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African Business

Une gouvernance malmenée

Pour la première fois depuis dix ans, l’indicateur multicritère Mo Ibrahim fait apparaître une dégradation de la gouvernance en Afrique. Beaucoup des progrès réalisés au début de la décennie 2010 sont en péril.

Par Kimberly Adams

L’avertissement est clair. La détérioration de la participation, des droits, de l’état de droit et de la sécurité menace les améliorations réalisées par l’Afrique, depuis dix ans, en matière d’opportunités économiques et de développement humain.

Ce résultat paraît « particulièrement préoccupant » aux yeux de la Fondation Mo Ibrahim, dans le contexte de pandémie à coronavirus, qui complexifie les défis à relever et réduit les gains durement gagnés.

« Les États africains ont l’occasion de démontrer à la fois leur détermination à sauvegarder la démocratie et leur capacité à conduire un nouveau modèle de croissance plus résilient, plus équitable, plus durable et plus autonome », juge Mo Ibrahim.

En 2019, le score moyen mesuré par cet indicateur composite, est à 48,8 %, en diminution de 0,2 point en un an, sa première baisse annuelle, et en hausse de 1,2 point sur la décennie écoulée. Cette récente baisse est déclenchée par la détérioration des performances dans trois des quatre catégories de l’IIAG : participation, droits & inclusion, sécurité et état de droit et développement humain.

En fait, constate-t-on dans le rapport, les progrès enregistrés au début de la décennie devenaient moins flagrants, à compter de 2015. Sur la période 2015-2019, les performances ont ralenti à la fois dans le domaine du développement humain et des critères économiques, tandis que la détérioration se poursuivait à la fois dans la sécurité pour l’état de droit. Néanmoins, en 2019, 61,2 % de la population africaine vivait dans un pays où la gouvernance globale est meilleure qu’en 2010, traduisant les progrès sur longue période.

L’Indice de gouvernance (IIAG 2020) se présente comme une évaluation exhaustive des performances de gouvernance dans 54 pays africains. Il suit la trajectoire de l’Afrique dans quatre catégories principales : sécurité et état de droit ; participation, droits et inclusion ; socle des opportunités économiques ; et développement humain.

Cette année, l’indicateur IIAG intègre trois améliorations importantes. Le périmètre de gouvernance est élargi ; il inclut de nouveaux domaines tels que l’environnement et l’égalité. Ses critères sont renforcés, grâce à une meilleure disponibilité des données. Enfin, une nouvelle section est entièrement consacrée à « la voix des citoyens africains ».

Des bons et des mauvais points

Les progrès accomplis au cours de la dernière décennie ont été principalement tirés par l’amélioration des possibilités économiques et du développement humain.

Le socle pour les opportunités économiques (+4,1 points) et le développement humain (+3,0 pts) ont « bien progressé », principalement grâce à des améliorations dans les sous-catégories Infrastructure et Santé, complétées par des progrès dans l’environnement durable.

Cette tendance favorable est cependant menacée par une situation sécuritaire plus précaire et par l’érosion des droits ainsi que par le recul de l’espace civique et démocratique. Au cours de la dernière décennie, tant la participation, les droits et l’inclusion (-1,4 pt) que la sécurité et l’état de droit (-0,7 pt) ont enregistré « des baisses inquiétantes ».

Au cours de la dernière décennie, vingt pays, qui abritent 41,9 % de la population africaine, tout en réalisant des progrès en matière de développements humain et économique, ont en même temps baissé à la fois en matière de sécurité et état de droit et de participation, droits et inclusion.

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