement économique (CoM2024). Le rapport montre donc que le programme d’intégration régionale de l’Afrique progresse, bien que lentement. En outre, malgré les progrès de l’intégration monétaire et financière, les États membres n’ont pas satisfait aux critères de convergence macroéconomique.

La première aspiration du deuxième plan décennal de mise en œuvre visera à ce que chaque membre de l’Union africaine atteigne au moins le statut de revenu intermédiaire d’ici à 2034. 

En outre, le développement des infrastructures par le biais du programme de développement des infrastructures en Afrique a obtenu des résultats mitigés. Si les routes et les Nouvelles technologies ont progressé, les transports ferroviaires et les infrastructures énergétiques ont peu évolué. Le financement des infrastructures reste un défi.

Le rapport indique que des progrès ont été accomplis dans la réalisation du premier plan décennal de mise en œuvre (2014-2023) de l’Agenda 2063 : L’Afrique que nous voulons, de l’Union africaine, notamment l’adoption de l’accord établissant la ZLECAf (Zone de libre-échange continentale africaine) et la création du marché unique du transport aérien africain.

Les progrès dans d’autres domaines cruciaux pour le succès de la ZLECAf, tels que la ratification du protocole au traité instituant la Communauté économique africaine, relatif à la libre circulation des personnes, au droit de résidence et au droit d’établissement, et la promotion de la paix, de la bonne gouvernance et de la sécurité, ont été moins encourageants.

« Le nombre croissant de changements anticonstitutionnels de gouvernement met en évidence les défis permanents auxquels sont confrontés les pays africains, notamment la faible gouvernance, la pauvreté persistante et les possibilités d’emploi limitées », commente le rapporteur Stephen Karingi (photo ci-dessus). Le spécialiste des questions intégration et commerce au sein de la CEA considère que le deuxième plan décennal de mise en œuvre de l’Agenda 2063 devra s’attaquer directement à ces défis.

 

Les trop lents débuts de la ZLECAf

« Les États devraient continuer à prendre les mesures nécessaires pour s’assurer que l’environnement réglementaire est propice à la mobilisation d’un financement durable des infrastructures par le secteur privé. »

L’intégration régionale, juge le rapporteur, reste essentielle dans les efforts déployés par l’Afrique pour parvenir à un développement productif et durable. « La mise en œuvre effective de la ZLECAf déterminera dans quelle mesure le continent peut tirer parti des avantages des marchés libres et de l’intégration commerciale pour le bénéfice général des populations du continent africain. »

Parmi les domaines clés mis en évidence dans le rapport sur l’intégration régionale, figure l’intégration commerciale. Sur ce point, bien que les échanges commerciaux dans le cadre de la ZLECAf aient officiellement débuté le 1er janvier 2021, les changements envisagés dans le commerce intra-africain ne sont pas encore apparus. La part du commerce intra-africain dans le commerce mondial a diminué, passant de 14,5 % en 2021 à 13,7 % en 2022.

Au cours de la même période, les exportations intra-africaines ont diminué, en pourcentage des exportations totales, passant de 18,22 % à 17,89 %, et les importations intra-africaines ont diminué de 12,81 % à 12,09 %.

En matière d’intégration monétaire et financière, parmi les principaux critères, c’est celui de l’inflation qui avait été le moins bien respecté en 2022. L’inflation est restée élevée dans de nombreux pays africains en 2023 : la moyenne africaine était de 18,5 %, et dans 19 pays, l’inflation était supérieure à 10 %. En 2023, la dette brute des administrations publiques représentait en moyenne 65,2 % du PIB pour l’Afrique, contre 64,6 % en 2022.

Aujourd’hui, 36 membres de l’Union africaine, représentant 89 % du marché du transport aérien intra-africain, ont rejoint le marché unique du transport aérien africain. Ce dernier devrait permettre d’augmenter de 27 % la fréquence des vols sur les routes aériennes existantes et de réaliser des économies d’échelle d’environ 500 millions de dollars sur les tarifs passagers, la libre concurrence, l’ouverture de nouvelles routes commerciales, la protection de l’environnement et le développement du secteur privé dans le domaine de l’aviation civile.

En matière de technologies de l’information et de la communication, juge le rapport, l’Afrique n’a pas réussi à combler le fossé numérique entre les hommes et les femmes : en 2023, 32 % de la population féminine utilise l’Internet contre 42 % de la population masculine, alors que la moyenne mondiale est de 65 % pour les femmes et de 70 % pour les hommes.

 

Aux États africains de relever ces défis

Du côté de l’énergie, le bilan n’est guère plus flatteur : la proportion de la population n’ayant pas accès à l’électricité est passée de 74 % avant la pandémie de Covid-19 à 77 % en 2020. Pourtant, juge la CEA, 39 pays africains peuvent fournir une énergie bon marché et fiable à leurs populations en utilisant des sources renouvelables, y compris la production d’hydrogène vert.

Vue du rapport CEA publié en mars 2023 (archives).
Vue du rapport CEA publié en mars 2023 (archives).

Du côté des infrastructures, l’Afrique est toujours confrontée à un énorme déficit annuel de financement, estimé entre 130 et 170 milliards $. Elle pourrait pourtant bénéficier d’instruments de financement innovants, comme le financement mixte, les obligations vertes, sociales et liées à la durabilité, et les échanges dette-nature.

Le rapport recommande que le deuxième plan décennal de mise en œuvre de l’Agenda 2063 s’attaque directement à ces défis. La première aspiration du deuxième plan décennal de mise en œuvre visera à ce que chaque membre de l’Union africaine atteigne au moins le statut de revenu intermédiaire d’ici à 2034.  « Le deuxième plan décennal de mise en œuvre est en cours de finalisation dans un contexte économique mondial instable », reconnaît la CEA.

L’Afrique devra davantage compter sur elle-même

@AB

Écrit par
Aude Darc

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