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Une cartographie des ressources en eaux souterraines

Une cartographie des ressources en eaux souterraines
  • Publiéavril 5, 2024

En analysant les isotopes naturels présents dans les eaux souterraines, les scientifiques basés au Sahel peuvent évaluer l’âge, la vulnérabilité et la durabilité des ressources en eau.

 

Les ressources en eau de l’Afrique sont sous pression en raison de la demande croissante en eau, de la dégradation de la qualité de l’eau et du changement climatique. Sur le continent, plus de 41 aquifères souterrains sont partagés par deux pays ou plus, d’où l’intérêt d’une approche commune de la protection.

Pour renforcer la caractérisation, la gestion et la surveillance des ressources en eaux souterraines en Afrique, l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) aide les experts africains à utiliser des techniques nucléaires telles que l’hydrologie isotopique.

Le programme continuera à soutenir le réseau existant de pays de la région du Sahel et cherchera à étendre sa couverture aux États membres du sud du continent partageant des ressources en eau.

En analysant les isotopes naturels (un type d’atome) présents dans les eaux souterraines, les scientifiques peuvent évaluer l’âge, la vulnérabilité et la durabilité des ressources en eau. L’analyse des isotopes de l’azote dans l’eau peut également être utilisée pour déterminer la source des polluants qui menacent les aquifères, renforçant ainsi la sécurité de l’eau et la planification de la résilience.

L’AIEA est équipée d’un laboratoire d’hydrologie isotopique de pointe, qui cartographie l’eau et fournit des informations scientifiques pour la gestion durable des ressources en eau telles que les rivières, les lacs et les aquifères souterrains.

Dans le cadre de son programme de coopération technique, l’Agence a fourni des formations, un soutien à la recherche universitaire et des équipements aux scientifiques africains de la région du Sahel, dont les ressources en eau sont particulièrement rares et qui dépendent des eaux souterraines.

 

À la suite de projets antérieurs, les experts des treize pays du Sahel peuvent désormais mieux caractériser les ressources en eaux souterraines partagées dans cinq bassins afin de soutenir un développement socio-économique durable. Le projet actuel s’appuie sur une décennie de travaux menés par les pays de la région du Sahel pour lutter contre la pénurie d’eau et soutenir sa gestion transfrontalière. Il est maintenant élargi pour inclure les bassins partagés dans le sud du continent et pour introduire l’utilisation des isotopes de l’azote dans les études sur la qualité de l’eau.

 

Un laboratoire de pointe à Lomé

Les scientifiques participant au projet ont déjà confirmé la présence d’une grande quantité d’eaux souterraines de qualité dans les bassins du Sahel en utilisant l’hydrologie isotopique. Il s’agit d’une découverte essentielle, compte tenu du rôle important que les eaux souterraines peuvent jouer dans l’approvisionnement en eau de la région.

Depuis peu, le laboratoire d’hydrologie appliquée et de géologie environnementale de l’université de Lomé, au Togo, est doté un analyseur isotopique laser utilisé pour mesurer les isotopes stables de l’oxygène et de l’hydrogène dans des échantillons d’eau. Le laboratoire est dirigé par le scientifique togolais Goumpoukini Boguido.

« Aujourd’hui, notre laboratoire produit des résultats analytiques de haute qualité et peut mener des projets de recherche et fournir des services analytiques de bonne qualité même en dehors du Togo », relate le chercheur qui achève son doctorat.

Les scientifiques participant au projet ont déjà confirmé l’existence d’une grande quantité d’eaux souterraines de qualité dans les bassins du Sahel grâce à l’hydrologie isotopique. Il s’agit d’une découverte capitale, compte tenu du rôle important que les eaux souterraines peuvent jouer dans l’approvisionnement en eau de la région.

Dans le cadre de la coopération Sud-Sud, Goumpoukini Boguido effectue des analyses physico-chimiques et isotopiques d’échantillons d’eau prélevés dans différentes parties de la région. Il supervise également des étudiants en licence, en master et en doctorat.

Goumpoukini Boguido et Masamaéya Gnazou, scientifiques togolais, avec un analyseur isotopique laser à l'Université de Lomé, Togo.
Goumpoukini Boguido et Masamaéya Gnazou, scientifiques togolais, avec un analyseur isotopique laser à l’Université de Lomé, Togo.

 

Abdallah Mahamat Nour, chef du laboratoire d’hydrogéosciences et de réservoirs (LHGR) de l’université de N’Djaména au Tchad, confirme que le projet de coopération technique de l’AIEA l’avait aidé dans son travail de chercheur postdoctoral. « Mon projet postdoctoral a permis de faire des progrès significatifs dans la compréhension des ressources en eau du bassin du lac Tchad. Le soutien m’a permis de mettre en place un certain nombre d’outils et d’équipements qui sont maintenant très utiles pour les activités du LHGR. » Mahamat Nour supervise également les travaux de recherche de plusieurs boursiers tchadiens de l’AIEA, les guidant dans leurs projets de recherche utilisant l’hydrologie isotopique.

 

La Recherche au service des ODD

Dans le cadre d’un programme de troisième cycle, les étudiants apprennent à mieux caractériser les échantillons d’eau afin de cartographier les ressources en eaux souterraines, ce qui permet à la région d’être autonome dans le domaine de l’hydrologie isotopique. Le programme a inscrit 60 étudiants, dont 21 femmes. Sept étudiants ont déjà terminé le cours et obtenu leur diplôme.

Des publications scientifiques collaboratives impliquant des auteurs des pays participants paraissent dans des revues spécialisées.

S’appuyant sur la phase initiale du projet actuel, il étend désormais son champ d’action du Sahel à d’autres régions d’Afrique. Le programme continuera à soutenir le réseau existant de pays de la région du Sahel et cherchera à étendre sa couverture aux États membres du sud du continent partageant des ressources en eau, telles que le fleuve Orange, le système aquifère du Zambèze moyen, les bassins de l’Inkomati-Maputo et du Grand Okavango.

Au Sahel, donc, différents projets soutiennent la gestion durable des ressources en eaux souterraines partagées dans la région, contribuant ainsi au développement socio-économique régional et local, conformément à l’objectif de développement durable n° 6 et à l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

 

PF d’après un compte rendu de l’AIEA, via agence APO.

@AB

Écrit par
Paule Fax

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