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African Business

Une économie ivoirienne toujours solide

Une économie ivoirienne toujours solide
  • Publiémars 20, 2024

En dépit d’un net recul de la production de cacao, la croissance économique de la Côte d’Ivoire restera vigoureuse en 2024 et, mis à part le risque politique, les augures restent favorables pour 2025.

 

C’est un tableau plutôt flatteur à l’égard de la Côte d’Ivoire que dressent les analystes de BMI, une branche de Fitch Solutions. Après une croissance estimée à 6,6% en 2023, l’économie poursuivra sur sa lancée en 2024, avec une hausse attendue du PIB de 6,5%. Sur l’année écoulée, l’économie a été tirée par une consommation privée solide et des investissements substantiels dans les infrastructures dans le cadre du Plan national de développement (PND 2021-2025) et stimulée par les préparatifs de la Coupe d’Afrique des Nations.

Du côté des incertitudes, l’élection présidentielle de 2025 présente un risque important pour l’activité économique mais il semble moindre qu’en 2020.

Pour l’année en cours, la croissance ivoirienne continuera de dépasser celle de la plupart des marchés homologues, l’ensemble de l’économie de l’Afrique subsaharienne devant croître de 3,8 % cette année, selon les estimations des analystes.

Une fois encore, la consommation des ménages restera le moteur de l’économie ivoirienne en 2024. L’organisation de la CAN en janvier-février aura attiré davantage de touristes (+33,5 % sur l’ensemble de l’année) et aura stimulé temporairement l’emploi au premier trimestre, soutenant ainsi les revenus des ménages et la consommation privée.

En outre, les experts considèrent que les pressions sur les prix se dissiperont en 2024, en partie grâce à un euro légèrement plus fort auquel le franc CFA d’Afrique de l’Ouest est arrimé. L’inflation devrait ressortir à 2,3% contre 4,4% en 2023. Qui dit moins d’inflation dit allègement de la pression financière sur les consommateurs et soutien aux dépenses des ménages.

Cela étant, nuancent les experts, la croissance de la consommation privée sera limitée par « la faiblesse de la production de cacao et l’assainissement des finances publiques ». Les spécialistes de l’agroalimentaire au sein de Fitch Solutions prévoient une chute de la production de cacao de 18,2 % au cours de l’exercice 2023-2024 (qui s’étend d’octobre à septembre). Ce, en raison de la propagation des maladies des cacaoyers et de précipitations inférieures à la moyenne. La baisse des revenus du cacao pèsera sur les revenus des agriculteurs et, sachant que l’agriculture emploie 46 % de la population active ivoirienne, cette tendance aura un impact négatif sur la consommation privée.

 

Davantage de souplesse financière pour le secteur privé

En outre, dans le cadre des accords avec le FMI, il faut s’attendre à la suppression des subventions sur les produits alimentaires et l’augmentation des droits d’enregistrement du cacao. Cela pèsera sur le revenu disponible des ménages. Au total, les analystes prévoient que la croissance de la consommation privée s’accélérera pour atteindre 6,5 % en 2024, contre 5,0 % en 2023, mais qu’elle restera inférieure à la moyenne de 8,0 % enregistrée entre 2013 et 2022.

Charge alors à l’investissement de soutenir l’économie ivoirienne cette année. « Alors que le gouvernement cherche à réduire les dépenses récurrentes, nous nous attendons à ce que les autorités restent engagées à investir fortement dans des projets d’infrastructure au cours des prochains trimestres, ce qui soutiendra la croissance des investissements », commentent les analystes.

En outre, l’émission réussie d’euro-obligations pour un montant de 2,6 milliards de dollars en janvier 2024, ainsi que les décaissements du FMI et le soutien budgétaire de la Banque mondiale, réduiront la dépendance du gouvernement à l’égard du secteur bancaire national pour le financement de son PND.

Cette évolution « devrait réduire les effets d’éviction et favoriser l’accès au crédit, ce qui permettra à un plus grand nombre d’entreprises d’investir dans le capital ». Là encore, les chiffres laissent augurer un renforcement de l’investissement (+10,4% cette année).

Quelques facteurs contribueront toutefois négativement, comme de moindres revenus des exportations de cacao ; d’autre part, on peut s’attendre à une hausse des importations. Un solde extérieur qui pourrait peser de -0,3 point sur la croissance.

Enfin, les analystes attendent une accélération de la croissance en 2025, les facteurs de soutien demeurant vigoureux. En outre, le gouvernement augmentera les dépenses de soutien social à l’approche des élections présidentielles de 2025, faisant écho aux expansions fiscales préélectorales passées, telles que les augmentations de salaire pour les fonctionnaires en 2015 et les paiements de primes uniques en 2020. On peut également anticiper un rebond de 25% la production de cacao des exportations.

@AB

Écrit par
Laurent Soucaille

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