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Un tournant pour l’Algérie

Un tournant pour l’Algérie
  • Publiémai 24, 2024

L’accord entre la compagnie publique Sonatrach et ExxonMobil dans la recherche et l’exploitation d’hydrocarbures offre de nouvelles perspectives à l’Algérie, notamment dans le gaz naturel.

 

L’« Algérie constitue une destination attractive pour les investissements dans le secteur du pétrole et du gaz ». Le propos est de John Ardill, vice-président d’ExxonMobil, tenu à l’occasion de la signature, le 23 mai 2024, d’un protocole d’accord avec la Sonatrach. En lui-même, cet accord ne constitue pas une surprise, puisqu’il conclut deux ans « de préparations et de concertations entre les deux parties », a expliqué John Ardill.

Le partenariat entre l’Algérie et ExxonMobil marque un tournant dans le paysage énergétique du pays. Cela souligne le potentiel de collaboration entre les nations africaines et les sociétés pétrolières internationales.

Entre autres éléments, les deux groupes vont analyser en commun les ressources en hydrocarbures dans les bassins d’Ahnet et le bassin de Gourara, en « se focalisant sur l’excellence opérationnelle, l’innovation technologique, le respect de l’environnement et les meilleures pratiques en matière de durabilité », explique le gouvernement algérien.

Le dirigeant d’ExxonMobil y voit là « une première étape importante dans la création d’un partenariat qui contribuera à libérer davantage le potentiel de développement des ressources énergétiques de l’Algérie ». Dans ce cadre, Sonatrach fait figure de compagnie pionnière dans l’extraction et l’exportation de GNL (gaz naturel liquéfié), depuis 1964.

De son côté, le PDG de Sonatrach, Rachid Hachichi, considère que cet accord « historique » devait permettre « de développer une coopération mutuellement bénéfique tout au long de la chaîne des valeurs de l’industrie des hydrocarbures en Algérie ».

L’accord a pour objet le développement d’une « coopération mutuellement bénéfique tout au long de la chaine des valeurs de l’industrie des hydrocarbures », notamment dans les domaines de l’exploration et de la production. « Il permettra de franchir un grand pas en matière de relance et de valorisation de nos ressources énergétiques ce qui permettra à notre pays d’amorcer une nouvelle étape de développement durable », juge Rachid Hachichi.

 

Libérer le potentiel de l’Afrique

Cet accord « représente une étape importante dans le secteur énergétique algérien, mettant en évidence des progrès substantiels et de nouvelles opportunités d’investissement », commente la Chambre africaine de l’Énergie (AEC). Les deux parties donneront la priorité aux avancées technologiques et à l’adoption des meilleures pratiques en matière de développement durable et de protection de l’environnement. L’AEC considère que de tels partenariats sont « essentiels » pour libérer le vaste potentiel énergétique de l’Afrique.

John Ardill, vice-président d’ExxonMobil aux côtés de Rachid Hachichi, PDG et Ferhat Ounoughi, vice-président en charge du business développement & marketing de la Sonatrach.
John Ardill, vice-président d’ExxonMobil aux côtés de Rachid Hachichi, PDG et Ferhat Ounoughi, vice-président en charge du business développement & marketing de la Sonatrach.

 

L’Algérie, un exportateur clé de gaz vers l’Europe, se positionne stratégiquement en tant qu’acteur du marché mondial de l’énergie en facilitant les collaborations avec les compagnies pétrolières internationales. Dès lors, la synergie attendue avec ExxonMobil devrait renforcer la capacité de l’Algérie à répondre à des besoins énergétiques croissants.

En 2022, l’Algérie a dominé l’Afrique en matière de production de gaz naturel, atteignant le niveau record de 132,7 milliards de mètres cubes. La production du pays a continué à augmenter, dépassant 136 milliards de mètres cubes en 2023, le gaz naturel contribuant aux deux tiers de sa production totale d’équivalent pétrole. Grâce à de vastes campagnes d’exploration et à des initiatives ciblées, l’Algérie vise à exploiter des réserves en jachère, à encourager les partenariats et à favoriser le développement durable dans l’ensemble de son secteur énergétique.

L’« engagement proactif de l’Algérie avec les compagnies pétrolières internationales et l’utilisation des avancées technologiques lui permettent d’exploiter efficacement ses ressources naturelles abondantes pour répondre à la demande croissante d’énergie des marchés nationaux et internationaux », juge AEC.

Ces développements sont encouragés par la loi nationale sur les hydrocarbures, mise en œuvre en 2019, qui vise à simplifier les conditions fiscales afin d’attirer les investissements et d’accélérer les efforts d’exploration. Outre ExxonMobil, ces mesures ont incité d’autres acteurs à investir. Chevron se montre intéressée par l’exploitation des bassins algériens d’Ahnet, de Gourara et de Berkine, riches en gaz, tandis que la compagnie indonésienne Pertamina prévoit d’investir plus de 800 millions de dollars dans le bloc Menzel Lejmat Nord. Pertamina espère forer douze puits de pétrole dans le bloc 405a.

 

De nouveaux développements

En outre, TotalEnergies a signé, en avril 2024, un protocole d’accord avec Sonatrach pour développer les ressources gazières dans la région du nord-est de Timimoun, en mettant l’accent sur la réduction des coûts et la gestion des émissions.

NJ Ayuk, président exécutif de la Chambre africaine de l'énergie.
NJ Ayuk, président exécutif de la Chambre africaine de l’énergie.

Pendant ce temps, l’Algérie est prête à investir 50 milliards $ dans des projets pétroliers et gaziers d’ici 2027, visant à stimuler la production d’actifs tels que le champ gazier de Hassi R’Mel et à mettre en ligne de nouveaux développements. Sonatrach a récemment lancé la deuxième phase du projet gazier du sud-ouest, en lançant trois champs clés – Hassi Ba Hamou, Hassi Tidjerane et Tinerkouk.

« Le partenariat entre l’Algérie et ExxonMobil marque un tournant dans le paysage énergétique du pays. Cela souligne le potentiel de collaboration entre les nations africaines et les sociétés pétrolières internationales pour débloquer les ressources énergétiques et, en fin de compte, favoriser le développement durable et éliminer la pauvreté énergétique sur le continent », commente NJ Ayuk, président de l’AEC. « En forgeant de tels partenariats, l’Algérie s’assure non seulement l’accès à des technologies et à une expertise de pointe, mais se positionne également en tant qu’exportateur régional de gaz vers les pays européens. »

@AB

Écrit par
Aude Darc

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