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African Business

Une initiative pour la ZLECAf

Une initiative pour la ZLECAf
  • Publiéoctobre 10, 2022

Plusieurs pays africains rejoignent une convention permettant le libre-échange de 96 produits, afin de démontrer des bienfaits de la Zone continentale. Elle offre davantage de poids aux négociations entre les entreprises privées.

 

La ZLECAf (Zone de libre-échange continentale africaine) bénéficierait-elle d’un coup d’accélérateur ? Toujours est-il que son secrétariat lance officiellement lance son « initiative sur le commerce guidé », qui permet à plusieurs pays de nouer des échanges commerciaux à des tarifs préférentiels. Les sept premiers pays ayant adhéré à cette initiative, le 8 octobre 2022 sont le Ghana, le Cameroun, le Rwanda, le Kenya, Maurice, l’Égypte, la Tanzanie. Ils ont été aussitôt rejoints par la Tunisie.

D’après le secrétariat de la ZLECAf, 96 produits, pour lesquels des règles d’origine ont été rédigées, pourraient être échangés librement avec des préférences tarifaires. Ces produits sont de secteurs aussi variés que les carreaux de céramique, le thé, le café, les produits carnés transformés, l’amidon de maïs, le sucre, les pâtes, le sirop de glucose, les fruits secs et la fibre de sisal, entre autres.

Le sommet spécial de l’Union africaine, qui se tiendra à Niamey le 25 novembre 2022, pourrait accélérer le processus de mise en œuvre de la ZLECAf. Quelques protocoles sur la concurrence, le droit de propriété intellectuelle et l’investissement sont encore en négociation.

« C’est le moment tant attendu par les pères fondateurs de l’Organisation de l’Unité africaine », a commenté le secrétaire général de la ZLECAf, Wamkele Mene, lors de la cérémonie officielle de lancement de l’initiative tenue à Accra, la capitale ghanéenne. La Zone connecte l’ensemble des sous-régions africaines, a-t-il expliqué. Le secrétaire espère que dans quinze ans, « nous aurons réussi à sortir des millions d’Africains de la pauvreté ».

Cette initiative « symbolise le fait que la Zlecaf n’existe pas seulement sur le papier, mais constitue une réalité. Nous passons ainsi de la parole et des négociations à l’action », s’est réjoui Alan Kyerematen, ministre ghanéen du Commerce et de l’industrie. Elle symbolise aussi le passage de négociations entamées par les gouvernements à des négociations supervisées par les entreprises privées.

Le secrétariat reconnaît que depuis un an, des échanges commercialement significatifs n’ont pas commencé dans le cadre de l’accord de libre-échange. C’est pourquoi il s’est lancé « dans une approche axée sur les solutions sous la forme d’une initiative sur le commerce guidé ».
Laquelle souhaite en mettant en relation des entreprises et des produits destinés à l’exportation et à l’importation entre ces pays intéressés.

 

Des échanges concrets pour le Cameroun
L’objectif est bien de permettre enfin « des échanges commercialement significatifs » à la faveur de la ZLECAf. Puis de tester l’environnement opérationnel, institutionnel, juridique et de politique commerciale, avant d’envoyer « un important message positif aux opérateurs économiques africains ».

L’initiative, jugent ses promoteurs, servira de passerelle pour encourager la poursuite du commerce dans le cadre de la ZLECAf, ce qui se traduira par « un effet multiplicateur et des opportunités accrues pour les PME, les jeunes et les femmes dans le commerce » et, finalement, « établira un développement économique durable et inclusif ».
Entrée en vigueur depuis le 30 mai 2019, la ZLECAf vise à créer la plus grande zone de libre-échange au monde ayant le potentiel de rassembler plus de 1,2 milliard de personnes avec un PIB de plus de 2 500 milliards de dollars.

Selon la CEA (Commission économique pour l’Afrique (CEA), la mise en œuvre de la ZLECAf pourrait accroître le commerce intra-africain de plus de 50 % en éliminant les droits de douane à l’importation, et le doubler si les mesures de protectionnisme sont réduites.

Quelques heures avant la signature de cette initiative, le Cameroun avait fait savoir que son administration douanière avait délivré, le 6 octobre, le tout premier certificat d’origine ZLECAf à ses produits à destination du Ghana.

La cargaison que le Cameroun va exporter vers le Ghana est constituée de safous séchés, d’ananas séchés et de thé au gingembre. Ces produits sont classés par le Cameroun dans la « catégorie B », dite des produits sensibles (produits localement). Cette catégorie se compose de 408 produits que le pays va libéraliser sur treize ans avec un moratoire de cinq ans. Une autre ligne de 5 225 produits sera libéralisée sur dix ans, afin d’aboutir progressivement à un droit de douane nul, calcule le site Investir au Cameroun.

La « catégorie A », elle, renferme les produits (importés et non produits localement) qui subiront une libéralisation rapide. Elle est composée de 90,01% de lignes tarifaires, soit 5255 produits. Ce groupe de produits sera démantelé en utilisant une approche dite linéaire, sur une période de dix ans, pour aboutir à un droit de douane nul. Il demeure 175 produits pour l’heure exclus de la libéralisation, comme la farine de froment, l’huile de palme brut, les sucres, les savons et gels douche…

Pour l’heure, parmi 54 pays africains, seule l’Érythrée n’a pas signé l’accord-cadre portant création de la ZLECAf. Le Secrétariat général de la Zlecaf calcule une convergence sur 88% des règles d’origine ; sur ces 88%, la même règle de commerce régira désormais les transactions. Environ 5 000 produits seront commercialisés dans ce cadre sur la base de différentes règles, par région ou par pays.

Le secrétariat espère que le sommet spécial de l’Union africaine, qui se tiendra à Niamey le 25 novembre 2022, permettra d’accélérer le processus de mise en œuvre de la ZLECAf. Quelques protocoles sur la concurrence, le droit de propriété intellectuelle et l’investissement sont encore en négociation.

Le secrétaire général de la ZLECAf, Wamkele Mene, au centre de délégués africains, lors des pourparlers finaux des 7 et 8 novembre 2022.
Le secrétaire général de la ZLECAf, Wamkele Mene, au centre de délégués africains, lors des pourparlers finaux des 7 et 8 novembre 2022.

@AB

Écrit par
Aude Darc

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