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Une croissance plus pérenne en Afrique centrale

Une croissance plus pérenne en Afrique centrale
  • Publiédécembre 21, 2023

Le FMI salue la poursuite du redressement des pays d’Afrique centrale en 2023, estimant que l’assainissement des finances publiques aboutira, à moyen terme, à une croissance soutenue et au désendettement.

 

L’élan de reprise économique observé en 2022 s’est poursuivi cette année, constate une note du FMI consacrée à la situation budgétaire et économique de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale). Les cours du pétrole étant restés à un niveau relativement élevé. Sur le plan financier, les assurances régionales relatives aux avoirs extérieurs nets fixées pour fin juin 2023 (4,47 milliards d’euros) ont été atteintes avec une marge importante (880 millions d’euros), tenant à l’augmentation continue des recettes d’exportation d’hydrocarbures et à l’amélioration des rapatriements de devises résultant d’une application plus rigoureuse de la réglementation des changes.

Les administrateurs du FMI appellent à « une action collective énergique des autorités nationales et régionales » pour préserver la stabilité financière, en éliminant notamment « les entraves » à l’action de la COBAC.

Cependant, la tendance à la hausse des avoirs extérieurs s’est inversée au troisième trimestre de 2023, sous l’effet d’une probable détérioration des comptes courant et financier. Tendance qui s’explique en partie aux effets conjugués d’une forte baisse des rapatriements de devises par le secteur public et des sorties de dividendes du secteur bancaire.

L’inflation a atteint 6,7 % à la fin de 2022 et a continué de grimper au début de 2023, à mesure que les tensions sur les prix se sont amplifiées, mais d’après les estimations préliminaires, elle a reculé au deuxième trimestre de 2023.

Les autorités régionales ont maintenu une approche de prise de décisions de politique monétaire en fonction des données, tout en continuant à faire progresser le programme de réformes. La banque centrale (BEAC) a laissé son taux directeur inchangé à 5 % lors de sa réunion de septembre 2023, après l’avoir relevé de 175 points de base au total entre novembre 2021 et mars 2023. Elle a également resserré les conditions de refinancement des banques, en mettant fin à ses injections hebdomadaires de liquidités au titre de son guichet principal de refinancement, et en intensifiant ses opérations de ponction de liquidités.

 

Quelques incertitudes

De plus, la BEAC continue d’enregistrer des progrès sur le plan de l’application de la réglementation des changes. La BEAC et la COBAC (Commission bancaire de l’Afrique centrale) poursuivent leur examen conjoint des plans de refinancement des banques structurellement dépendantes du refinancement de la BEAC.

« Les perspectives demeurent très incertaines et sont tributaires de la poursuite de la mise en œuvre des réformes, conformément aux objectifs des programmes appuyés par le FMI et ses conseils en matière de surveillance », prévient l’institution. La croissance du PIB devrait ralentir à 2,6 % en 2023 (après +3,0% en 2022), principalement en raison d’une contraction de la production d’hydrocarbures. L’inflation devrait décélérer à 4,9 %, avec le ralentissement de l’activité économique. Celle-ci suppose une orientation plus restrictive de la politique monétaire et la baisse des prix mondiaux des denrées alimentaires, en partie compensée par l’inflation liée à l’énergie du fait des réformes des subventions aux combustibles.

Toutefois, les risques semblent se réduire, en raison de la baisse des prix des matières premières et du durcissement des conditions financières. À mettre en relief à l’incertitude politique accrue, aux dérapages budgétaires additionnels, à l’inflation persistante, à l’instabilité financière, à la lenteur sur le plan des réformes structurelles, aux insécurités alimentaire et politique. Sans oublier le risque de chocs climatiques.

À moyen terme, pronostique le FMI, la croissance devrait s’accélérer progressivement pour atteindre environ 3,5 %, principalement en raison d’un rebond dans le secteur non pétrolier, tiré par l’effet des réformes structurelles visant à améliorer la gouvernance, le climat des affaires et l’accès au financement. L’institution espère que les pays membres vont assainir « durablement » les finances publiques à moyen terme. La dette publique devrait baisser à environ 43 % du PIB d’ici 2028, par rapport à un ratio de 54 % en 2023.

 

Se tenir prêt à augmenter les taux, si nécessaire

Sur le plan des recommandations, le FMI suggère aux pays de la CEMAC de renforcer la mobilisation des recettes fiscales non pétrolières et d’améliorer tant l’efficience que la rationalisation des dépenses, notamment en réformant les subventions énergétiques inefficaces tout en protégeant les pauvres. Ses administrateurs appellent également au renforcement de la gestion de la dette et à la prise en compte des risques budgétaires liés aux entreprises publiques. Ce, tout en félicitant la BEAC pour sa politique monétaire, la Banque centrale « devrait se tenir prête à resserrer davantage sa politique monétaire si nécessaire pour ancrer les anticipations d’inflation et ramener les réserves de change à des niveaux adéquats ».

Enfin, ils appellent à « une action collective énergique des autorités nationales et régionales » pour préserver la stabilité financière, en éliminant notamment « les entraves » à l’action de la COBAC. Ils suggèrent aussi aux autorités de la CEMAC de renforcer le cadre de surveillance ainsi que la capacité de suivi et de gestion des nouveaux risques que posent les paiements numériques et s’étonnent du retard dans l’adoption du mécanisme de sanctions pour les infractions aux règles de surveillance régionale.

@AB

Écrit par
Aude Darc

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